SCHÖNBERG ARNOLD

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La période américaine

Il passe son premier hiver américain entre Boston et New York, où se trouvent ses deux postes d'enseignant, mais il ne supporte pas le climat, et dès l'automne de 1934 il s'installe sous des cieux plus cléments, à Los Angeles, où il sera nommé professeur de composition à l'université de Californie (U.C.L.A.) en 1936. Cette année-là, après quatre années de création plus détendue (dont datent cependant les œuvres tonales, savoureuses et trop peu connues, que sont la Suite en sol et les deux Concertos d'après Monn et Haendel, ce dernier une manière de chef-d'œuvre), il achève deux des pages maîtresses du dodécaphonisme « classique » : le Quatrième Quatuor et le Concerto pour violon. Fixé à Hollywood, il se lie d'amitié avec Gershwin, son partenaire au tennis, dont il admire beaucoup la musique, et il acquiert la citoyenneté américaine en 1941. Il alterne à présent les œuvres tonales et dodécaphoniques, achevant même sa Deuxième Symphonie de chambre trente-trois ans après l'avoir commencée. Un certain académisme se fait jour parfois, cependant que la frontière entre tonal et atonal (l'alternative si comiquement posée dans la deuxième des Satires de 1926 !) s'estompe : l'Ode à Napoléon, ou même le Concerto pour piano, dodécaphoniques, sont moins dissonants et moins tendus que les Variations pour orgue, qui sont tonales.

Atteint par la limite d'âge, Schönberg est mis à la retraite en 1944, avec une pension dérisoire ; alors que sa santé se dégrade fortement, il doit continuer à donner des leçons particulières pour survivre. Le 2 août 1946, crise cardiaque très grave, et même presque fatale : cliniquement mort pendant une minute ou deux, il ne « ressuscite » que grâce à une piqûre en plein cœur. Cette résurrection est foudroyante : quelques semaines plus tard, il a achevé le chef-d'œuvre de sa vieillesse, peut-être même son chef-d'œuvre tout court : le prodigieux Trio à cordes opus 45, son ouvrage le plus audacieux et le plus « avancé », retrouvant la flamme révolutionnaire de sa jeunesse. Depuis 1923, il n'ava [...]

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Pour citer l’article

Harry HALBREICH, « SCHÖNBERG ARNOLD », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/arnold-schonberg/