3. Le duc et ses courtisans : commanditaires de Van der Weyden
Rogier Van der Weyden bénéficie de la présence, à Bruxelles, de la cour du duc de Bourgogne. Il travaille pour l'entourage ducal et réalise jusqu'en 1450 une série de grands retables dans lesquels se cristallise son style expressif, qui se développe en s'éloignant progressivement de l'héritage de Robert Campin et de Jan Van Eyck. Ce dernier, qui était le peintre attitré du duc, meurt en 1441. On peut imaginer que Van der Weyden, sans en avoir officiellement le titre, reprend la fonction. Le Retable des sept sacrements (Musées royaux des beaux-arts, Anvers) est un exemple typique de la production de cette époque. Réalisée pour l'évêque de Tournai Jean Chevrot, chef du Conseil ducal, la composition savante est un beau cas de production d'atelier, où les mains de différents assistants se trouvent sublimées par la touche finale du maître. Le Polyptyque du Jugement dernier de Beaune (musée de l'Hôtel-Dieu) est également le produit d'une collaboration bien orchestrée au sein de l'atelier. Si la brillante composition est attribuable au maître, la main de plusieurs assistants se distingue dans l'exécution proprement dite. L'œuvre, inspirée des grands tympans des églises romanes et gothiques, est une commande du chancelier de Bourgogne Nicolas Rolin. Le Triptyque de la Nativité (Staatliche Museen, Berlin), sans doute réalisé pour le conseiller et trésorier de la Toison d'or Pierre Bladelin, développe un programme iconographique original autour du thème de l'avènement du Christ. Quant aux commandes proprement dites du duc, peu sont attestées. On conserve plusieurs copies de portraits de Philippe le Bon réalisées à partir d'un prototype dû à Van der Weyden. De même, le peintre fit sans doute le portrait d'Isabelle de Portugal, l'épouse du duc. L'exemplaire du musée Getty de Los Angeles est clairement la copie d'un original perdu. Une seule œuvre sans doute autographe et réalisée pour le duc nous est parvenue. Il s'agit du célèbre frontispice enlum […]
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