2. La civilisation ancienne
• Les structures sociales
L'oligarchie paysanne
Sauf sur les fronts pionniers au peuplement très lâche (Lappland norvégien, Norrland suédois), l'ancienne société scandinave peut être définie comme une oligarchie de paysans riches. Même si la littérature vante plus volontiers le guerrier ou le Viking, le paysan propriétaire (bóndi, pluriel bændr) est l'assise de l'ordre social. Les Scandinaves, même s'ils participent à la vie politique, à l'activité maritime ou au commerce, sont d'abord des paysans.
Mais le sol et le climat n'autorisent souvent que certaines formes de vie agricole. Au Danemark et dans le sud de la Suède, la production céréalière domine et la forme de peuplement la plus courante est le village groupé ; au moins à partir du xie siècle, les contraintes collectives, notamment en matière d'assolement, y sont souvent très lourdes et rapidement aggravées par les exigences de la fiscalité royale ; presque partout existe une unité type d'exploitation agricole, le bol, qui rappelle le manse de l'Occident carolingien. En Norvège et dans la majeure partie de la Suède, le peuplement se disperse en hameaux ; les contraintes sont beaucoup moins sensibles et les activités principales sont, selon les lieux, la culture sur brûlis ou l'élevage, souvent transhumant ; fréquemment, la richesse d'une ferme s'évalue par sa production en beurre. En Islande dominent les fermes isolées et l'élevage ovin et laitier. Le long des côtes, la pêche est partout active ; la chasse constitue dans l'intérieur un appoint sensible.
Les terres les plus utiles et les plus anciennement exploitées sont détenues par les bændr selon un régime de pleine propriété héréditaire et à peu près inaliénable, l'ódhal, auquel ils sont très attachés. Les autres sont concédées, souvent en fermage, à de petits paysans. Pâtures et bois forment généralement des propriétés collectives du village ou du canton. Jusqu'au xiie siècle, une partie appréciable du travail peut être accomplie par des esclaves, la plupart […]
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