NEGRI ANTONIO (1933- )

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Philosophe italien. Né en 1933 à Padoue, Antonio Negri est d'abord militant de l'Action catholique avant d'adhérer en 1956 au Parti socialiste italien, où il restera jusqu'en 1963. Par la suite, il occupe une place importante dans des organisations de la nouvelle gauche italienne telles que Potere operaio et Autonomia operaia, et collabore à de nombreuses publications liées à ces courants telles que Quaderni Rossi, Classa operaia, Contropiano et Rosso. Simultanément, il travaille comme professeur de théorie de l'État à l'université de Padoue, où il se fait le théoricien et l'activiste de « l'autre mouvement ouvrier », de « l'auto-valorisation prolétarienne », de « l'autonomie ouvrière » sans médiation syndicale ni partisane. Arrêté en 1979 à la suite de l'assassinat d'Aldo Moro par les Brigades rouges, il est accusé d'« association subversive » et d'« insurrection armée contre les pouvoirs de l'État ». Après quatre ans de prison préventive qui n'aboutissent à aucun procès, il est élu député dans le Parti radical de Mario Panella, ce qui lui permet de bénéficier de l'immunité parlementaire. À l'automne de 1983, alors que celle-ci va être révoquée, il s'enfuit à Paris où il vivra durant quatorze années, enseignant à l'université de Paris-VIII et au Collège international de philosophie. À l'été de 1997, il décide de rentrer en Italie, où il est immédiatement arrêté et incarcéré à la prison de Rebibbia. Pour Negri, « on peut être aussi libre en prison qu'en dehors d'elle. La prison n'est pas un manque de liberté, de même que la vie n'est pas la liberté – tout au moins la vie des travailleurs ». Dans son esprit, cette seconde incarcération devait être une incitation à trouver une solution pour des centaines de personnes exilées ou en prison à cause des activités politiques conduites dans les années 1960 et 1970. Pourtant, la page ne fut pas tournée, et l'amnistie que quelques-uns attendaient n'eut pas lieu. Soumis par la suite aux arrêts domiciliaires Antonio Negri retrouva la liberté à [...]

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Pour citer l’article

Victor Manuel MONCAYO, « NEGRI ANTONIO (1933- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/antonio-negri/