CLASSES SOCIALESPenser les classes sociales

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Karl Marx

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Manifeste du Parti communiste

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L'existence des « classes sociales », dont les uns annoncent le retour et d'autres la disparition, reste au centre des polémiques qui divisent non seulement le monde des sciences sociales, mais aussi les univers politique et médiatique, c'est-à-dire tous ceux qui font profession de produire des représentations du monde social. S'il en est ainsi, c'est sans doute parce que les classes et les luttes de classes sont identifiées à la pensée marxiste, si longtemps hégémonique dans le champ intellectuel français (objet de culte pour les uns, de répulsion pour les autres), que ses adversaires de toujours et bon nombre de ses thuriféraires d'antan n'en finissent pas d'enterrer. Mais, en dépit du déclin du marxisme, force est de constater que les classes sociales restent une pierre angulaire des controverses sociologiques, qu'il s'agisse de renvoyer le concept à un passé dépassé ou de le rénover.

La conception marxiste des classes sociales

Contrairement à une opinion courante, Karl Marx n'a pas « découvert » les classes sociales : « en ce qui me concerne, écrivait-il en 1852 à Joseph Weydemeyer, ce n'est pas à moi que revient le mérite d'avoir découvert l'existence des classes dans la société moderne, pas plus que la lutte qu'elles s'y livrent. Des historiens bourgeois avaient exposé bien avant moi l'évolution historique de cette lutte des classes et des économistes bourgeois en avaient décrit l'anatomie économique ».

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Philosophe de formation, c'est au contact de Friedrich Engels que Karl Marx en vient à s'intéresser à l'économie politique, à partir de 1844. Il reproche alors à l'économie politique ricardienne d'être la traduction de l'idéologie bourgeoise, sans aucune réflexion critique sur le... 

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Si les occurrences du concept de classes sociales sont très nombreuses dans l'œuvre de Marx, celui-ci n'a pas non plus produit une théorie des classes sociales. Le Livre III inachevé du Capital s'interrompt avec le chapitre 52 qui devait lui être consacré, laissant ainsi libre cours à l'exégèse, qui n'a jamais cessé de mobiliser « le jeune Marx » contre « le Marx de la maturité », les textes politiques contre les textes économiques, etc. Sans entrer dans la controverse, du moins peut-on en rappeler trois des enjeux récurrents.

Le premier concerne l'ancrage des classes sociales dans l'économie. Dans sa version initiale, l'opposition entre les exploiteurs et les exploités a pour ressort la différence de position sur le marché entre les acheteurs et les vendeurs de la force de travail, les propriétaires et les non-propriétaires de moyens de production. Ultérieurement, l'important n'est plus tant la position des travailleurs sur le marché que la structure du procès de production, telle qu'elle résulte des contraintes d'accumulation du capital. Mais, dans Le 18-Brumaire de Louis Bonaparte (1852), Marx, qui s'intéresse à la classe la plus nombreuse de la société française de l'époque – celle des « petits paysans » –, analyse, au-delà de leur condition de « paysans à parcelles » les effets de leur isolement, leur incapacité à se représenter eux-mêmes, leur croyance au miracle, leur foi superstitieuse, leurs divisions (entre révolutionnaires et conservateurs), etc., et en conclut que, en dépit de conditions économiques d'existence partagées, « ils ne constituent pas une classe ». C'est pourquoi, selon Jean-Pierre Vernant (1974), « la définition des classes et des luttes de classes doit montrer comment ces groupements humains et leur dynamique s'enracinent à tous les niveaux de la réalité sociale » : forces productives, rapports économiques de production, régimes sociopolitiques, formes de pensée et idéologies.

Le deuxième enjeu concerne l'universalité et l'intemporalité de l'existence des classes sociales. Si, dans la lettre à Weydemeyer déjà citée, Marx mentionne, dans « ce qu'il a apporté de nouveau », le fait que « l'existence des classes n'est liée qu'à des phases historiques déterminées du développement de la production », dans Le Manifeste communiste (1848), « l'histoire de toute société jusqu'à nos jours, c'est l'histoire de la lutte des classes ». De même, si dans L'Idéologie allemande (1845-1846), le concept de classe est ancré dans l'organisation de la production, Marx et Engels conservent la distinction entre ordre (Stand) et classe (Klasse) pour tracer une ligne de démarcation entre la société capitaliste (« bourgeoise ») et les sociétés précapitalistes : on retrouve, d'ailleurs, ultérieurement, chez Weber comme chez Durkheim, cette distinction entre les sociétés divisées en ordres « fermés » et les sociétés divisées en classes « ouvertes ».

Manifeste du Parti communiste

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Frontispice de la première édition du Manifeste du Parti communiste de Karl Marx et Friedrich Engels, publié à Londres en 1848. 

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Le troisième enjeu concerne le nombre de classes sociales dans la société capitaliste. Le Manifeste communiste en distingue deux – bourgeoisie et prolétariat –, le Livre III du Capital en désigne trois – les salariés, les capitalistes et les propriétaires fonciers –, Les Luttes de classes en France (Marx, 1850) en dénombre sept (aux précédentes s'ajoutent la petite bourgeoisie, les banquiers, les boutiquiers et le sous-prolétariat) et Révolution et contre-révolution en Europe (1848-1849) – qui ajoute la noblesse féodale et distingue entre ouvriers agricoles et ouvriers de l'industrie – en compte huit. Toutefois, ce problème peut être résolu en rappelant que la théorie marxiste des classes sociales distingue des fractions de classe (par exemple, l'aristocratie ouvrière ou encore le Lumpenproletariat), que le développement du capital financier et de l'État implique l'« autonomisation » des fonctions « intellectuelles » de gestion, d'administration et de service public et qu'à une société concrète correspondent plusieurs modes de production inégalement développés et transformés par le capitalisme dominant.

Faute d'une théorie marxiste explicite des classes sociales, la définition qu'en donne Lénine (La Grande Initiative, 1919) a longtemps servi de référence : « on appelle classe de vastes groupes d'hommes qui se distinguent par la place qu'ils occupent dans un système historiquement défini de production sociale, par leur rapport (la plupart du temps fixé et consacré par les lois) vis-à-vis des moyens de production, par leur rôle dans l'organisation sociale du travail, donc, par les modes d'obtention et l'importance de la part de richesses sociales dont ils disposent. Les classes sont des groupes d'hommes dont l'un peut s'approprier le travail de l'autre, à cause de la place différente qu'il occupe dans une structure déterminée, l'économie sociale ».

Une référence centrale et controversée

Controversée, la conception marxiste des classes sociales reste une référence centrale dans la plupart des travaux ultérieurs, au moins d'un double point de vue.

L'ancrage du concept marxiste de classe sociale dans l'économie (et, pour la période contemporaine, dans les rapports de propriété liés au mode de production capitaliste) est ainsi repris à son compte par Max Weber. Tout en critiquant « l'économisme marxiste », où il voit un « patriotisme de clocher » développé par l'économie politique du xixe siècle, Weber définit, dans Économie et société (1921), la classe sociale comme un groupe d'individus qui, partageant la même « situation de classe », c'est-à-dire la même « situation de marché », ont les mêmes « chances typiques » sur le marché des biens et du travail. Ancrant également les classes sociales dans la production, Maurice Halbwachs considère en 1905 que « chacune de ces catégories détermine la conduite des membres qu'elle comprend, [...] leur impose des motifs d'action bien définis, [...] leur imprime sa marque [...] avec une telle force que les hommes faisant partie de classes séparées, bien qu'ils vivent dans un même milieu et à la même époque, nous donnent l'impression qu'ils appartiennent à des espèces différentes » (Classes sociales et morphologie).

Le caractère « relationnel » du concept marxiste de classe sociale et les rapports de domination et/ou d'exploitation entre les classes marquent une rupture avec la représentation spontanée du monde social que résume la métaphore de « l'échelle sociale », qu'évoque le langage ordinaire de la « mobilité », avec ses « ascensions » et ses « ascenseurs », ses « déclins » et ses « pannes d'ascenseur ». C'est elle que reprennent à leur compte les théories de la stratification uni- ou pluridimensionnelles (Rosemary Crompton, 1998), qui réduisent l'univers social à un continuum de strates abstraites hiérarchisées (upper middle class, lower middle class, etc.).

