Au cours d'une trop brève carrière, le contrebassiste et compositeur américain de jazz Paul Chambers a offert au hard bop un alliage idéal de force retenue, d'intelligence discrète et de musicalité débordante. Par ses dons et sa sensibilité, il se pose en héritier de Jimmy Blanton et en rival d'Oscar Pettiford. Si quelques critiques ont laissé entendre que sa justesse n'était pas irréprochable, les plus grands souffleurs de son temps, qui n'ont cessé de le réclamer, n'y ont jamais rien trouvé à redire... L'accompagnateur est sûr, efficace, attentif. Le soliste propose un phrasé à l'évidence magistrale et une rare variété de couleurs. À l'archet, ses solos dans le registre grave ont la vigueur des attaques, le swing soutenu et la richesse mélodique qu'offrent les plus grands saxophonistes, à un point tel que son style a parfois été comparé à celui de Sonny Rollins.
Paul Laurence Dunbar Chambers, Jr. – ses deux derniers prénoms constituent un hommage au grand poète afro-américain du xixe siècle – naît le 22 avril 1935 à Pittsburgh, en Pennsylvanie. Sa famille s'établit à Detroit alors qu'il a treize ans. Il aborde la musique par le saxophone baryton et le […]
