2. Sanctuaires et rituels à Rome
Membres de la cité, d'un collège ou d'une famille, les dieux des Romains résident sur terre, au milieu du peuple des humains. Selon leur statut, les sanctuaires qui leur servent de demeures sont construits par le peuple romain ou par des particuliers sur des terres publiques ou privées, et offrent le cadre de leur vie sociale. Noyau de la pratique religieuse, ces relations entre hommes et dieux sont régies par des « traditions rituelles » (ritus romanus, graecus, etc.), qui structurent, à côté d'autres impératifs formels, l'aménagement des espaces cultuels.
Avant d'étudier la distribution et la fonction des lieux du culte, il convient de faire deux remarques préliminaires. Qu'appelle-t-on, d'abord, un sanctuaire dans la Rome ancienne ? D'un point de vue formel, un sanctuaire n'est pas nécessairement un bâtiment, ni d'ailleurs simplement un lieu ou un édifice occupés par une divinité. En effet, tout lieu public ou privé peut servir de sanctuaire, de lieu de culte, pour peu qu'il y ait des hommes pour célébrer les rites : souvent un espace purifié avec un autel permanent ou portatif suffit. Toutefois, reconnaître une présence divine, dresser un autel, une chapelle, un temple, et célébrer un culte ne revient pas pour autant à créer un lieu sacré. En termes romains, seuls sont sanctuaires les terrains ou bâtiments consacrés par un magistrat du peuple romain, ou à défaut, en vertu d'une loi, ou par ceux que le peuple a élus à cette fin. Si ces règles ne sont pas respectées, la consécration et la dédicace ne sont pas valables, et on peut disposer librement de l'objet ou du lieu en question. Ainsi un autel, une chapelle et un lit sacré, dédiés en 120 avant notre ère par une vestale « sans l'ordre du peuple », furent détruits (Cicéron, Sur sa maison, LIII, 136 sqq.). Bien entendu, tant qu'un sanctuaire privé n'empiète pas sur les terres du peuple romain et n'engage que la communauté qui l'a aménagé et le patronne, qu'il s'agisse d'un collège professionnel, […]
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