La critique wébérienne de la conception marxiste

À l'encontre des premiers exégètes français de la pensée de Weber qui ont voulu en faire une arme contre le marxisme, substituant une interprétation spiritualiste à une interprétation matérialiste de la civilisation et intervertissant les places du déterminant et du déterminé, les nouvelles traductions et les nouveaux commentateurs ont montré comment Weber hérite de la rupture marxiste avec l'interprétation idéaliste des phénomènes historiques. Pour Weber comme pour Marx, l'histoire humaine est celle des pratiques des hommes socialisés et « le but que se propose l'histoire est, simplement, d'expliquer les rapports de détermination causale réciproque entre les logiques des pratiques et les contraintes des structures » (Catherine Colliot-Thélène, 1990).

S'il existe bien chez Weber une critique du marxisme, elle vise le réductionnisme économique, le postulat d'une priorité de l'économique dans les déterminations de l'action sociale, l'unilatéralité de l'interprétation purement économique de l'histoire. « Encore que nous ne partagions aucunement la croyance désuète selon laquelle la totalité des phénomènes culturels se laisserait déduire comme produit ou comme fonction de constellations d'intérêts „matériels“, écrit Weber, nous croyons cependant pour notre part que l'analyse des phénomènes sociaux et des procès culturels, sous le point de vue spécial de leur conditionnalité et de leur portée économique, était un principe scientifique qui a eu une fécondité créatrice, et qu'elle le restera encore à l'avenir, pour peu qu'on en use avec prudence en la libérant de toute prévention dogmatique » (« L'Objectivité dans la connaissance », 1904). Contre le marxisme, Weber faisait ainsi valoir l'impossibilité d'inférer à partir de considérations appartenant exclusivement au champ socioéconomique les formes singulières que revêtent, selon les civilisations et les époques, la croyance religieuse et ses implications pratiques : plus généralement, il reconnaissait une efficience causale autonome aux représentations, qu'elles soient mythiques, religieuses ou rationnelles. Pourtant, note Colliot-Thélène, « en aucun cas la sociologie wébérienne ne témoigne d'un renversement du point de vue marxiste » : selon Weber, « ce sont les intérêts (matériels et idéels) et non des idées qui gouvernent directement l'action des hommes. Toutefois, les images du monde qui ont été créées par le moyen d'idées ont très souvent joué le rôle d'aiguilleurs, en déterminant les voies à l'intérieur desquelles la dynamique des intérêts a été le moteur de l'action » (« L'Éthique économique des religions mondiales », 1915-1920).

En ce qui concerne les classes sociales, Weber opposait aux classes (Klasse), les ordres (Stände). Plus précisément, il distingue « situation de classe » et « condition » (ständische Lage). La condition peut reposer sur une situation de classe sans qu'elle la détermine : Weber, dans Économie et société (1921), la définit comme « un privilège positif ou négatif de considération sociale revendiqué de façon efficace, fondé sur : a) le mode de vie [...], b) le type d'instruction formelle [...], c) le prestige de la naissance ou le prestige de la profession ». Un ordre (Stand) qui peut naître d'une profession, d'un charisme héréditaire ou de l'appropriation de pouvoirs politiques ou hiérocratiques est une « pluralité d'individus qui, au sein d'un groupement, revendiquent efficacement a) une considération particulière – éventuellement aussi b) un monopole particulier à leur condition ».

Les critiques dominantes de la conception marxiste

Dans le champ intellectuel français des années d'après guerre jusqu'au tournant de la seconde moitié des années 1970, nul ne pouvait se dispenser de se situer par rapport au marxisme et à la représentation de l'espace social divisé en classes antagonistes qui en était solidaire. Les formes contemporaines de l'idéologie dominante ignorent ces dernières sur la base d'une triple critique (sans parler de la disqualification symbolique et politique du marxisme par le « totalitarisme » puis par l'effondrement du « socialisme réel »).

D'abord, la vision dichotomique prêtée au marxisme (en dépit des très nombreux développements consacrés par Marx et Engels à la « petite bourgeoisie », « Kleinbürger » et « Mittelstand » qui trouvent leur terre d'élection dans les textes politiques) ignore l'extension prise par les classes moyennes dans les sociétés industrielles les plus avancées, occupant progressivement tout l'espace et laissant à leurs marges quelques privilégiés (« les élites ») et quelques laissés-pour-compte (« les exclus »). Cette représentation qui recourt volontiers à la métaphore de la course cycliste, avec son peloton et ses échappés (Henri Mendras, La Seconde Révolution française : 1965-1984, 1988), a été ultérieurement relayée par la dichotomie in/out (inclus/exclus) mise en avant par Alain Touraine (1992), puis par des analyses qui, comme celle d'Anthony Giddens (1973), postulent une individualisation croissante de la société, rencontrant ainsi les postulats de l'individualisme méthodologique.

Ensuite, les « nouveaux mouvements sociaux » post-soixante-huitards, ouvrant de nouveaux fronts par rapport à la « contradiction principale » (le conflit « bourgeoisie/prolétariat » de la vulgate marxiste), ont dessiné de nouvelles frontières au sein de l'espace social, définissant ainsi de « nouveaux » conflits (et délimitant de « nouveaux » groupes sociaux : hommes et femmes, français et immigrés, parisiens et provinciaux, jeunes et vieux, hétérosexuels et homosexuels, etc.), qui traversent les classes sociales et, ce faisant, contribuent à les « dé-faire ».

Enfin, la représentation marxiste semble de plus en plus étrangère à la sociologie spontanée. La classe par excellence – « la classe ouvrière » – étant désormais « un monde dé-fait », économiquement, politiquement et symboliquement dévalué (Stéphane Beaud et Michel Pialoux, 1999), la conscience de classe, la classe mobilisée et les luttes de classe semblent pouvoir être remisées au musée de la sociologie.

Outre que la disparition de la scène politique, médiatique et intellectuelle, de la « bourgeoisie » ou des « fonctionnaires du capital », selon l'expression de Marx, semble moins évidente que celle de la classe ouvrière (Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, 2000), les classes sociales n'ont pas pour autant disparu des statistiques qui mettent en évidence la permanence des inégalités sociales : d'où un regain d'intérêt chez les sociologues (Paul Bouffartigue, 2004 ; Jean-Noël Chopart et Claude Martin, 2004). Ainsi, contrairement à une croyance commune, les classes populaires (ouvriers et employés) représentent toujours, dans un pays comme la France, la majorité de la population active (entre 55 p. 100 et 60 p. 100). Leur situation salariale reste très stable : aujourd'hui comme il y a vingt ans, un ouvrier ou un employé gagne 2,5 à 3 fois moins qu'un cadre. La massification de l'enseignement secondaire n'a pas vraiment atténué les inégalités de perspectives scolaires en fonction de la classe sociale d'origine : l'échec scolaire dans le primaire et au collège reste 4 à 5 fois plus fréquent chez les ouvriers que chez les cadres. Le chômage touche 3 ou 4 fois plus souvent les ouvriers ou les employés que les cadres. L'étude de l'homogamie (c'est-à-dire la tendance à choisir un conjoint socialement proche) met également en évidence « le passage d'une perméabilité extrêmement faible des classes sociales à une étanchéité vraiment forte » (Alain Bihr et Roland Pfefferkorn, 1999 ; Louis Chauvel, 2001 ; Éric Maurin, 2002).

Bourdieu, Marx et Weber

Dans La Distinction (1979), Pierre Bourdieu, en qui Jeffrey Alexander (2000) croit voir « l'incarnation d'une théorie néo-marxiste », propose une topologie de l'espace social différencié en « classes ».

