Le mot crédit est en usage dans des domaines très divers : commerce, comptabilité, banque, législations financière, fiscale et pénale, droit des affaires, sciences morales, politiques et économiques. Toutes les acceptions, cependant, restent fidèles à l'étymologie latine : credere, faire crédit, c'est toujours faire confiance, autrement dit fonder un comportement sur une certaine représentation de l'avenir. La confiance a le temps pour mesure : qu'il s'agisse pour un banquier de consentir un prêt à un client, pour un fournisseur d'accorder un délai de paiement ou, pour un fonctionnaire, d'engager une dépense publique, brève ou longue, la durée du crédit est par définition limitée.
Le plus souvent, il s'agira de prêt d'argent, le terme de crédit désignant aussi bien les opérations consistant à prêter des fonds que les établissements se livrant à ce type d'activité. L'essentiel des développements qui suivent sera donc consacré au crédit bancaire. On n'oubliera pas pour autant une autre forme de prêt, particulièrement développée en France, le crédit interentreprises.
1. Origine du crédit moderne
Le crédit trouve ses origines lointaines aux sources de la civilisation, car son existence est indispensable à l'étalement dans le temps des échanges de biens ou de services que requiert la vie d'une société même rudimentaire. Sa distribution, sous une forme plus élaborée, semble avoir été d'abord le fait de prêtres et de grands propriétaires terriens des pays du Proche-Orient, et elle fut notamment réglementée par le code d'Hammourabi au début du IIe millénaire avant notre ère. Peu à peu, elle devait donner lieu à la création d'entreprises spécialisées, les banques, dont on trouve la trace dans plusieurs pays quelques siècles avant Jésus-Christ.
Exercé au Moyen Âge surtout par des usuriers, des juifs, des Lombards, et condamné par les théologiens, le commerce de banque prend un nouvel essor lorsque les échanges se développent à la suite des grandes découvertes. Les principaux banquiers deviennent alors […]
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