SOCIALISTES ART DANS LES PAYS

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Le cinéma

Les origines soviétiques

Un cinéma socialiste n'a vraiment de sens que dans une société socialiste, où tous les moyens de production et de distribution sont dans les mains de l'État, où la recherche du profit n'est pas le but premier de l'industrie cinématographique. Longtemps, l'Union soviétique a été le seul pays où ces conditions se trouvaient remplies. Elle connut son heure de gloire dans les années 1920, quand, parallèlement aux recherches entreprises dans tous les domaines de l'expression artistique, le cinéma soviétique, avec Eisenstein, Poudovkine, Dovjenko, Dziga Vertov, se situa à l'avant-garde du cinéma mondial.

Eisenstein

Photographie : Eisenstein

Photographie

Le réalisateur russe Serge Mikhaïlovitch Eisenstein (1898-1948) dans les studios de la Paramount, à Hollywood, en 1939. 

Crédits : Hulton Getty

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À la fin de la Seconde Guerre mondiale surgissent les régimes socialistes dans l'est de l'Europe. L'influence alors prépondérante en Union soviétique est celle du « réalisme socialiste » qui, en rupture complète avec les recherches des années 1920, témoigne du souci de mettre à la portée du plus large public des histoires simples, à forte dominante manichéenne, aux contrastes élémentaires. L'œuvre type de cette période reste La Chute de Berlin (Padenie Berlina) de Mikhaïl Tchiaourelli, épopée en couleurs sur le dernier épisode de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Un Staline omniscient préside imperturbablement aux destinées du peuple soviétique et de l'Armée rouge. Quand, l'armistice signé, il arrive en Allemagne et descend d'un avion soviétique tout de blanc vêtu, c'est un mélange de Dieu le Père et du Saint-Esprit (le costume blanc ajoute à la confusion) qui s'avance vers les travailleurs étrangers déportés éperdus d'admiration. André Bazin, dans une étude célèbre sur le mythe de Staline, analysant deux autres films de cette période, Le Serment (Kljatva, du même Tchiaourelli, 1946) et La Bataille de Stalingrad (Stalingradskaja Bitva, de Vladimir Petrov, 1949), a dégagé admirablement la charge historique contenue dans ces œuvres édifiantes où, plus que dans des pièces de théâtre ou des livres, se refléta l'arbitraire d'une époque.

Dans les démocraties populaires

Tout naturellement, après l'avènement des diverses démocraties populaires, [...]


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Trois Figures féminines, K. Malévitch

Trois Figures féminines, K. Malévitch
Crédits : AKG

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La Construction des nouveaux ateliers, A. Deïneka

La Construction des nouveaux ateliers, A. Deïneka
Crédits : Droits réservés

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Festivités du 1er mai: Lénine à la tribune, I. Brodsky

Festivités du 1er mai: Lénine à la tribune, I. Brodsky
Crédits : RIA Nowosti/ AKG

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Lénine dans l'Institut Smolny, I. Brodsky

Lénine dans l'Institut Smolny, I. Brodsky
Crédits : AKG

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Écrit par :

  • : agrégé des lettres classiques et docteur ès lettres, ancien élève de l'École normale supérieure, professeur à l'université de Paris-X-Nanterre
  • : critique de cinéma au journal Le Monde
  • : professeur titulaire de musicologie

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Pour citer l’article

Robert ABIRACHED, Louis MARCORELLES, Jean-Jacques NATTIEZ, « SOCIALISTES ART DANS LES PAYS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/art-dans-les-pays-socialistes/