Philosophe, sociologue et musicologue allemand, Theodor Wiesengrund Adorno est né le 11 septembre 1903 à Francfort-sur-le-Main. (Au cours de l'émigration, il abandonna le patronyme Wiesengrund pour prendre le nom de sa mère, Adorno.) Il connaît une enfance très protégée entre un père juif, négociant prospère, une mère catholique, cantatrice d'opéra, et une tante également musicienne et passionnée de littérature. L'art, la musique seront son milieu d'enfance et d'adolescence. À partir de 1921, il fait ses études à l'université de Francfort, sous la direction de Hans Cornelius, néokantien atypique. C'est en 1922 qu'il fait la connaissance de Max Horkheimer et en 1923 celle, non moins décisive, de Walter Benjamin. Ces années sont le moment où Adorno va opérer un passage du néokantisme au marxisme non orthodoxe – celui de Lukács et de Karl Korsch. En 1924, il achève ses études en soutenant une thèse sur Husserl. Partagé entre deux vocations, la philosophie et la musique, il séjourne de 1925 à 1927 à Vienne. Là, il prend des leçons de composition auprès d'Alban Berg et commence une carrière de musicologue, sous le signe de la révolution dodécaphonique théorisée par Arnold Schönberg. En 1931, sous la direction de Paul Tillich, il soutient son habilitation sur Kierkegaard. Construction de l'esthétique. L'ouvrage sera publié en 1933. La même année, devenu Privatdozent, il prononce deux conférences qui seront déterminantes dans son trajet philosophique : Actualité de la philosophie et L'Idée d'histoire naturelle.
Ce n'est qu'en 1938 qu'Adorno quitte l'Allemagne, et, après un séjour à Oxford, rejoint Max Horkheimer et l'Institut de recherche sociale à New York. Il s'établit en Californie et de 1942 à 1944 écrit avec Horkheimer Dialectique de la raison (1947). Il participe à la série Studies on Prejudice et publie avec d'autres The Authoritarian Personality (1950). Au cours du séjour californien, il est également le « conseiller musical » de Thomas Mann, lors de la rédaction du Docteur Faustus (1947).
De retour en Allemagne avec Ho […]
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