La psychophysique peut être définie en première approche comme l'étude des relations entre les stimuli (ou excitants) et les sensations. L'origine de cette discipline, qui est une branche de la psychologie expérimentale, remonte à la publication du livre de G. T. Fechner Elemente der Psychophysik (1860). Ce physicien brillant avait des ambitions philosophiques et religieuses. Convaincu que la matière et l'esprit ne sont qu'une même réalité, il ne s'est pas contenté de développer cette conception panpsychique : il a voulu la fonder scientifiquement. Il a cru trouver ce fondement dans la découverte d'une loi générale entre excitants et sensations en laquelle il voyait l'expression de la relation entre les énergies physiques et les énergies psychiques. Il appelle la psychophysique la « science exacte des relations fonctionnelles ou relations de dépendance entre le corps et l'esprit ». Si son projet philosophique est aujourd'hui bien oublié, Fechner a ouvert un domaine de recherche qui est resté depuis lors extrêmement fécond. Il a, ce faisant, abordé un problème fondamental en psychologie, celui de la mesure : il a donné des solutions et développé des méthodes qui ont une très grande importance dans l'évolution de la psychologie expérimentale.
1. Mesure de sensation et notion de seuil chez Fechner
La psychophysique a soulevé immédiatement l'objection, développée par Bergson, James, Külpe, que la sensation, pas plus que n'importe quel autre élément de la vie psychologique, n'est quantifiable, mesurable. Cette dernière est un flux continu, indivis : quand on croit pouvoir le dissocier, c'est qu'en réalité on substitue au monde interne de la conscience le monde externe qui, lui, est analysable, décomposable. Dans cette perspective, la psychophysique n'est pas une mesure de la sensation, mais seulement une mesure du stimulus.
Fechner croit en la validité de l'introspection comme méthode d'étude des phénomènes psychologiques. Il ne pense certes pas, lui non plus, que l'on puisse mesurer directement l'in […]
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