BROUILLARDS

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Le brouillard est une suspension de très petites gouttelettes d’eau recouvrant les paysages sous la forme d’un voile, le plus souvent blanchâtre, qui réduit fortement la visibilité. Il tend à être grisâtre lorsqu’il est peu dense, et à prendre une faible coloration lorsqu’il est associé à des particules de poussière ou de fumée. Son épaisseur verticale est comprise entre quelques mètres et plusieurs centaines de mètres. Lorsque la visibilité horizontale est supérieure à un kilomètre, on le qualifie de brouillard léger ou de brume. Quand la suspension est composée non pas de gouttelettes d’eau liquide mais de minuscules particules de glace, on a affaire à un brouillard glacé. D’autres phénomènes météorologiques qui se présentent sous forme de voiles de particules aqueuses ou solides en suspension réduisent fortement la visibilité près du sol et peuvent parfois être confondus avec le brouillard. Ce sont la chasse-neige, les embruns ou encore les lithométéores comme les vents de sable.

Symboles des phénomènes réduisant la visibilité près du sol

Tableau : Symboles des phénomènes réduisant la visibilité près du sol

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Quelle que soit sa nature, le brouillard fait partie des phénomènes météorologiques qui réduisent fortement la visibilité près du sol et affectent de nombreux secteurs d’activité comme les transports, qu’ils soient routiers, aéronautiques ou maritimes, la défense, le tourisme ou les activités de plein air. Il est la cause de nombreux accidents d’avion et de fréquentes perturbations de la circulation aérienne. Sur les routes, il provoque souvent des carambolages qui peuvent être catastrophiques et sont statistiquement deux fois plus meurtriers que les autres types d’accidents. Plusieurs milliers de personnes meurent ainsi chaque année des conséquences de la faible visibilité due aux brouillards. Dans les zones urbaines et industrielles, lorsque les gouttelettes de brouillard réagissent chimiquement avec certains agents de pollution présents dans l’air, le brouillard qui se forme est dit brouillard de fumée, brouillard enfumé ou encore « smog », terme qui résulte d’une contraction des mots anglais smoke (« fumée ») et fog (« brouillard »). Ce phénomène, particulièrement nocif pour la santé et l’environnement, aurait provoqué, directement ou indirectement, la mort de quelques dizaines de personnes en 1930 à Engis, en Belgique, et de près de 12 000 personnes en décembre 1952 à Londres, selon une évaluation rétrospective publiée en 2004.

Composition et formation des brouillards

Les gouttelettes observées dans les brouillards, comme les cristaux observés dans les brouillards glacés, ont un diamètre généralement compris entre quelques micromètres et quelques dizaines de micromètres (c’est-à-dire qu’il faudrait en mettre quelques centaines côte à côte pour atteindre une longueur d’un millimètre). Leur concentration est le plus souvent comprise entre 100 et 500 par centimètre cube d’air, à peu près le volume d’un dé à coudre. Gouttes et cristaux se forment dans les régions de l’atmosphère où l’humidité relative devient suffisamment élevée pour qu’un nombre important de molécules de vapeur d’eau puisse s’agglomérer sur des poussières et aérosols en suspension. On dit alors que la vapeur est sursaturée. Les poussières et les aérosols qui favorisent ainsi la formation de gouttelettes sont appelés « noyaux de condensation ». Ils sont d’autant plus efficaces qu’ils sont constitués de corps hydrophiles, par exemple les particules salines générées par les embruns au-dessus des océans et les particules de combustion, les oxydes de soufre ou d’azote présents dans les régions polluées. Certains aérosols solubles commencent à absorber des molécules d’eau à des humidités relatives légèrement inférieures à 100 p. 100 et peuvent donner naissance à des brumes constituées de minuscules particules de solution. Cependant, la formation de gouttelettes de brouillard nécessite la présence d’humidité relative supérieure à 100 p. 100.

Les gouttelettes d’eau qui composent les brouillards pouvant rester liquides jusqu’à des températures très inférieures à 0 0C, les brouillards glacés ne concernent que les régions les plus froides du globe comme l’Alaska ou la Sibérie. Ils se forment habituellement par temps clair, calme et stable, avec des températures inférieures à – 30 0C, lorsque de la vapeur d’eau, résultant principalement d’activités humaines ou de sources d’eau chaude, s’introduit dans l’atmosphère et se condense en gouttelettes qui se congèlent rapidement. Les particules de glace qui en résultent n’ont pas de forme cristalline bien définie. Leur diamètre varie le plus souvent entre 2 et 30 micromètres, mais ne dépasse pas quelques micromètres lorsque la température descend en dessous de – 40 0C. Ce type de brouillard réduit en général très fortement la visibilité.

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Symboles des phénomènes réduisant la visibilité près du sol

Symboles des phénomènes réduisant la visibilité près du sol
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Formation d’un brouillard préfrontal

Formation d’un brouillard préfrontal
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Gloire et spectre de Brocken

Gloire et spectre de Brocken
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Jean-Pierre CHALON, « BROUILLARDS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/brouillards/