Le compositeur Serge Nigg fut l'un des premiers propagateurs en France de la technique dodécaphonique stricte enseignée par René Leibowitz. Plus tard, ses convictions politiques l'ont guidé vers une musique accessible à tous.
Serge Nigg voit le jour à Paris le 6 juin 1924 et s'oriente assez jeune vers la musique, qu'il travaille avec Ginette Martenot. Au Conservatoire de Paris, qu'il fréquente de 1941 à 1945, il étudie l'harmonie avec Olivier Messiaen, le contrepoint et la fugue avec Simone Plé-Caussade. Son poème symphonique Timour est créé en 1944 par l'Orchestre national sous la direction de Roger Désormière. Il travaille ensuite la composition en privé avec René Leibowitz (1946-1948) et devient l'un des pionniers du dodécaphonisme en France. Ses Variations pour piano et dix instruments (1947) sont considérées comme la première œuvre française en la matière. Sa période strictement sérielle n'est pas très longue. Serge Nigg appartient au Parti communiste et ses convictions comme les directives du Parti l'incitent à s'orienter vers une musique plus facile d'accès. C'est l'époque où, en U.R.S.S., Jdanov remet dans le droit chemin du réalisme socialiste tous les créateurs qui s'éloignent de cet idéal populaire. En 1949, Nigg forme, avec Louis Durey, Charles Koechlin, Elsa Barraine, Georges Auric, Jean Wiéner et Roger Désormière, l'Association française des musiciens progressistes, afin de défendre les principes du réalisme socialiste en musique en évitant le piège d'une démarche trop intellectuelle. Plusieurs de ses œuvres s'inscrivent dans cette ligne : l'oratorio Le Fusillé inconnu, sur un texte de François Monod (1949), et Pour un poète captif, poème symphonique pour la libération d'un poète turc dissident, Nāzim Hikmet, emprisonné pour ses opinions politiques (1950).
Les racines françaises de Serge Nigg reprennent le dessus dans une musique marquée par le raffinement sonore, le sens des formes et la clarté du discours. En 1954, il compose son Premier Concerto pour piano, que crée Pierre Barbizet, sui […]
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