5. Les sectes comme phénomène social
Dans le monde anglo-saxon, la recherche sur les sectes et les nouveaux mouvements religieux a donné lieu à une multitude de travaux, de nature psychologique ou sociologique en particulier. En France, les données établies restent beaucoup plus lacunaires en comparaison. Toutefois, plusieurs résultats apparaissent aujourd'hui étayés quand bien même l'interprétation générale à conférer au phénomène de la multiplication des sectes reste matière à large débat.
Au cours des années 1970, il était fréquent d'assimiler les sectes à des mouvements de jeunes, au point que, dans certains pays, on les qualifiait de « religions de jeunes ». On avait alors l'idée que les sectes, en particulier celles qui proposaient un mode de vie communautaire, étaient uniquement composées de jeunes à peine sortis de l'adolescence et supposés aussi idéalistes que malléables. La secte communautaire apparaissait à certains égards comme un sas de transition vers la vie adulte au sein d'une grande famille de substitution. Aujourd'hui, on estime que l'âge moyen d'entrée dans un groupe religieux minoritaire est nettement plus élevé (34-35 ans) et que nombre de membres s'avèrent d'âge tout à fait mûr. Ce fait résulte autant d'une meilleure connaissance du terrain que de l'évolution interne des groupes dans une conjoncture historique nouvelle.
Il en va de même en ce qui concerne le recrutement social, qui semble beaucoup plus diversifié qu'on ne l'imaginait précédemment. L'opinion ancienne, selon laquelle les personnes susceptibles d'être recrutées par les sectes étaient des marginaux ou des personnes en fragilité sociale s'est révélée très abusive : de fait, nombre d'adeptes de sectes (y compris celles qui ont sombré dans une folie meurtrière comme l'Ordre du temple solaire) sont des individus socialement favorisés et dotés d'une parfaite respectabilité sociale. Face à ce fait, il n'est plus possible de rapporter mécaniquement l'adhésion à une religion de type sectaire à u […]
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