Mais la rupture avec le marxisme, qu'opère Bourdieu pour construire cette théorie de l'espace social, est au moins double. Rupture, d'une part, avec l'économisme qui conduit à réduire le champ social, espace multidimensionnel, au seul champ économique, aux rapports de production économique, constitués en coordonnées de la position sociale. Rupture, d'autre part, avec « l'illusion intellectualiste qui porte à considérer la classe théorique construite par le savant, comme une classe réelle » et « qui conduit à ignorer les luttes symboliques dont les différents champs sont le lieu et qui ont pour enjeu la représentation même du monde social » (Bourdieu, 1984).

Bourdieu récuse également la distinction qu'opère Weber entre « classes » définies par leurs conditions matérielles d'existence et « ordres » définis par leur position dans la hiérarchie de l'honneur et du prestige. Cette distinction résulte, en effet, selon lui, « du choix d'accentuer l'aspect économique ou l'aspect symbolique, qui coexistent toujours dans la réalité (en des proportions différentes selon les sociétés et selon les classes sociales d'une même société) ». En fait, « les différences proprement économiques sont redoublées par les distinctions symboliques dans la manière d'user de ces biens [...] qui transforme les biens en signes, les différences de fait en distinctions signifiantes » (Bourdieu, 1966).

Comme Marx, Bourdieu considère qu'il existe entre les agents des relations objectives qui dépendent de la distribution du capital détenu par ces derniers (de son volume et de sa composition) : ces relations objectives définissent les structures de l'espace social et s'imposent à tous indépendamment de leurs volontés. En d'autres termes, « le réel est relationnel », organisé par des relations objectives qui existent indépendamment des consciences et des volontés individuelles : l'espace social est défini par l'exclusion mutuelle, ou la distinction, des positions qui le constituent.

Conditions sociales, habitus et styles de vie

Le modèle théorique construit par Bourdieu dans La Distinction met en correspondance l'espace des conditions sociales et l'espace des styles de vie par l'intermédiaire d'un espace théorique des habitus (dans la société française des années 1970, aux classes dominantes est associé le « sens de la distinction », à la petite bourgeoisie, la « bonne volonté culturelle », aux classes dominées, le « choix du nécessaire »).

L'espace social est un espace à plusieurs dimensions, dont la structure est définie par la distribution des différentes espèces de capital. Bourdieu en distingue trois : le « capital économique », le « capital culturel » et le « capital social », susceptibles d'être converties en « capital symbolique ». Contre « l'économisme » qui ne connaît que l'intérêt matériel et la recherche délibérée de la maximisation des profits monétaires, il s'agissait ainsi de montrer que les pratiques ont une économie qui ne peut être réduite à la raison économique. La classe objective est alors définie non seulement par sa position dans les rapports de production (repérable à travers des indices comme la profession, le revenu ou le capital scolaire), mais aussi par un ensemble de caractéristiques auxiliaires et, en définitive, par la structure des relations entre toutes les propriétés pertinentes. Sur cette base, Bourdieu construit un espace dont les trois dimensions sont définies par le volume du capital détenu (économique, culturel, social), la structure de ce capital (i. e. la distribution du capital global entre ses différentes espèces) et l'évolution dans le temps des deux propriétés (manifestée par la trajectoire passée et potentielle dans l'espace social). Dans ce cadre, la proximité dans l'espace social engendre des classes « logiques », classes « sur le papier », classes « probables » ou « virtuelles » qui ne sont susceptibles d'être « mobilisées » qu'au prix d'un travail symbolique et politique de construction.

Pour faire correspondre l'espace des conditions sociales ainsi défini et l'espace des styles de vie, c'est-à-dire la distribution des pratiques et propriétés qui sont constitutives du « style de vie » dans lequel se manifeste chacune de ces conditions, Bourdieu introduit l'espace théorique des habitus. L'habitus de classe est la forme incorporée de la condition de classe et des conditionnements qu'elle impose, mais il est aussi formule génératrice des préférences (« goûts de luxe », « goûts de nécessité », etc.), principe unificateur et générateur des pratiques, permettant ainsi de rendre compte de l'unité du « style de vie » caractéristique d'une classe, c'est-à-dire aussi de la transformation en un style de vie distinct et distinctif des nécessités et des facilités caractéristiques d'une condition et d'une position.

Principe générateur de pratiques objectivement classables, l'habitus est également système de classement de ces pratiques (ces opérations de classement étant d'ailleurs elles-mêmes classables) et c'est dans la relation entre ces deux faces de l'habitus que se constitue le monde social représenté. Perçues à travers le prisme des schèmes de perception des habitus, les différences dans les objets et les pratiques deviennent des différences symboliques qui fonctionnent comme autant de signes distinctifs. La « distinction » est différence, écart, propriété relationnelle qui n'existe que dans et par la relation avec d'autres propriétés, de sorte que l'espace social et les différences qui s'y dessinent tendent à fonctionner comme ensemble de Stände, c'est-à-dire de groupes caractérisés par des styles de vie différents.

Champs et classes sociales

Parallèlement, Bourdieu avait conçu le projet d'une théorie générale des champs. Cette nouvelle topologie de l'espace social mettait en évidence un assemblage de microcosmes autonomes : les champs. Aux différents champs (économique, politique, scientifique, religieux, artistique, sportif, etc.), issus d'un long processus de différenciation du monde social, correspondent un capital, un habitus et un « droit d'entrée » spécifiques, des intérêts, des stratégies et des enjeux particuliers. Dans ce cadre, dit Bourdieu, « le champ du pouvoir est un champ de forces défini dans sa structure par l'état du rapport de force entre des formes de pouvoir, ou des espèces de capital différentes. Il est aussi, inséparablement, un champ de luttes pour le pouvoir entre des détenteurs de pouvoirs différents » (La Noblesse d'État, 1989) : l'antagonisme entre les détenteurs du pouvoir spirituel et les détenteurs du pouvoir temporel est le principe majeur de la polarisation du champ du pouvoir.

Pour appréhender les médiations qui assurent concrètement, dans des registres divers et sous des formes parfois méconnaissables, l'accomplissement de la logique de classe au sein de chaque champ, il faut montrer, quel que soit le champ considéré, comment les agents qui s'y investissent importent un habitus de classe qui confère un caractère systématique à l'ensemble de leurs prises de position au sein des différents champs (où les classes dominées ne figurent le plus souvent que par procuration), de sorte que les pratiques dominantes dans les différents champs sont tendanciellement celles des classes dominantes. De façon générale, la structure des différents champs reproduit en la transposant la structure du champ des classes sociales : l'homologie structurale entre les différents champs est une clé essentielle de l'hégémonie de la classe dominante.

Classes sur le papier et classes mobilisées

Construites à partir de l'espace des positions, les « classes probables » (dans la mesure où elles se prêtent à des entreprises de mobilisation) n'existent pas nécessairement comme groupe réels, bien qu'elles expliquent la possibilité de les mobiliser (cela sans exclure d'autres rassemblements et d'autres divisions inégalement probables). Pour rendre compte du passage de la « classe probable » à la « classe mobilisée », de la « classe en soi » à la « classe pour soi » dans la terminologie de Gyōrgy Lukács (1923), il faut analyser le travail politique qui parvient à produire, sinon la classe mobilisée, du moins la croyance en l'existence de la classe, qui fonde l'autorité de ses porte-parole.

Dans ce travail politique, il s'agit d'abord d'expliciter une expérience partagée du monde social, plus proche d'un « inconscient de classe » que de la « conscience de classe » au sens marxiste – le sense of one's place d'Erving Goffman –, et de faire le groupe en faisant le sens commun, le consensus explicite du groupe. La mobilisation passe ainsi par l'explicitation dans un discours à la fois public et commun de ce qui existait à l'état pratique dans les dispositions : elle permet la rencontre de l'ethos avec un logos capable de le révéler à lui-même.

Il faut ensuite analyser le processus de délégation dans lequel le mandataire (secrétaire de parti ou de syndicat) reçoit du groupe le pouvoir de faire le groupe (cette relation circulaire étant au principe de l'illusion charismatique). Le porte-parole, doté du pouvoir de parler et d'agir au nom du groupe et d'abord sur le groupe, personnifie ce dernier : il lui permet d'agir et de parler « comme un seul homme ». Par ailleurs, il assure la continuité du groupe, en dépit de la discontinuité dans le temps du groupe mobilisé. De ce point de vue, le parti, institution permanente de représentation et de mobilisation (avec ses bureaux, son sigle, ses signatures et ses délégations de signature, etc.), est la condition d'existence de la classe, dont la permanence est assurée par les permanents.

