Inspiratrice, puis créatrice des grandes œuvres pour piano d'Olivier Messiaen, dont elle était devenue la femme, Yvonne Loriod fut aussi l'une des plus grandes pédagogues du piano de son temps.
Yvonne Loriod naît à Houilles (aujourd'hui dans les Yvelines) le 20 janvier 1924, et commence très jeune ses études musicales. À l'âge de quatorze ans, elle donne chaque mois, dans le salon de sa marraine, Nelly Eminger-Sivade, qui est son premier professeur de piano, un récital comportant une œuvre classique, une œuvre romantique et une œuvre moderne. Elle se forge ainsi très rapidement un répertoire considérable, qui compte déjà, alors qu'elle n'a que quatorze ans, le Clavier bien tempéré de Bach, les trente-deux sonates de Beethoven, l'œuvre intégral de Chopin et les vingt-deux concertos de Mozart. Au Conservatoire de Paris, où elle remporte sept premiers prix, elle est l'élève de Lazare Lévy, d'Isidor Philipp et de Marcel Ciampi pour le piano, de Joseph Calvet pour la musique de chambre, d'Abel Estyle pour l'accompagnement, de Simone Plé-Caussade pour la fugue, d'Olivier Messiaen pour l'analyse et de Darius Milhaud pour la composition. Dans la classe de Messiaen, elle côtoie de très nombreux jeunes compositeurs qui ne vont pas tarder à s'épanouir, notamment Pierre Boulez. Elle travaille Debussy, Ravel, Schönberg et Bartók. Alors qu'elle est encore élève au Conservatoire, elle crée les Visions de l'Amen, de Messiaen, qui lui sont dédiées (1943), puis les Vingt Regards sur l'Enfant-Jésus (1945). Elle partage alors la vie d'Olivier Messiaen, mais ils ne se marieront qu'en 1961, après la mort de la première femme de Messiaen, Claire Delbos, atteinte d'une maladie incurable.
En 1945, Yvonne Loriod joue pour la première fois en France le Deuxième Concerto pour piano de Bartók, qu'elle apprend en seulement huit jours. Sa carrière se développe dans le monde entier et elle s'impose comme la championne de la nouvelle musique française de l'époque. Le 2 décembre 1949, elle se produit pour la première fois aux États-Unis, pour la création de la Turanga […]
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