Ergodique vient du mot grec ἔργον qui signifie travail. C'est en effet d'un problème de mécanique que la théorie ergodique est issue. À l'origine se trouve une hypothèse de la théorie cinétique des gaz, audacieusement posée par L. Boltzmann en 1885, qui permettait aux physiciens de résoudre une difficulté liée à l'étude des systèmes mécaniques à un très grand nombre de particules. L'importance de cette hypothèse, confirmée expérimentalement dans de nombreux cas, conduisit les mécaniciens à en chercher une justification théorique et ce sont les diverses tentatives faites dans cette voie qui marquent les débuts de la théorie ergodique.
Après les résultats fondamentaux, obtenus par J. von Neumann et G. D. Birkhoff en 1931 à quelques semaines d'intervalle, la théorie ergodique s'est développée au sein de la mathématique dans des directions diverses : analyse fonctionnelle et théorie des groupes ; calcul des probabilités et plus précisément processus markoviens ; théorie de l'information, etc. Les méthodes ergodiques ont permis d'exposer différemment certains problèmes et de donner des prolongements nouveaux à ces branches de la mathématique. L'étude de la théorie ergodique suppose la connaissance de la théorie de la mesure.
1. Le modèle de Poincaré et l'hypothèse ergodique
Pour expliquer l'hypothèse ergodique, il est commode d'avoir recours à un modèle très simple imaginé par H. Poincaré. Supposons un liquide en mouvement stationnaire dans un récipient Ω de forme invariable et complètement rempli. Si une molécule du liquide occupe la position ω0 à l'instant 0 et ωt à l'instant t, on peut décrire le passage de l'instant 0 à l'instant t et, plus généralement, de l'instant s à l'instant s + t, au moyen d'une transformation ponctuelle θt opérant dans Ω, pour laquelle :



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