5. Portraits et images de dévotion
Après 1450, Van der Weyden produit une série assez impressionnante de portraits, formant souvent diptyque avec une représentation de la Vierge à l'Enfant. La conception de ce nouveau type de « portrait de dévotion » doit sans doute lui être attribuée. La qualité de ces diptyques reste très inégale et l'on peut supposer dans bien des cas l'intervention de l'atelier. Pourtant, plusieurs purs chefs-d'œuvre émergent, tel le portrait racé, aux accents courtois, de Francesco d'Este (Metropolitan Museum of Art, New York) ; ceux, plus vigoureux, de Philippe de Croy (musée des Beaux-Arts, Anvers), de Charles le Téméraire (Staatliche Museen, Berlin) et du grand bâtard Antoine de Bourgogne (Musées royaux des beaux-arts, Bruxelles) ; ou encore l'énigmatique jeune femme du panneau de Washington (National Gallery). Dans tous les cas, le peintre montre une nette tendance à l'idéalisation du modèle, généralement introverti. Les formes sont allongées, les visages assez peu modelés, tandis que dominent la ligne et la construction.
Peu après 1452, Van der Weyden peint un remarquable triptyque de dévotion privée commandé à la mémoire du Tournaisien Jean Braque (Louvre, Paris). Le Salvator Mundi, entre la Vierge et saint Jean l'Évangéliste au panneau central, rappelle les représentations italo-byzantines de la Déèsis.
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