Enfin, le travail de représentation est un travail de politisation. S'il est vrai que c'est la classe qui fait le porte-parole, il est non moins vrai que le porte-parole fait la classe, en élaborant un « programme » qui est la condition de la mobilisation collective autour de « problèmes communs » et des actions que la classe mobilisée peut entreprendre pour transformer le monde social conformément à ses intérêts.

—  Gérard MAUGER

Bibliographie indicative

J. C. Alexander, La Réduction. Critique de Bourdieu, traduit de l'anglais par N. Zaccaï-Reyners, Les Éditions du Cerf, Paris, 2000

S. Beaud & M. Pialoux, Retour sur la condition ouvrière. Enquête aux usines Peugeot de Sochaux-Montbéliard, Fayard, Paris, 1999

A. Bihr & R. Pfefferkorn, Déchiffrer les inégalités, Syros-La Découverte, Paris, 1999 ; Le Système des inégalités, La Découverte, Paris, 2008

P. Bouffartigue dir., Le Retour des classes sociales. Inégalités, dominations, conflits, La Dispute, Paris, 2004.

P. Bourdieu, « Condition de classe et position de classe », in Archives européennes de sociologie, VII, 1966 ; La Distinction. Critique sociale du jugement, éd. de Minuit, Paris, 1979 ; « Espace social et genèse des classes », in Actes de la recherche en sciences sociales, no 52-53, juin 1984 ; La Noblesse d'État. Grandes écoles et esprit de corps, éd. de Minuit, 1989

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C. Colliot-Thélène, Max Weber et l'histoire, P.U.F., Paris, 1990

R. Crompton, Class and Stratification. An introduction to current debates, Polity Press, Cambridge, 1993

A. Giddens, The Constitution of Society. Outline of the Theory of Structuration, ibid., 1984 (La Constitution de la société, trad. M. Audet, P.U.F., Paris, 1984)

M. Halbwachs, Classes sociales et morphologie, éd. de Minuit, 1972

V. I. Lénine, La Grande Initiative, 1919, in Œuvres, Tome XXIX, Moscou-Paris

G. Lukács, Histoire et conscience de classe, 1923, traduit de l'allemand par K. Axelos et J. Bois, éd. de Minuit, 1960

K. Marx, « Lettre à Joseph Weydemeyer (5 mars 1852) », in correspondance K. Marx-F. Engels, Lettres sur « Le Capital », présentées et annotées par G. Badia, traductions de l'allemand par G. Badia et J. Chabert, traductions de l'anglais par P. Meier, Éditions sociales, Paris, 1964

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K. Marx & F. Engels, L'Idéologie Allemande, 1845-1846, in K. Marx, Œuvres, III, Philosophie, Bibliothèque de la Pléiade-Gallimard, Paris, 1982

E. Maurin, L'Égalité des possibles. La nouvelle société française, Seuil, Paris, 2002

H. Mendras, La Seconde Révolution française : 1965-1984, Gallimard, Paris, 1988

M. Pinçon & M. Pinçon-Charlot, Sociologie de la bourgeoisie, La Découverte, Paris, 2000

A. Touraine, « Inégalités de la société industrielle, exclusion du marché », in Justice sociale et inégalités, Esprit, Paris, 1992

J.-P. Vernant, « La Lutte des classes », in Mythe et société en Grèce ancienne, Librairie François Maspero, Paris, 1974

M. Weber, « L'objectivité de la connaissance », 1904, in M. Weber, Essais sur la théorie de la science, traduits de l'allemand et introduits par J. Freund, Librairie Plon, Paris, 1965 ; « L'Éthique économique des religions mondiales », 1915-1920, in M. Weber, Sociologie des religions, textes réunis, traduits et présentés par J.-P. Grossein, Gallimard, 1996 ; Wirtschaft und Gesellschaft, 1921 (Économie et société, I, Les catégories de la sociologie, traduit de l'allemand par J. Freund, P. Kamnitzer, P. Bertrand, E. de Dampierre, J. Maillard et J. Chavy sous la direction de J. Chavy et E. de Dampierre, Agora, Pocket, Paris, 1995).

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  • Gérard MAUGER
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  • Écrit par 
  • Julian MISCHI, 
  • Nicolas RENAHY
  •  • 4 407 mots
  •  • 1 média

Classe ouvrière ? La notion paraît datée, associée à un type de mobilisation propre au xxe siècle. Le marxisme, sous ses différentes formes, lui a donné une forte visibilité sur les scènes idéologique, politique, artistique mais aussi scientifique. Depuis les années 1970, dans un pays comme la France, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/classes-sociales-classe-ouvriere/

CLASSES SOCIALES - Classes moyennes

  • Écrit par 
  • Louis CHAUVEL
  •  • 3 626 mots
  •  • 1 média

L'expression « classes moyennes » désigne des réalités diffuses, multiples, caractérisées selon les traditions nationales par une grande diversité morphologique, marquées aussi par une profonde instabilité historique. Toutes les tentatives de définition statistique rigides, destinées à enfermer cette réalité complexe dans des limites précises et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/classes-sociales-classes-moyennes/

CLASSES SOCIALES - Classe dominante

  • Écrit par 
  • Gérard MAUGER
  •  • 2 471 mots

Dans le lexique des sciences sociales contemporaines, le concept de « classe dominante » se démarque à la fois de celui de « bourgeoisie », associé à la théorie marxiste, et de celui d'« élite(s) », affilié aux théories de la stratification sociale sous leurs diverses formes. Solidaire d'une représentation multidimensionnelle de l'espace social, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/classes-sociales-classe-dominante/

CLASSES SOCIALES - La théorie de la lutte de classes

  • Écrit par 
  • André AKOUN
  •  • 8 266 mots

Les concepts de classe sociale et de lutte de classes sont les éléments d'un projet politique et non des instruments d'analyse sociologique. Est-ce à dire que les classes sociales n'existent pas ? Certes non. Mais il n'y a de classes sociales que dans la mesure où, pour reprendre la distinction hégélienne, la société moderne sépare la puissance […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/classes-sociales-la-theorie-de-la-lutte-de-classes/

ALTHUSSER LOUIS (1918-1990)

  • Écrit par 
  • Saül KARSZ, 
  • François MATHERON
  •  • 4 564 mots

Dans le chapitre « « Je ne suis pas marxiste » »  : […] : ils sont à la fois économiques, politiques et idéologiques. Les classes sociales constituent ainsi des configurations éminemment complexes et mouvantes. Par là, pas d'identification entre analyse marxiste et analyse exclusivement économique ; pas d'identification entre détermination et déterminisme (et encore moins […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-althusser/#i_1200

ANTHROPOLOGIE ÉCONOMIQUE

  • Écrit par 
  • Maurice GODELIER
  •  • 5 144 mots

Dans le chapitre « Développement de l'inégalité »  : […] primitives et des conditions et voies d'apparition de formes primitives d'État et de classes sociales. Il est utile de rappeler que, dès ses formes les plus primitives, la société archaïque comporte déjà, sur la base de la division sexuelle du travail, des statuts inégaux pour les hommes et les femmes et pour les générations. Dans les sociétés […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/anthropologie-economique/#i_1200

ANTHROPOLOGIE POLITIQUE

  • Écrit par 
  • Georges BALANDIER
  •  • 5 805 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Stratification sociale et pouvoir »  : […] Mais le concept de classes sociales fait problème ; son usage en anthropologie reste limité ou ambigu. La théorie marxiste paraissait elle-même inachevée, ou hésitante, en ce domaine ; et les ethnographes soviétiques reconnaissaient la difficulté en utilisant le terme « protoclasse ». La question de la pertinence est néanmoins posée. Il paraît […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/anthropologie-politique/#i_1200

