ALTMAN NATHAN (1888-1970)

Artiste soviétique. Après des études au collège artistique d'Odessa (1903-1907), Altman part en 1910 pour Paris, où il découvre le cubisme. Il rentre dès 1911 en Russie et s'installe à Saint-Pétersbourg, foyer de l'avant-garde russe. Sans se rallier totalement à un mouvement précis, il participe parallèlement aux manifestations du Monde de l'art et de l'Union de la jeunesse, défendant très honorablement son titre de cubiste chez les premiers, mais largement dépassé, chez les seconds, par les extrémistes du suprématisme, comme en témoigne son Portrait d'Anna Akhmatova (1914). À l'avènement de la révolution bolchevique, Altman répond immédiatement à l'appel de Lounatcharski. Commence alors la période la plus originale de sa vie. Il dirige le département de l'Art du Commissariat de l'éducation du peuple avec Chterenberg, Maïakovski, Meyerhold. Il abandonne la peinture de chevalet et consacre son art à la cause de la révolution : il participe à la décoration de Petrograd lors du premier anniversaire de la révolution d'Octobre (décoration de la place du palais d'Hiver avec des constructions futuristes et cubistes), enseigne dans les Ateliers libres venus remplacer l'Académie des beaux-arts, dessine toute une série de projets d'emblèmes, de sceaux, de timbres-poste ; on lui doit également un grand nombre de « porcelaines révolutionnaires ». Sa qualité d'artiste révolutionnaire est si bien reconnue que Lénine accepte en 1920 de poser pour lui. Altman léguera ainsi toute une série d'esquisses et un buste de Lénine, qui apparaissent aujourd'hui pour le public de l'ex-U.R.S.S. comme l'essentiel de son œuvre. En 1921, Altman est invité par Granovski à appliquer son art au décor de théâtre. Cette activité s'intensifiera à partir de 1924, après la création du Théâtre juif d'État. En 1928, Altman part pour Paris et y reste jusqu'en 1935, sans pour autant rompre avec l'U.R.S.S. Il se remet à la peinture de chevalet et se lie avec Léger et Lurçat. À son retour à Leningrad, après une exposition au cours de laquelle il est taxé de « représentant de l'école de Paris », Altman abandonne définitivement la peinture de chevalet pour se consacrer au décor de théâtre et de cinéma et à l'illustration de livres.

La fin de la vie d'Altman est couronnée en 1969 par une exposition rétrospective de son œuvre à Leningrad, où apparaissait clairement la période la plus originale de sa carrière, celle de l'artiste révolutionnaire des années vingt.

—  Anatole KOPP

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  • : architecte honoraire, professeur à l'université de Paris-VIII

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Pour citer l’article

Anatole KOPP, « ALTMAN NATHAN - (1888-1970) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 août 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/nathan-altman/