COMPÉTITIVITÉ

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De la compétitivité de l'entreprise à celle de la nation

La compétitivité d'une entreprise représente ses performances à long terme, sa croissance, selon trois critères : prix, qualité, coût. Une entreprise dite compétitive obtient des résultats supérieurs à la moyenne. Au-delà des critères traditionnels, les déterminants de la compétitivité s'étendent aux domaines du management, du marketing, du design, etc. L'examen des forces et des faiblesses de l'entreprise comparée aux meilleures du secteur permet de prendre comme références les pratiques les plus performantes (benchmarking).

De façon plus fine, la compétitivité peut s'exprimer au niveau du produit. On distingue alors la compétitivité prix et la compétitivité hors prix. La première se rapporte à des produits substituables entre eux et qui rivalisent par les prix. La seconde fait référence à des explications structurelles des performances en termes de qualité de produit, d'innovation, etc.

Entendue au niveau d'une région ou d'un pays, la compétitivité est définie par la Commission européenne « comme l'ensemble des facteurs essentiels à une réussite économique à long terme ». « Une nation est compétitive si elle parvient à accroître durablement le bien-être de ses habitants. Pour y parvenir il n'y a pas d'autres choix que de chercher à accroître la productivité des facteurs de production » (Rapport européen sur la compétitivité, 2003). Toute analyse de la compétitivité nationale doit ainsi tenir compte des facteurs déterminant le niveau de vie de la population, à savoir la croissance, l'emploi et la répartition du revenu. Par extension, la compétitivité d'un territoire est liée à son attractivité, à sa capacité d'attirer des activités sur son sol.

Le produit intérieur brut (P.I.B.) par habitant et son évolution constituent des indicateurs synthétiques de la compétitivité nationale. Une comparaison sur la période 1996-2002 entre le niveau de vie des Européens et celui des Américains montre, par exemple, que le P.I.B. européen par habitant (de l'ordre de 25000 dollars) reste de 30 p. 100 inférieur à celui des États-Unis (de l'ordre de 35 000 dollars). Les indicateurs structurels de la compétitivité mis en place par la Commission européenne révèlent que, dans un tel écart, environ 13 p. 100 peuvent être attribués à une plus forte productivité du travail aux États-Unis par rapport à l'Europe, 4 p. 100 à un nombre d'heures travaillées inférieur en Europe, et 12 p. 100 à un taux d'emploi plus faible en Europe qu'aux États-Unis.

Les parts de marché relatives à l'exportation sont aussi souvent utilisées comme indicateur de la compétitivité d'un pays. On calcule, en général, la part des exportations d'un pays dans celles des huit ou neuf grands pays de l'O.C.D.E., qui représentent environ 75 p. 100 du commerce mondial. Les raisons des évolutions constatées sont à rechercher dans l'adéquation de l'offre nationale à la demande mondiale, dans la qualification du travail, dans la capacité d'innovation, etc.

Dans le cadre d'études comparatives, certains classements sont réalisés à l'aide d'indicateurs qualitatifs. Le rapprochement entre la compétitivité des entreprises et celle des nations est alors très présent. Cette technique est largement utilisée par le World Economic Forum (W.E.F.) particulièrement connu par sa réunion annuelle à Davos. D'ailleurs, c'est bien l'expression « compétitivité des nations » qui est employée dans le rapport annuel sur la compétitivité globale du W.E.F., qui considère huit indicateurs composites de compétitivité : l'ouverture ; le gouvernement ; la finance ; les infrastructures ; la technologie ; le management ; le travail ; les institutions. Soit, au total, pas moins de cent soixante-treize variables. Les résultats qualitatifs sont issus d'un questionnaire soumis à quinze mille chefs d’entreprises dans plus de 140 pays. Certains résultats apparaissent néanmoins contestables, en raison du caractère plus ou moins représentatif de l'échantillon, ou bien de la formulation des questions à laquelle il est reproché de biaiser les réponses. Dans ce cadre d’analyse, la France perd 5 places depuis 2011 et passe à la 23e place en 2013. Par ailleurs, un pays ne peut pas être compétitif dans tous les secteurs ou tous les [...]

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Pour citer l’article

Jean-Louis MUCCHIELLI, « COMPÉTITIVITÉ », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/competitivite/