3. Sectes et société dans le contexte contemporain
• Les multiples visages du protestantisme
Sur le continent européen, et notamment en France, l'instauration progressive de la liberté religieuse tout au long du xixe siècle a permis le développement de mouvements non conformistes, généralement de souche protestante, qui introduisaient une concurrence à la marge des grandes Églises. C'est contre ces mouvements, qualifiés de sectes par les Églises établies, et en premier lieu l'Église catholique, que des controverses sont apparues à la fin du xixe siècle.
Après la Seconde Guerre mondiale se sont manifestées à nouveau de vives polémiques contre ce qui était présenté par divers auteurs religieux comme une « offensive des sectes ». Étaient visés principalement les mennonites, les quakers, les baptistes, l'Armée du salut, les pentecôtistes ainsi que d'autres mouvements, d'origine américaine cette fois, qui se sont diffusés en France à la faveur de la reprise des relations avec le monde anglo-saxon après 1945 (mormons, adventistes, Témoins de Jéhovah, Science chrétienne).
La polémique contre les sectes se définissait alors essentiellement en termes de lutte sur le terrain doctrinal : l'Église catholique analysait les sectes sous l'angle de l'hérésie et de la fausse doctrine ; quant aux rationalistes et aux libres-penseurs, ils y voyaient la manifestation exacerbée d'un irrationalisme en germe dans toute religion.
Aujourd'hui, la plupart des mouvements ci-dessus évoqués sont rarement qualifiés de sectes dans le sens péjoratif indiqué plus haut : l'opinion publique se désintéresse d'eux et les grandes Églises – hors certains secteurs ultra conservateurs – ont peu ou prou admis la légitimité du pluralisme religieux. La seule exception notable à cette reconnaissance des « sectes anciennes » a été celle des Témoins de Jéhovah, mouvement dont l'expansion se poursuit (environ 200 000 fidèles en France aujourd'hui) et qui a été principalement attaqué pour son refus des transfusions sanguines et du service militaire.
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