ARCHITECTURE (Thèmes généraux) - Architecture et société

  • Écrit par 
  • Antoine PICON
  •  • 5 774 mots

Dans le chapitre « L'architecture touchée par les Lumières »  : […] sans partage, le couple équipement-habitation renvoie aux rapports beaucoup plus complexes qui commencent à se nouer entre gouvernement et population. Ces polarités se retrouveront dans les projets élaborés par les architectes sous la Révolution. Elles témoignent à leur manière du passage de la société d'ordres à la société de classes qui s'amorce […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/architecture-themes-generaux-architecture-et-societe/#i_1200

ART (Aspects culturels) - La consommation culturelle

  • Écrit par 
  • Pierre BOURDIEU
  •  • 4 054 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « La production des consommateurs »  : […] forte, toutes choses étant égales par ailleurs, qu'en matière de « culture libre » ou de culture d'avant-garde. À la hiérarchie socialement reconnue des arts et, à l'intérieur de chacun d'eux, des genres, des écoles ou des époques, correspond la hiérarchie sociale des consommateurs. Ce qui prédispose les goûts à fonctionner comme des marqueurs […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/art-aspects-culturels-la-consommation-culturelle/#i_1200

BANLIEUE

  • Écrit par 
  • Jean BASTIÉ, 
  • Stéphane BEAUD, 
  • Jean ROBERT
  •  • 6 548 mots

Dans le chapitre « Les logiques de peuplement des grands ensembles »  : […] de construction (entre 1955 et 1975), un peuplement diversifié des grands ensembles. Il comprenait à la fois des classes moyennes salariées (cadres moyens, employés, enseignants, la petite fonction publique) et des larges fractions du groupe ouvrier (notamment des ouvriers qualifiés), tout en excluant majoritairement les immigrés, alors relégués […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/banlieue/#i_1200

CLASSIFICATION, sociologie

  • Écrit par 
  • Michel LALLEMENT
  •  • 996 mots

Guerre mondiale, le découpage de la population française en catégories socioprofessionnelles repose sur d’autres critères qui reflètent les évolutions d’une société qui a passé le cap de la révolution industrielle et au sein de laquelle le salariat est devenu une réalité massive. En 1954, la classification est structurée […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/classification-sociologie/#i_1200

COLS BLANCS

  • Écrit par 
  • Pascale GRUSON
  •  • 645 mots

L'expression « cols blancs » traduit le white collars américain. Elle permet de repérer un groupe social qui, professionnellement, se situe dans le secteur tertiaire et qui, tant par son statut que par son attitude politique, par son mode de vie, par la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cols-blancs/#i_1200

CONFIGURATION SOCIALE

  • Écrit par 
  • Fabien CARRIÉ
  •  • 1 085 mots

fondent et influent sur les habitus sociaux comme sur les structures sociales, leur interpénétration donnant sens à l’aphorisme paradoxal d’une « société des individus », titre de l’un des ouvrages de l’auteur (1991). Catégorie d’analyse opératoire pour rendre compte du temps long de l’évolution humaine, de ce que le sociologue caractérise comme […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/configuration-sociale/#i_1200

CONFLITS SOCIAUX

  • Écrit par 
  • Alain TOURAINE
  •  • 15 393 mots
  •  • 10 médias

Dans le chapitre « Recherche d'une définition »  : […] Le conflit de classes oppose une « base » d'agents économiques à ceux qui contrôlent l'emploi des ressources investies dans un projet de développement social. La base sociale défend, d'un côté, sa consommation, son présent particulier contre l'investissement pour un au-delà, mais aussi s'oppose à l'appropriation par la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/conflits-sociaux/#i_1200

CONSCIENCE DE CLASSE

  • Écrit par 
  • Michel LALLEMENT
  •  • 985 mots

L’expression « conscience de classe » appartient au répertoire marxiste. Afin de définir une classe sociale, Karl Marx ne s’en tient pas à l’unique critère de la place occupée dans le rapport de production. En reprenant à son compte une sémantique hégélienne, il propose aussi de distinguer la classe « en soi » et la classe […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/conscience-de-classe/#i_1200

CONSOMMATION - Comportement du consommateur

  • Écrit par 
  • Bernard DUBOIS, 
  • Marc VANHUELE
  •  • 8 084 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La classe sociale »  : […] Toute société humaine connaît un processus de stratification à travers lequel propriété, pouvoir et prestige sont inégalement répartis entre ses membres. Dans les sociétés modernes, un système de classes sociales se trouve ainsi engendré […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/consommation-comportement-du-consommateur/#i_1200

CORPS - Les usages sociaux du corps

  • Écrit par 
  • Luc BOLTANSKI
  •  • 2 595 mots

Dans le chapitre « Cultures somatiques et classes sociales »  : […] surtout en France, des recherches sur les cultures somatiques propres aux différentes classes sociales dont les membres, dotés d'habitus physiques différents, font des usages différents de leur corps. Ainsi, c'est dans les classes sociales (agriculteurs, ouvriers agricoles, manœuvres, ouvriers) où le risque sanitaire est le plus élevé (comme en […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/corps-les-usages-sociaux-du-corps/#i_1200

DAHRENDORF RALF GUSTAV (1929-2009)

  • Écrit par 
  • Giovanni BUSINO
  •  • 2 583 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Une sociologie de la société industrielle »  : […] organisations, il y a alors une surimposition des groupes d'intérêts. Dans ce cas, le groupe d'intérêts devient une classe sociale et le conflit d'intérêts qui les oppose peut être alors appelé lutte des classes. Dans les conflits, il faut distinguer l'intensité et la violence. La première dépend de l'association de plusieurs facteurs (énergies, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ralf-gustav-dahrendorf/#i_1200

DARWINISME

  • Écrit par 
  • Dominique GUILLO, 
  • Thierry HOQUET
  •  • 5 494 mots

Dans le chapitre « Biologiser l'ordre social »  : […] hiérarchie des races et des classes sociales. Dans un tel cadre, les classes sociales défavorisées des sociétés occidentales – sociétés considérées comme les plus évoluées –, mais aussi les malades mentaux, les criminels ou encore les porteurs de handicaps sont volontiers considérés comme des persistances ou survivances de « races […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/darwinisme/#i_1200

LE 18-BRUMAIRE DE LOUIS BONAPARTE, Karl Marx - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Emmanuel BAROT
  •  • 1 249 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Une œuvre totalisante »  : […] Les sociétés modernes n'ont pas la même nature que les anciennes : leurs acteurs sont des classes, et non des castes ou des individus. Mais que sont ces classes ? Les paysans en forment une par la similarité de leurs conditions matérielles d'existence et d'exploitation (Marx montre en quoi ils subissent de façon semblable […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/le-18-brumaire-de-louis-bonaparte/#i_1200

ÉDUCATION - Sociologie de l'éducation

  • Écrit par 
  • François DUBET
  •  • 4 093 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Inégalités sociales, inégalités scolaires »  : […] que les performances et les parcours scolaires des élèves étaient déterminés par les ressources culturelles que possèdent les diverses classes sociales. Les plus cultivées disposent d'une langue, de représentations culturelles et de motivations qui favorisent la réussite scolaire et dont leurs enfants « héritent », alors que les élèves des classes […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/education-sociologie-de-l-education/#i_1200

ENFANTS À HAUT POTENTIEL INTELLECTUEL

  • Écrit par 
  • Nicolas GAUVRIT
  •  • 1 012 mots

Dans le chapitre « Caractéristiques démographiques »  : […] y a également plus de garçons parmi les enfants avec un retard mental (QI inférieur à 70). On retrouve des enfants HPI dans toutes les couches de la société, avec toutefois une proportion plus élevée dans les classes sociales privilégiées. Des parents présentant un haut niveau d’études ont également une plus forte probabilité d’avoir un enfant HPI […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/enfants-a-haut-potentiel-intellectuel/#i_1200

