7. La déflation
Jusqu'à la fin des années 1980, la croissance japonaise, au rythme de 4 p. 100 l'an, semble ne jamais devoir s'arrêter. Mais en accroissant la richesse relative des Japonais, la nouvelle opulence favorise des comportements d'investissement peu rentables. La très forte appréciation du yen se conjugue avec la libéralisation des échanges mondiaux et, bientôt, elle favorise les exportations de nouveaux concurrents, notamment asiatiques (Corée, Hong Kong, Taïwan, Chine). Un retard dans la perception de ces changements freine la croissance à 1 p. 100 seulement en moyenne à partir du milieu des années 1990, et favorise la formation d'une bulle spéculative. La myopie des acteurs économiques est générale et, lorsque la Banque du Japon porte le taux d'escompte de 2,5 p. 100 en avril 1989 à 6 p. 100 en août 1990, et qu'elle impose des restrictions quantitatives sur le crédit pour corriger l'emballement spéculatif, la bulle éclate.
L'indice Nikkei des valeurs boursières chute de 40 p. 100 en 1990, le prix des actifs financiers immobiliers s'effondre en 1991, et le poids, en termes réels, de la dette contractée pour financer les investissements s'alourdit à mesure que la valeur des titres qui garantissent ces prêts se déprécie. Les défaillances de promoteurs immobiliers et de marchands de biens font s'accumuler dans les banques les créances douteuses et irrécouvrables. La récession s'installe en 1992 et l'économie entre dans une phase de déflation persistante. Dès 1993, la Banque du Japon assouplit sa politique monétaire en abaissant progressivement le taux d'intérêt nominal de 3,25 p. 100 à 0 p. 100 (zero interest rate policy). À part une remontée à 0,25 p. 100 entre août 2000 et janvier 2001, ce taux revient à 0 p. 100 en mars 2001, grâce à une nouvelle politique d'augmentation des liquidités mises à la disposition des banques (quantitative easing policy), dans l'espoir de voir ces dernières offrir des crédits à l'économie et de sortir de la trappe monétaire où les encaiss […]
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