Dans un monde où les flux n'ont jamais été aussi importants entre populations lointaines et où les hommes sont de plus en plus nombreux, la vaccination reste, face aux épidémies, l'arme la plus sûre et la moins onéreuse.
La raison commande de continuer à en accepter l'usage, dans l'intérêt de l'humanité tout entière, et de poursuivre les recherches, comme nous y incitent la progression foudroyante du sida et le retour de la tuberculose.
1. Origines empiriques de la vaccination
Les hommes ont découvert l'existence des phénomènes d'immunité bien avant d'entrevoir la complexité de leurs mécanismes biologiques et, très vite, certains ont compris quel profit ils pouvaient tirer de cette réaction naturelle de défense de l'organisme contre les agents infectieux. Dès le Moyen Âge, en Europe, et, probablement, bien avant en Asie, des médecins expérimentaient les premières ébauches d'une vaccination. Il s'agissait alors de protéger des personnes bien portantes des ravages causés par les épidémies de variole en leur inoculant des sécrétions prélevées chez des malades. Le bénéfice escompté était immense pour l'individu vacciné, à condition toutefois qu'il échappe à la maladie, car bon nombre de candidats ne survivaient pas à cette tentative d'immunisation. C'est par les mêmes observations empiriques qu'Edward Jenner a pu élaborer, en 1796, la première version du vaccin antivariolique, en utilisant le virus de la vaccine, beaucoup moins dangereux que celui de la variole.
Du vaccin antirabique de Louis Pasteur (expérimenté en 1885) au vaccin antipoliomyélitique de Jonas Salk (1954), les premiers vaccins conçus scientifiquement n'avaient d'autre but que de lutter contre des fléaux redoutés de tous. La possibilité de réactions indésirables, parfois graves, telles que la survenue de paralysie après le vaccin antipoliomyélitique oral (deux cas pour cinq millions de doses), pesait peu dans les esprits en regard des vies épargnées.
Pendant longtemps, les objectifs de la vaccination sont ainsi […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages…



