KNAPPERTSBUSCH HANS (1888-1965)

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Chef d'orchestre allemand formé dans la tradition wagnérienne de Bayreuth, dont il était l'un des derniers détenteurs en ligne directe.

Hans Knappertsbusch

Photographie : Hans Knappertsbusch

Le chef d'orchestre allemand Hans Knappertsbusch (1888-1965), ici en 1937, marquait une préférence, dans son répertoire, pour Wagner et Bruckner. 

Crédits : Hulton Getty

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Né à Elberfeld, le 12 mars 1888, il fait des études de philosophie à Bonn avant de s'orienter vers la musique : il travaille avec Fritz Steinbach et Otto Lohse au Conservatoire de Cologne (1908-1912). Il obtient un premier poste de chef d'orchestre à Mülheim (1910-1912) qui lui permet, chaque été, de travailler à Bayreuth comme assistant de Hans Richter et de Siegfried Wagner. Il dirige ensuite à Bochum (1912-1913). En 1914, au cours d'un festival Wagner organisé aux Pays-Bas, il est le premier chef allemand à diriger intégralement Parsifal en dehors de Bayreuth. Il est ensuite Operndirektor à Elberfeld (1913-1918), premier chef à l'Opéra de Leipzig (1918-1919) et directeur général de la musique au Friedrich Theater de Dessau (1919-1922). Puis il est nommé directeur général de la musique à l'Opéra de Munich, où il succède à Bruno Walter (1922-1936) et s'impose, en quelques années, comme l'une des principales figures de l'école allemande. Malgré la notoriété qu'il avait alors acquise, il dirige assez peu à l'étranger. Démis de ses fonctions à cause de ses positions antinazies, il accepte quelques invitations dans les pays latins et en Grande-Bretagne (il dirige Salomé à Covent Garden en 1937). Il est ensuite l'adjoint du directeur de l'Opéra de Vienne, Erwin Kerber (1937-1945), succédant à nouveau à Bruno Walter. Il dirige régulièrement les concerts de l'Orchestre philharmonique, mais il entre à nouveau en conflit avec le régime. Après la guerre, il mène une carrière de chef invité, notamment à la tête de l'Orchestre philharmonique de Vienne et au festival de Salzbourg (1947-1950, puis 1954-1955). En 1954, il accepte de reprendre la direction musicale de l'Opéra de Munich, mais démissionne aussitôt devant la lenteur des travaux de reconstruction. À Bayreuth, il dirige notamment une série de représentations mémorables de Parsifal (presque sans interruption entre 1951 et 1964) et de La Tétralogie. À l'Opéra de Paris, il dirige assez régulièrement entre 1955 et 1960. Il meurt à Munich, le 25 octobre 1965.

Knappertsbusch incarnait une certaine idée de noblesse et de majesté qui s'épanouissait surtout dans une fosse d'opéra. Refusant tout succès personnel, il poussait à l'extrême la fidélité au texte et à la tradition. Il répétait assez peu, mais son magnétisme et son expérience lui donnaient une emprise étonnante sur les musiciens, transformant chaque représentation en un véritable événement. Cette approche de la direction s'adaptait difficilement aux impératifs du disque, aussi ses enregistrements en studio reflètent-ils assez mal la force de sa personnalité. Il possédait notamment un sens dramatique intense, qui lui permettait de soutenir des mouvements généralement très lents sans perdre le fil du discours musical ni donner une impression de longueur ; il parvenait même parfois à reléguer au second plan certaines imprécisions qui, malheureusement, sont présentes dans les enregistrements de ses concerts. Dans son répertoire — dont étaient exclus Rossini et la musique française —, la musique allemande occupait une place prépondérante, avec une prédilection pour Wagner et Bruckner ; il ne dirigea qu'une fois Le Sacre du printemps.

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Écrit par :

  • : chef d'orchestre, musicologue, producteur à Radio-France

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Pour citer l’article

Alain PÂRIS, « KNAPPERTSBUSCH HANS - (1888-1965) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/hans-knappertsbusch/