MUNK ANDRZEJ (1921-1961)

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L'un des trois cinéastes les plus importants de l'école polonaise d'après-guerre avec Wajda et Kawalerowicz. La guerre ayant contrarié sa vocation d'ingénieur, Andrzej Munk devient militant socialiste dans la clandestinité. Peu après la fin des hostilités, il entre à l'École de cinéma de Lodz, en section « prise de vue » et « mise en scène ». En 1949, il y réalise son film de fin d'études, L'Art des jeunes (Sztuka Mlodych). Engagé alors aux Studios de films documentaires (W.E.D.), il y réalise plusieurs courts métrages de reportages conformes à l'optimisme de commande : Les Mémoires des paysans (Pamietniki Chlopow) et La Parole de cheminot (Kolejarskie Slowe, 1953). Puis, en collaboration avec son ami Witold Lesiewicz, il fait son premier long métrage, Les étoiles doivent briller (Gwizdy musza plonae, 1954), semi-documentaire sur le travail minier ; l'année suivante, La Croix bleue (Blekctny Krzyz) retrace un épisode de l'occupation en Slovaquie.

Munk rencontre ensuite le scénariste Stawinski (auteur, la même année, du script de Kanal de Wajda) et il collaborera avec lui. C'est d'abord Un homme sur la voie (Czlowiek na Torze, 1956), critique humaniste du stalinisme, encore assez marquée par l'esthétique du néo-réalisme, puis surtout Eroïca (1957), qui retrace deux épisodes cruels de la destruction du ghetto de Varsovie. Mais Munk ne s'abandonne jamais au lyrisme : ses personnages sont médiocres, très loin de la « positivité » prônée par l'art officiel, et son ton toujours caustique, ce qui valut au film un accueil critique souvent excellent (il obtint le prix de la critique polonaise), mais aussi parfois indigné. Après De la veine à revendre (Zezwate szezescie, 1951), drame grinçant dans l'esprit du précédent, il entame la réalisation de son film le plus personnel, La Passagère (Pasazerka, 1961-1963), qui évoque une rencontre dans le camp de concentration d'Auschwitz. Munk se proposait d'aborder, dans toutes ses dimensions, la question de la responsabilité des criminels de guerre ; après sa mort accidentelle, Lesiewicz a monté les séquences tournées.

—  Jean-Louis COMOLLI

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Dans le chapitre « Le cinéma polonais »  : […] Le cinéma polonais est le premier à donner le ton. Andrzej Munk, avec Un homme sur la voie ( Czlowiek na torze , 1955), Andrzej Wajda, avec Générations ( Pokolenie , 1954) et Kanal (1956), dépassent les conventions du fameux « réalisme socialiste  : Munk en mettant l'accent sur une avent […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/art-dans-les-pays-socialistes/#i_41553

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Jean-Louis COMOLLI, « MUNK ANDRZEJ - (1921-1961) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/andrzej-munk/