Théologien et philosophe allemand. La pensée de Troeltsch se forma, pendant ses années d'études à Erlangen et à Göttingen, au contact de l'idéalisme de Gustav Class, du leibnizianisme de H. Lotze, du moralisme d'A. Ritschl, de la rigueur philologique de P. de Lagarde. Après son habilitation en 1891 à Göttingen, il devient professeur de théologie systématique à la faculté de théologie protestante de Bonn (1892), puis de Heidelberg (1894). À partir de 1910, il donne également à Heidelberg un enseignement de philosophie, à une époque de sa vie où il subit fortement l'influence de Max Weber, son collègue et voisin. En 1915, il accepte la chaire de philosophie que lui offre l'université de Berlin. La guerre de 1914-1918 provoque en lui un intense conflit intérieur : Troeltsch est déchiré entre son patriotisme et son idéalisme chrétien. Après la guerre, les deux camps lui reprochent son attitude : regardé comme « traître à la patrie » par certains Allemands, il passe pour un « nationaliste » aux yeux de certains Anglais. À la fin de la guerre, Troeltsch s'engage néanmoins dans une certaine activité politique. Il est très lié avec H. Delbrück et F. Meinecke, exerce avec eux une certaine influence sur le chancelier Bethmann-Hollweg, coopère à la fondation du Parti démocrate allemand, est élu député au parlement prussien et accepte le poste de sous-secrétaire d'État au ministère des Affaires culturelles de l'État de Prusse. Il est l'ami de Rathenau et se montre profondément affecté par son assassinat en 1922. Troeltsch meurt d'une embolie pulmonaire au moment où il allait partir pour une tournée de conférences en Angleterre. Les « Spektator-Briefe », articles qu'il écrivit de 1918 à 1922 pour la revue Kunstwart, sont un précieux témoignage sur la situation politique, économique et spirituelle dans l'Allemagne de l'après-guerre.
L'œuvre et la pensée de Troeltsch sont extrêmement variées, « polymorphes », comme la vérité elle-même, selon sa propre affirmation (il entendait par là qu'il est inhér […]
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