ETHNOLOGIE - Ethnologie générale

  • Écrit par 
  • Raymond William FIRTH
  •  • 9 525 mots

Dans le chapitre « Les systèmes de classe »  : […] Les classes sociales sont des groupes à l'intérieur d'un systéme hiérarchisé ; les membres entretiennent des relations d'abord à l'intérieur de leur propre groupe et secondairement avec la classe supérieure ou inférieure. Les classes sont rares dans les sociétés primitives, mais il existe presque toujours un certain genre de stratification. Les […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ethnologie-ethnologie-generale/#i_1200

EXCLUSION

  • Écrit par 
  • Delphine DULONG
  •  • 3 098 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « De la pauvreté à l'exclusion »  : […] ceux qui sont déjà marginalisés. Par exemple, le chômage des jeunes, notamment issus des classes populaires, a augmenté sans interruption dans les banlieues déshéritées françaises, y compris lorsqu'une poussée de croissance faisait baisser le chômage en moyenne nationale. La pauvreté contemporaine n'est donc pas seulement liée à la conjoncture de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/exclusion/#i_1200

FRANCE (Histoire et institutions) - Le temps des révolutions

  • Écrit par 
  • Sylvain VENAYRE
  •  • 6 925 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre «  La révolution industrielle »  : […] de nouvelles identités par lesquelles la société contemporaine pouvait se penser. La disparition de la société d'ordres ouvrit la voie à la notion de classes pour penser les nouvelles hiérarchies sociales. Or, parmi ces classes – au nombre desquelles il faut compter l'inédite classe moyenne, dans laquelle François Guizot reconnaissait l'ensemble […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/france-histoire-et-institutions-le-temps-des-revolutions/#i_1200

FRANCE (Arts et culture) - Les Français en question

  • Écrit par 
  • Theodore ZELDIN
  •  • 12 309 mots

Dans le chapitre « Les inégalités »  : […] situaient en fonction du nombre de quartiers de noblesse qu'arboraient leurs armoiries. On pourrait soutenir qu'il ne faut plus diviser les Français en trois classes sociales, mais en soixante-trois classes, si l'on veut tenir compte de toutes les nuances apportées par le niveau culturel, la variété des expériences, les biens, et les divers genres […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/france-arts-et-culture-les-francais-en-question/#i_1200

HALBWACHS MAURICE (1877-1945)

  • Écrit par 
  • François VIEILLESCAZES
  •  • 485 mots

Élève de Bergson et contemporain de Simiand, de Lévy-Bruhl et de Durkheim, Maurice Halbwachs fut professeur aux universités de Caen, de Strasbourg et de Paris, et termina sa carrière au Collège de France où il avait été nommé quelques mois avant sa mort en déportation à Buchenwald. Son œuvre est très largement marquée par l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/maurice-halbwachs/#i_1200

HIÉRARCHIE

  • Écrit par 
  • Raymond BOUDON
  •  • 3 990 mots

Dans le chapitre « Modèle marxiste »  : […] modèle marxiste, c'est l'organisation économique des sociétés qui constitue la cause fondamentale des phénomènes de hiérarchisation. Les classes sociales, concept central dans ce modèle, sont définies à partir des rapports de production. Karl Marx lui-même ne fait que reprendre sur ce point, en les modifiant et en les systématisant, un certain […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/hierarchie/#i_1200

HISTOIRE (Histoire et historiens) - Courants et écoles historiques

  • Écrit par 
  • Bertrand MÜLLER
  •  • 6 859 mots

Dans le chapitre « Marxisme et histoire sociale en Angleterre »  : […] Primitive Rebels, publié en 1959, et surtout histoire des classes sociales, des luttes de classes. Edward Palmer Thompson (1924-1993), dans un ouvrage majeur, tardivement traduit en France, La Formation de la classe ouvrière anglaise (1985 ; éd. or. anglaise, 1963) prend à contre-pied les classiques analyses marxistes […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/histoire-histoire-et-historiens-courants-et-ecoles-historiques/#i_1200

IDÉOLOGIE

  • Écrit par 
  • Joseph GABEL
  •  • 6 770 mots

Dans le chapitre « Un nouvel éléatisme marxiste »  : […] ethnologiques du matérialisme historique, E. Terray écrit : « On sait que pour Marx, les classes n'apparaissent « à l'état pur » que lorsque le mode de production capitaliste établit son hégémonie. Lorsqu'un autre mode de production – esclavagiste ou féodal, par exemple – est dominant, les classes sont présentes sous forme de castes, d'ordres ou […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ideologie/#i_1200

INÉGALITÉS - Analyse et critique

  • Écrit par 
  • Alain BIHR, 
  • Roland PFEFFERKORN
  •  • 9 523 mots

Dans le chapitre « Égalité et uniformité »  : […] l'égalité n'implique l'identité (l'uniformité), l'inégalité ne garantit la différence. Bien au contraire : les inégalités de revenus génèrent des couches sociales au sein desquelles les individus sont prisonniers d'un mode et d'un style de vie, qu'ils sont plus ou moins tenus de suivre, pour « être (et rester) à leur place ». Quant aux inégalités […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/inegalites-analyse-et-critique/#i_1200

INTÉRIORISATION, sociologie

  • Écrit par 
  • Gérard MAUGER
  •  • 916 mots

L’étude de l’intériorisation, ou de l’incorporation, des dispositions caractéristiques d’un habitus national ou d’un habitus de classe, associées à un champ ou propres à un individu, conduit à distinguer deux cas de figure […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/interiorisation-sociologie/#i_1200

LEROUX PIERRE (1797-1871)

  • Écrit par 
  • François BURDEAU
  •  • 781 mots

La pensée de Leroux, plus célèbre en son temps que celle d'autres socialistes, tels Proudhon, Fourier ou Cabet, a cependant influencé davantage certains milieux littéraires (Eugène Sue, George Sand, Victor Hugo) que le mouvement ouvrier lui-même. Fils de limonadiers parisiens, Leroux doit, à la mort de son père, renoncer au […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-leroux/#i_1200

LOISIRS

  • Écrit par 
  • Philippe COULANGEON
  •  • 4 821 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Réalisation de soi ou ... aliénation ? »  : […] de l'imposition d'une vision du monde unifiée, débarrassée de ses particularismes, et notamment des particularismes de classes, à travers la diffusion de productions culturelles standardisées (cinéma, radio, télévision) qui visent à une uniformisation des aspirations et des styles de vie. Ce faisant, l'industrie de la culture de masse, en privant […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/loisirs/#i_1200

LUMPENPROLÉTARIAT

  • Écrit par 
  • Claude LEFORT
  •  • 385 mots

C'est une importante catégorie de l'analyse marxiste que celle de lumpenprolétariat (prolétariat en haillons). Selon celle-ci, le capitalisme présente un double aspect : d'une part, toutes oppositions antérieures s'effacent progressivement devant celle de la bourgeoisie et du prolétariat, qui reflète la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/lumpenproletariat/#i_1200

LES LUTTES DE CLASSES EN FRANCE, Karl Marx - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Éric LETONTURIER
  •  • 1 145 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « « Les révolutions sont les locomotives de l'histoire » »  : […] L'enthousiasme naïf du prolétariat, souscrivant en février à l'idéal de fraternité et d'union contre la royauté, et la promesse de sa suprématie politique liée au renversement de Louis-Philippe n'ont pas tenu devant son antagonisme de classe avec la bourgeoisie. Cette dernière déchire brutalement le voile social dont elle […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/les-luttes-de-classes-en-france/#i_1200

MARXISME - La théorie marxiste

  • Écrit par 
  • Étienne BALIBAR, 
  • Pierre MACHEREY
  •  • 8 742 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre «  Classes et luttes de classes »  : […] importe de bien saisir ce point pour comprendre l'usage et la signification du concept de classe sociale dans le marxisme. En 1852, Marx écrivait à son ami Weydemeyer : « Ce n'est pas à moi que revient le mérite d'avoir découvert l'existence des classes dans la société moderne, pas plus que la lutte qu'elles s'y livrent [...]. […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/marxisme-la-theorie-marxiste/#i_1200

