3. Épidémiologie
La poliomyélite est essentiellement une maladie de l'homme et l'accompagne dans ses déplacements : l'homme est la source du virus, comme il en est le réservoir principal sinon unique.
• Sources potentielles d'infection
À partir d'un sujet atteint d'infection inapparente, les sources potentielles d'infection sont représentées, d'une part, par les sécrétions rhino-pharyngées et l'expectoration, d'autre part, par les matières fécales. Leur importance est loin d'être égale.
– L'élimination rhino-pharyngée du virus est précoce, mais de courte durée (de 48 h avant les premiers symptômes à la fin de la deuxième semaine).
– Au contraire, on a recueilli du virus dans les selles de sujets infectés jusqu'à trois semaines avant l'apparition des symptômes ; durant la première semaine de la maladie, tous les sujets sans exception éliminent du virus dans les selles ; après deux semaines, on le retrouve chez 67 p. 100 des malades, après cinq à six semaines chez 25 p. 100, et après quatre mois chez 1 à 3 p. 100. L'élimination intestinale dure d'autant plus longtemps que l'infection est plus latente et que les symptômes cliniques font défaut. Il est donc pratiquement impossible d'opposer une barrière à la diffusion du virus par le seul isolement des malades atteints de formes fébriles paralytiques. L'introduction d'un sujet contagieux dans une communauté entraîne la diffusion rapide de l'infection, la plupart du temps sous forme inapparente, chez 60 à 90 p. 100 des membres du groupe (fig. 3). Déposé dans les milieux extérieurs par les déjections contaminées, le virus peut, à distance, infecter d'autres sujets réceptifs, par l'intermédiaire de l'eau, du lait, ou encore des légumes crus.
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