Encyclopædia Universalis, le portail de la connaissance
Accueil - Boutique - Contact - Assistance
Zone de recherche

Altas Auteurs Recherche thématique Dictionnaire

ARON RAYMOND (1905-1983)

Page précédente Page suivante

La célébrité de Raymond Aron, très tardive, ne s'est pas étendue à sa pensée philosophique. Pourtant, sa problématique s'est formée dans une ambiance philosophique. C'est à partir de la philosophie que l'œuvre a pris son essor et c'est d'elle qu'elle tire, au-delà de ses avatars, son unité. Le sociologue a trouvé des disciples, le « spectateur engagé » des lecteurs et des amis. Mais l'Introduction à la philosophie de l'histoire et ses annexes postérieures ne sont guère évoquées, malgré l'exception notable de Pierre Manent (« Raymond Aron éducateur », in Commentaire, no 28-29). La nouveauté pour la France de certaines vues, de certains concepts empruntés à la réflexion allemande en a souvent masqué l'intention profonde : un dévoilement de la condition humaine déchirée entre une rationalité limitée mais effective et une altérité essentielle où, fuyante, elle s'obscurcit.

Cette tension tragique fait l'unité d'une quête qui vise d'abord l'expérience des hommes entre eux, soit dans leurs réactions singulières (R. Aron étudiait rarement un acteur ou un auteur sans tracer au moins une esquisse d'idiographie), soit, plus souvent, dans les organisations qui leur confèrent un sens collectif. Ici, la philosophie de l'histoire ne se distingue que par abstraction, pour la commodité de l'exposé. Comme les idées et les faits sont toujours saisis dans leur variété et dans leurs variations, les concepts les plus finement et rigoureusement analysés étonnent par leur fluidité : ainsi, dans Les Étapes de la pensée sociologique, la pensée sociologique elle-même progresse et se dissout à la fois dans une inconsistance lumineuse. Rien de plus contraire à la manie idéologique des Français dans les années 1950. Rien de plus opposé au pathos littéraire que l'auteur, fort sévère sur ce point, démasquait pourtant dans sa thèse.

Ses adversaires ont daubé à l'excès sur son « manque de style ». En fait, si l'on exclut une expression tout à fait en situation, mais malheureuse (du type : « personnellement, je... »), il écrit une langue plus c […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 9 pages… Offre essai 7 jours

Thématique

Classification thématique de cet article :

Retour en haut

Autres références

« ARON RAYMOND (1905-1983) » est également traité dans :

CAPITALISME - Sociologie

Écrit par :  Michel LALLEMENT

Dans le chapitre " Le capitalisme en débat"  : …   siècle : faut-il choisir la voie socialiste ou celle du capitalisme ? Au milieu des années 1950,* Raymond Aron prend de la distance avec cette opposition polémique. Après tout, par-delà leurs différences, ces deux systèmes possèdent de nombreux traits communs (séparation de l'entreprise et de la famille, division originale du travail,… Lire la suite
CLASSES SOCIALES - La théorie de la lutte de classes

Écrit par :  André AKOUN

Dans le chapitre "Pouvoir et société civile"  : …   : « L'histoire de toute société est celle de la lutte de classes. » C'est ce que montre *Raymond Aron, qui conclut : « Le marxisme est une interprétation de la société d'ancien régime à la lumière de la société moderne et de la société moderne à la lumière de la société d'ancien régime. » Quant à la « conscience de classe », on doit la comprendre… Lire la suite
DAMPIERRE ÉRIC DE (1928-1998)

Écrit par :  Henri MENDRAS

…  Budé pour les classiques français, archive les grands textes de la littérature orale africaine. *En 1960, Raymond Aron fonda le Centre européen de sociologie, dont il confia l'animation à Éric de Dampierre, avec qui il était en étroite collaboration et en grande complicité intellectuelle. Dans la foulée, il créèrent les Archives européennesLire la suite
GUERRE

Écrit par :  Jean CAZENEUVEP. E. CORBETTVictor-Yves GHEBALIQ. WRIGHT

Dans le chapitre " Guerre et paix"  : …  distinctions inhérentes aux définitions, on peut essayer de classer les différentes sortes de paix. *Raymond Aron propose une typologie ternaire fondée sur les répartitions de la puissance, c'est-à-dire sur le rapport entre les capacités qu'ont les unités politiques d'agir les unes sur les autres. De ce point de vue, il s'établit une paix d'… Lire la suite
IDÉOLOGIE

Écrit par :  Joseph GABEL

Dans le chapitre "Distinctions fondamentales"  : …   » est utilisé dans un sens tantôt neutre, pour ne pas dire laudatif, tantôt critique (péjoratif). *Raymond Aron signale une « oscillation, dans l'usage courant, entre l'acception péjorative, critique ou polémique – l'idéologie est l'idée fausse, la justification d'intérêts, de passions – et l'acception neutre, la mise en forme… Lire la suite
INTELLECTUEL

Écrit par :  Jean Marie GOULEMOT

Dans le chapitre "Mort de l'intellectuel ?"  : …  1980), Foucault (1984), Althusser (1980). L'activité politique de Sartre fut soumise à la critique. *Aron lui-même, désigné « spectateur engagé », ne fut pas épargné. Le souvenir de Raymond Aron et de Sartre se rendant à l'Élysée pour plaider la cause des boat people brouillait l'image de positions tranchées. De nombreux essayistes mirent… Lire la suite
LIBÉRALISME

Écrit par :  Francis BALLE

Dans le chapitre "Le libéralisme politique"  : …  grecque à l'esprit des Lumières en passant par la pensée judéo-chrétienne. Comme le souligne *Raymond Aron dans son Essai sur les libertés : « La logique du libéralisme conduit à la démocratie par l'intermédiaire du principe de l'égalité devant la loi. Mais la démocratie exige, pour être réelle, le respect des libertés personnelles,… Lire la suite
POLÉMOLOGIE

Écrit par :  Michel-Henri GIÈS

Dans le chapitre "Fondements de la polémologie"  : …  de s'associer à un projet « éducatif » qui la dénaturerait. Enfin, elle partage le point de vue de *Raymond Aron qui, dans la conclusion de son Clausewitz. Penser la guerre, dénonce « la nouvelle grande illusion, celle des Européens, parfois même celle des Américains, qui prêtent à tous les peuples et à tous ceux qui les gouvernent une… Lire la suite
PROGRÈS

Écrit par :  Bernard VALADE

Dans le chapitre "Sens et histoire"  : …  *Raymond Aron a souligné, à plusieurs reprises, qu'il n'était plus possible, au xxe siècle, de penser à la manière des Grecs et de ne voir dans les événements que les reflets déformés des idées ou du cosmos. Thucydide, en effet, interprétait la guerre du Péloponnèse en se référant aux passions éternelles qui définissent la nature… Lire la suite

Afficher la liste complète (9 références)

Retour en haut

Voir aussi

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2011, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média