MARXISME - Le matérialisme dialectique

  • Écrit par 
  • Étienne BALIBAR, 
  • Pierre MACHEREY
  •  • 6 387 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Matérialisme et idéalisme »  : […] Seconde remarque : les deux principes réalisent (ou représentent) deux points de vue, deux camps. En dernière analyse, ces deux points de vue sont ceux de classes sociales antagonistes ; c'est ce qui permet de comprendre qu'à travers toute l'histoire des sociétés de classes, où se succèdent des formes renouvelées et d'exploitation de classe, une […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/marxisme-le-materialisme-dialectique/#i_1200

MILLS CHARLES WRIGHT (1916-1962)

  • Écrit par 
  • Daniel DERIVRY
  •  • 323 mots

Dans la tradition de Thorstein Veblen, Mills est la figure la plus marquante de la sociologie critique américaine. Il estime que toute sociologie est fondamentalement politique et doit servir à combattre les préjugés et à changer la société […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/charles-wright-mills/#i_1200

MODE, sociologie

  • Écrit par 
  • Philippe BESNARD, 
  • Olivier BURGELIN
  •  • 5 674 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'offre et la demande »  : […] de la mode par une sorte de dialectique de l'imitation et de la distinction : les classes inférieures adopteraient, dès que la chose leur est matériellement et culturellement possible, les formes extérieures de la vie sociale des classes supérieures. Celles-ci, ne pouvant plus, en régime démocratique, avoir recours aux lois […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mode-sociologie/#i_1200

MODE DE VIE

  • Écrit par 
  • Gérard MAUGER
  •  • 1 230 mots

Dans le chapitre « De la morphologie au mode de vie »  : […] Ancrant les classes sociales dans la production, Maurice Halbwachs considère, dans La Classe ouvrière et les niveaux de vie (1912), que « chacune de ces catégories détermine la conduite des membres qu'elle comprend, [qu'] elle leur impose des motifs d'action bien définis, [qu'] elle leur imprime sa […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mode-de-vie/#i_1200

MORALE (sociologie)

  • Écrit par 
  • Gérôme TRUC
  •  • 1 343 mots

Dans le chapitre « Morales de classe et jugements moraux »  : […] sur la morale, réduite à des normes de comportement et des valeurs auxquelles les classes sociales dominantes et l’État soumettraient le reste de la société. En fait de morale, il n’y aurait en réalité que des « morales de classe ». Ainsi l’institution familiale, par exemple, cruciale tant pour les moralistes que pour Durkheim, peut-elle […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/morale-sociologie/#i_1200

NATION - L'idée de nation

  • Écrit par 
  • Georges BURDEAU, 
  • Pierre-Clément TIMBAL
  •  • 4 391 mots

Dans le chapitre « La rupture interne de l'unité nationale »  : […] Quelles que soient les difficultés que présentent la définition des classes et leur délimitation, le fait dont la réalité est indéniable est que celles-ci opèrent une redistribution des membres de la collectivité nationale en quelques grandes formations entre lesquelles la communication est rompue. Il ne s'agit pas, en effet, d'un cloisonnement à l […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nation-l-idee-de-nation/#i_1200

NATION - Nation et idéologie

  • Écrit par 
  • Maxime RODINSON
  •  • 7 469 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Les niveaux d'organisation et de production des idéologies »  : […] nationales peuvent être le fait de groupements spécialisés ou de classes, comme les intellectuels, les militaires, les travailleurs productifs. Dans la mesure où leurs idéologies ne sont pas adoptées par l'ensemble de la société, ces groupes constituent tous une classe à part. Par exemple, les militaires peuvent produire des […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nation-nation-et-ideologie/#i_1200

LA NOBLESSE D'ÉTAT, Pierre Bourdieu - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Antonin COHEN
  •  • 1 058 mots

Dans le chapitre « Classifications scolaires et production d'une noblesse d'État »  : […] C'est en partant d'une analyse du « système des relations statistiques » entre classe sociale et classement scolaire que Pierre Bourdieu entend mettre en lumière les correspondances entre la hiérarchie des « qualités » communément attribuées aux différentes classes sociales et la hiérarchie des « jugements » scolaires portés […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-noblesse-d-etat/#i_1200

OBSERVATION (sciences sociales)

  • Écrit par 
  • Laurent WILLEMEZ
  •  • 1 075 mots

l’observation de manière privilégiée. Parmi eux, on peut d’abord citer l’analyse des classes sociales et de leur usage de l’espace, qu’il s’agisse des quartiers populaires et des classes ouvrières, de la « gentrification » dans les grandes villes ou encore des classes supérieures. Le travail, qu’il soit industriel ou dans le secteur des services, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/observation-sciences-sociales/#i_1200

ORDRES ET CLASSES

  • Écrit par 
  • Guy CHAUSSINAND-NOGARET
  •  • 984 mots

tiers état le travail, qui assure la subsistance des deux premiers. Le concept de « classe », dont la définition est plus intrinsèquement économique, a été nettement formulé par Marx dans un environnement industrialisé, où chaque type de population occupe une place définie par son rôle dans le processus de la production : d'un côté les […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ordres-et-classes/#i_1200

L'ORGANISATEUR, Claude-Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Annie SORIOT
  •  • 1 271 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Science et industrialisme : les réseaux comme fondement du lien social »  : […] Premièrement, le système saint-simonien redéfinit les classes sociales en envisageant une classe universelle, industrielle. L'unité de cette classe, historicisée, est obtenue par le travail – qui est non seulement un droit mais aussi une obligation et un besoin. Ainsi la distinction fondamentale pour Saint-Simon réside entre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/l-organisateur/#i_1200

ORGANISATION SOCIALE

  • Écrit par 
  • Jean CUISENIER
  •  • 5 284 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Les groupes fondés sur la stratification de la société globale »  : […] La classe sociale est, après la communauté locale, la forme prédominante de différenciation sur laquelle s'organise la société globale. La discrimination la plus significative, de ce point de vue, est celle qui oppose hommes libres et esclaves : dans un échantillon de deux cent cinquante cultures représentant l'univers des cultures connues, Murdock […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/organisation-sociale/#i_1200

OUVRIER-PAYSAN

  • Écrit par 
  • Gabriel WACKERMANN
  •  • 989 mots

L'irruption des manufactures, puis des usines, à partir de la seconde moitié du xviiie siècle, mais surtout au xixe siècle, rompit fondamentalement la symbiose millénaire entre la ville et la campagne. L'industrie tentaculaire, dévoreuse de main-d'œuvre, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ouvrier-paysan/#i_1200

PAYSANNE RÉVOLUTION

  • Écrit par 
  • Claude LEFORT
  •  • 528 mots

C'est une des thèses fondamentales de Marx que le prolétariat industriel constitue la seule classe révolutionnaire à l'ère du capitalisme. Convaincu que les paysans pauvres se rallieront à la cause de la révolution quand le prolétariat apparaîtra comme une force dirigeante, capable de détruire toute forme d'exploitation, il […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/revolution-paysanne/#i_1200

POLITIQUE - Le pouvoir politique

  • Écrit par 
  • Jean William LAPIERRE
  •  • 7 281 mots

Dans le chapitre « Fondement du pouvoir politique »  : […] ni pouvoir politique. Mais, dès que la division du travail aboutit à la formation de classes sociales dont les intérêts s'opposent, une « superstructure » politique (l'État) apparaît, puis se développe. « Le pouvoir public se renforce à mesure que s'aggravent les antagonismes de classes au sein de l'État et à mesure que les États contigus […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/politique-le-pouvoir-politique/#i_1200

POULANTZAS NICOS (1936-1979)

  • Écrit par 
  • Jean-Marie VINCENT
  •  • 1 054 mots

mené les fascistes italiens et les national-socialistes allemands à prendre le pouvoir. Nicos Poulantzas, dans cet ouvrage, fait preuve d'une très grande sensibilité aux évolutions des rapports de force entre les classes et aux glissements politiques et idéologiques qu'on observe comme conséquences directes des affrontements entre les grandes […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/nicos-poulantzas/#i_1200

