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Première théorisation cohérente : le phlogistique

Cette théorie s'est imposée pendant tout le xviiie siècle à la suite de Stahl qui a diffusé et développé une conception de Becher. Dans sa Physica subterranea (1667), celui-ci avait imaginé que l'élément terrestre se subdivise en trois espèces, dont l'une, la terra pinguis, serait caractéristique des corps inflammables. Dans cette vue imaginaire, la flamme est considérée comme un phénomène de portée essentielle dont l'évidence immédiate masque la réalité substantielle. À la suite de Becher, Stahl postule l'existence, dans tout corps combustible, d'un principe, le phlogiston, qui serait libéré avec la flamme. Les corps, tel le charbon de bois, qui brûlent sans laisser de résidu appréciable, étaient supposés les plus riches en phlogistique, contrairement aux corps comme les métaux dont la calcination abandonne un important résidu de chaux. L'expérience attestait qu'on pouvait reformer les métaux par chauffage de leur chaux intimement mêlée à du charbon de bois ; la chaux étant ainsi convertie, on trouvait dans ce fait un fondement expérimental à la théorie qui assignait une circulation du principe de l'inflammabilité dans l'ensemble des substances. Cette théorie demeura d'abord confinée dans les cercles germaniques. Longtemps on en fit peu de cas en Grande-Bretagne et elle ne pénétra que tardivement en France, où les chimistes de l'Académie s'obstinaient à l'analyse des cendres végétales ou à spéculer sur l'affinité. Ce n'est qu'après 1742 que la théorie sera popularisée par les conférences de Rouelle au Jardin royal des plantes, à Paris, où elle ne tardera pas à être renversée par la « chimie française ».

L'une des grandes difficultés que rencontrait la théorie du phlogistique consistait dans l'interprétation d'un phénomène constant anciennement remarqué, l'augmentation du poids des métaux par calcination. Jean Rey avait déjà proposé des explications de ce fait dans ses Essays de 1630. Pour rendre compte du phénomène, on alla par la suite ju [...]

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Élisabeth GORDON, Jacques GUILLERME, Raymond MAUREL, « CHIMIE - Histoire », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 juillet 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/chimie-histoire/