Tout organisme vivant, unicellulaire ou pluricellulaire, est engagé dans une succession d'interactions avec son milieu. Ces interactions sont de deux types : d'une part, des échanges qui concernent l'énergie sous des formes diverses (chimique, électromagnétique, thermique, mécanique...) et dont on peut faire le bilan thermodynamique, et, d'autre part, des processus dans lesquels l'énergie fournie par le milieu joue uniquement un rôle de déclencheur et provoque, de la part de l'organisme, des dépenses qui sont prises en compte dans le bilan des échanges énergétiques. C'est ce second type d'interaction avec le milieu qui témoigne de ce que les auteurs classiques ont appelé l'irritabilité. Claude Bernard la définit comme « la propriété de réagir d'une certaine manière sous l'influence des excitants extérieurs ».
On passe de cette irritabilité diffuse, non sélective, à la sensibilité, à mesure que se différencient des récepteurs spécialisés et que, parallèlement, se développe la possibilité de réponses plus variées. Une des conditions de maintien d'une espèce étant l'adaptation de ses réponses aux variations du milieu, il s'ensuit que les organismes qui ont survécu et que l'on peut observer aujourd'hui sont ceux qui possèdent la possibilité de détecter, dans leur milieu, les stimuli capables de commander les réponses opportunes.
On envisagera d'abord l'aspect biologique du phénomène de sensibilité et l'on tentera de faire l'inventaire – jamais achevé – des propriétés du milieu qui peuvent déclencher les processus sensoriels ; ensuite, on analysera les mécanismes physiologiques mis en jeu, en considérant essentiellement les étapes périphériques, car les mécanismes d'intégration centrale relèvent plus du domaine de la perception que de celui de la sensation.
1. La sensibilité dans le monde animal
• La différenciation des récepteurs et l'apparition du système nerveux
Chez les Protistes du groupe des Amibes, on est plus près de l'irritabilité que de la sensibilité ; c'est toute la ce […]
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