La poliomyélite, ou paralysie infantile, est l'une des premières maladies à virus de l'homme qui ait, après la rage (1881) et la fièvre jaune (1901), fait l'objet de recherches expérimentales et épidémiologiques systématiques (1909). Le grand neurologiste français Alfred Vulpian en avait donné en 1871 une définition remarquable qui a gardé toute sa valeur : « Cette paralysie atrophique est vraisemblablement une maladie infectieuse aiguë, laquelle dépend d'une infection généralisée du corps, qui se localise de préférence dans une région circonscrite de la moelle. »
Un paradoxe intrigua longtemps chercheurs et cliniciens. Plus se développaient dans le monde occidental l'hygiène, le niveau de vie et la prophylaxie des maladies infectieuses, plus les cas de poliomyélite augmentaient en fréquence et en gravité. On enregistra, au cours de la première moitié du xxe siècle, une véritable marée montante de cette infection de plus en plus redoutable. La pression de l'opinion publique, les progrès de l'étude des virus et de leur culture ont suscité la mise au point de vaccins contre la poliomyélite, et abouti au plus grand succès jamais enregistré par les seules méthodes vaccinales : le recul de la maladie allant jusqu'à sa disparition complète en certains pays, alors que la thérapeutique était et reste encore complètement désarmée devant elle.
1. La maladie
La poliomyélite est une maladie infectieuse aiguë de l'homme, dans laquelle la destruction des cellules motrices du système nerveux central a pour conséquence soit des paralysies des membres, soit une atteinte respiratoire, ces deux types de lésions pouvant se combiner et entraîner la mort par asphyxie due à l'atteinte des centres nerveux bulbaires qui commandent la ventilation pulmonaire. Après une phase aiguë, fébrile, les paralysies peuvent régresser totalement ; le plus souvent, cependant, persistent des séquelles motrices (paralysies) permanentes plus ou moins étendues, localisées en général dans les membres inférieurs. Lorsque la maladie s'est attaq […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 6 pages…



