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ABEL PRIX

Le prix international Abel pour les mathématiques, décerné depuis 2003, est la plus haute distinction dans cette science.

Oscar II, roi de Suède et de Norvège, avait proposé en 1902 d'instituer ce prix en l'honneur du mathématicien norvégien Niels Henrik Abel (1802-1829), mais cette idée avait été abandonnée en 1905 lors de la désunion des deux pays. Malgré l'institution de la médaille Fields, décernée pour la première fois en 1936 et qui fut longtemps la plus haute distinction mathématique, il n'y avait donc pas pour cette discipline, jusqu'en 2003, de prix d'une importance équivalente à celle des prix Nobel. Le gouvernement norvégien a décidé en 2001 de créer une fondation – officiellement installée le 1er janvier 2002 – à la mémoire de Niels Henrik Abel, dotée d'un fonds de 200 millions de couronnes norvégiennes (plus de 25,6 millions d'euros) afin de financer la remise annuelle d'un prix international de mathématiques d'un montant de 6 millions de couronnes (plus de 769 000 euros), décerné par l'Académie des sciences et des lettres de Norvège. L'Union mathématique internationale et la Société mathématique européenne ont appuyé cette décision.

Le prix Abel a été décerné pour la première fois le 3 avril 2003 au mathématicien français Jean-Pierre Serre, « pour son rôle central dans l'élaboration de la forme moderne de nombreux domaines des mathématiques, notamment la topologie, la géométrie algébrique et la théorie des nombres ».

Ont ensuite reçu le prix Abel :

– en 2004, le Britannique Michael Atiyah et l’Américain Isadore Manual Singer, « pour la découverte et la démonstration du théorème de l’indice d’Atiyah-Singer, qui unifie la topologie, la géométrie et l’analyse, et pour leur rôle déterminant dans l’établissement de nouvelles passerelles entre les mathématiques et la physique théorique » ;

– en 2005, l’Américain d’origine hongroise Peter D. Lax, « pour ses contributions novatrices à la théorie et à l’application des équations différentielles partielles et au calcul de leurs solutions » ;

– en 2006, le Suédois Lennart Carleson, « pour ses contributions profondes et déterminantes à l'analyse harmonique et à la théorie des systèmes dynamiques lisses » ;

– en 2007, l’Indien Sathamangalam Ranga Srinivasa Varadhan, « pour ses contributions fondamentales à la théorie des probabilités et en particulier à la création d’une théorie unifiée des grandes déviations » ;

– en 2008, l’Américain John Griggs Thompson et le Français Jacques Tits, « pour leurs profondes découvertes en algèbre et en particulier dans la formation de la théorie moderne des groupes ».

Jean-Marie PRUVOST-BEAURAIN

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