PROLÉTARIAT & PROLÉTARISATION

  • Écrit par 
  • Serge MALLET
  •  • 9 632 mots
  •  • 4 médias

les penseurs et écrivains révolutionnaires s'adressent au « peuple ». La terminologie nouvelle marque le passage de l'idéologie révolutionnaire égalitaire, mais formulée en termes sociologiques (les classes riches et les classes pauvres), à l'idéologie marxiste, qui s'appuie sur l'analyse économique du capitalisme en plein développement […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/proletariat-et-proletarisation/#i_1200

PSYCHOLOGIE DIFFÉRENTIELLE

  • Écrit par 
  • Michel HUTEAU
  •  • 4 662 mots

Dans le chapitre « La variabilité intergroupes »  : […] et reproduction des inégalités sociales, on s'est surtout intéressé aux différences de classe sociale dans l'efficience cognitive des enfants d'âge scolaire. Les enfants des classes populaires réussissent moins bien que les enfants des classes aisées. Cette liaison apparaît précocement (on la repère vers deux ans). Elle est plus forte lorsque les […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/psychologie-differentielle/#i_1200

REPRODUCTION SOCIALE

  • Écrit par 
  • Marie DURU-BELLAT
  •  • 2 260 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Répartir les places »  : […] centrale à l'institution scolaire, la mieux à même de produire une sélection légitime. En effet, dès lors que la société est divisée en classes, sa reproduction exige de reproduire les modalités de cette division, et, pour ce faire, l'école constitue l'agence de tri privilégiée dans les sociétés modernes. Car dès lors que les individus sont […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/reproduction-sociale/#i_1200

SAINT-SIMON CLAUDE HENRI DE ROUVROY comte de (1760-1825) ET SAINT-SIMONISME

  • Écrit par 
  • Pierre GUIRAL, 
  • Ernest LABROUSSE
  •  • 6 005 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Un « industrialisme » progressiste »  : […] La théorie des classes sociales chez Saint-Simon met l'accent sur l'exploitation d'une immense majorité de travailleurs de toute nature par une faible minorité d'oisifs. En accord avec la masse, une élite de Lumières, à la fois intellectuelle et professionnelle, issue pour la plus grande part du monde des chefs d'entreprise, délivrera de cette […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/saint-simon-et-saint-simonisme/#i_1200

SALARIAT

  • Écrit par 
  • Denis CLERC
  •  • 8 713 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Un monde de plus en plus diversifié »  : […] Longtemps, le salariat a été essentiellement composé de classes populaires, ouvriers et employés. En 1954 encore, alors qu'on comptabilisait en France 12,9 millions de salariés sur une population de 19,5 millions de personnes en emploi, le nombre des ouvriers (y compris salariés agricoles) et employés (y compris les personnels de service) s'élevait […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/salariat/#i_1200

SOCIAL HISTORY

  • Écrit par 
  • Bertrand MÜLLER
  •  • 1 742 mots

Dans le chapitre « Mariage entre marxisme et histoire empirique britannique »  : […] La Formation de la classe ouvrière anglaise (1963, trad. franç. 1988) prend à contre-pied les classiques analyses marxistes qui associent classe sociale et conscience de classe à l'état des rapports économiques de production. L'historien privilégie une lecture politique, analysant le chartisme (mouvement politique et social des […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/social-history/#i_1200

SOCIALISME - Social-démocratie

  • Écrit par 
  • Philippe MARLIÈRE
  •  • 10 051 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Hétérogénéité accrue de l'électorat et du recrutement »  : […] Au même moment, l'influence croissante des classes moyennes se confirme, en particulier du fait du renforcement de deux segments précis : les employés du secteur public et les professions intellectuelles (professions enseignantes […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/socialisme-social-democratie/#i_1200

SOCIOLOGIE - La démarche sociologique

  • Écrit par 
  • Louis PINTO
  •  • 5 426 mots

Dans le chapitre « L'objectivité du social »  : […] dans la mesure où les modalités des actions considérées sont extrêmement variées. De plus, les facteurs eux-mêmes ne se réduisent pas au facteur de classe ou d'origine sociale. Contrairement à une vision pauvre de la causalité sociologique, la sociologie ne cherche pas à tout « réduire » à ce facteur, elle cherche à identifier ce qui précisément […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sociologie-la-demarche-sociologique/#i_1200

SOCIOLOGIE WEBERIENNE

  • Écrit par 
  • Isabelle KALINOWSKI
  •  • 2 389 mots

Dans le chapitre « Une sociologie de la domination »  : […] simultanément, écrit Weber dans Hindouisme et bouddhisme (1916), comme des positions de « classe » (« Les classes sont des groupes de gens dont la situation économique est identique, du point de vue de certains intérêts ») et comme des positions de « Stand » (« Le Stand est une qualité d'honneur ou de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sociologie-weberienne/#i_1200

SOREL GEORGES (1847-1922)

  • Écrit par 
  • Louis SOUBISE
  •  • 2 241 mots

Dans le chapitre « Le syndicalisme révolutionnaire »  : […] anarchisme, mais aussi celle de Marx, notamment à propos de la notion de classe. Sorel est trop pluraliste pour accepter que la société soit divisée en deux blocs antagonistes et deux seulement, car le critère économique ne suffit pas à définir une classe ; le critère psychologique ou celui de la conscience a une plus grande importance […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-sorel/#i_1200

SPORT (Histoire et société) - Sociologie

  • Écrit par 
  • Christian POCIELLO
  • , Universalis
  •  • 9 877 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre «  Sous la diversité des pratiques, tout un monde social »  : […] Les enquêteurs observent que, dans la société française, les taux de pratique sportive s'accroissent régulièrement avec l'augmentation du niveau des diplômes. Ce sont les jeunes cadres diplômés des métropoles qui pratiquent le plus volontiers et intensément : à la mise en jeu naïve et violente du corps que célèbrent, depuis leurs origines, les jeux […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sport-histoire-et-societe-sociologie/#i_1200

STRATIFICATION SOCIALE

  • Écrit par 
  • Xavier ROZE
  •  • 1 241 mots

Les théories de la stratification ont en commun avec la théorie marxiste de chercher à rendre compte de l'inégalité des conditions que l'on constate au sein des sociétés. Alors que Karl Marx situe le principe d'explication de cette inégalité au niveau des rapports de production et conclut à une structure sociale divisée en classes antagonistes, les […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/stratification-sociale/#i_1200

TRIBU

  • Écrit par 
  • Maurice GODELIER
  •  • 9 661 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « L'équivalence structurale des segments est-elle un trait commun à toutes les sociétés tribales ? »  : […] parmi les sociétés lignagères comme les Nuer ou les Tiv. L'apparition de véritables classes sociales suppose précisément la disparition non pas des rapports de parenté mais de leur capacité d'être la forme générale des rapports sociaux. Or il faut des conditions tout à fait spécifiques pour que les rapports politiques et idéologiques ainsi que les […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/tribu/#i_1200

TRIPARTIE IDÉOLOGIE INDO-EUROPÉENNE

  • Écrit par 
  • Christian-Joseph GUYONVARC'H
  •  • 512 mots

Dès ses premiers ouvrages, Georges Dumézil (Jupiter-Mars-Quirinus, Mitra-Varuna, Horace et les Curiaces, Servius et la Fortune, Tarpeia, Naissance de Rome, Naissance d'archanges, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ideologie-indo-europeenne-tripartie/#i_1200

WARNER WILLIAM LLOYD (1898-1970)

  • Écrit par 
  • Pierre FAURE
  •  • 375 mots

L'essentiel de l'œuvre du sociologue américain W. L. Warner traite des petites unités sociales aux États-Unis. À l'aide de méthodes empruntées à l'ethnologie, il a réalisé la plus importante enquête jamais effectuée sur une petite ville américaine, Newburyport (Yankee City), 17 000 habitants. L'apport le plus remarquable de ses […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/william-lloyd-warner/#i_1200

Voir aussi

Pour citer l’article

Gérard MAUGER, « CLASSES SOCIALES - Penser les classes sociales », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 décembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/classes-sociales-penser-les-classes-sociales/