Musicien aux multiples facettes – il est compositeur, professeur de composition, pianiste, chef d'orchestre et ardent animateur de la vie musicale contemporaine –, le Britannique George Benjamin est très vite reconnu comme l'un des créateurs les plus talentueux et les plus prometteurs de sa génération : il devient en août 1980, à vingt ans, le plus jeune compositeur à être joué aux célèbres Promenade Concerts – les « Proms » – de la B.B.C., avec sa pièce pour orchestre Ringed by the Flat Horizon, reçue triomphalement par le public et la critique.
George William John Benjamin, né le 31 janvier 1960 à Londres, étudie le piano dès l'âge de sept ans et écrit ses premières pages alors qu'il n'a que neuf ans. Il se perfectionne au Conservatoire national supérieur de musique de Paris (1976-1978), dans les classes d'Olivier Messiaen (composition) et d'Yvonne Loriod (piano), puis suit les cours de composition d'Alexander Goehr au King's College de Cambridge (1978-1982). Polymorphe, son œuvre, constamment renouvelée, reflète les influences de Messiaen et de Goehr, mais aussi celles d'Alban Berg, d'Henri Dutilleux, de György Ligeti, de Pierre Boulez, de la musique spectrale et même du jazz. Benjamin s'est en revanche toujours tenu à l'écart de la technique sérielle.
Les œuvres qui le font découvrir en France – A Mind of Winter, pour soprano et orchestre (1981), et At First Light, pour orchestre de chambre de quatorze instrumentistes (1982) –, toutes deux inspirées par la peinture de Turner, témoignent déjà d'une étonnante maturité par leur orchestration, toute transparente et délicate en ses moirages de tons ; elles évoquent un autre Benjamin – Britten –, mais évitent avec élégance de tomber dans l'imitation où le néo-classicisme ; leur harmonie impressionniste subtile, séduisante, emplie de sensualité et colorée de modalité atteste de l'influence de Messiaen. Ces qualités étaient déjà présentes dans ses premières œuvres de musique de chambre – Altitude, pour ensemble de cuivres (1977), Octet, pour flûte, clarin […]
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