Le style du pianiste américain Tommy Flanagan s'inscrit indiscutablement dans l'esthétique bop et dans la lignée des conquêtes rythmiques et harmoniques de Bud Powell. Sa manière reste cependant inimitable : un jeu sûr et précis qui sait éviter le piège des effets appuyés et du brillant facile, un lyrisme délicat, un phrasé à la fois élégant et souple. Offrant un soutien rythmique d'une grande richesse mélodique, doté d'une imagination s'adaptant à tous les tempéraments, d'une inventivité discrète, attentive et subtile, il fut l'un des accompagnateurs les plus recherchés de sa génération. La célébrité qu'il a acquise auprès d'Ella Fitzgerald ne doit cependant pas faire oublier sa participation à deux des plus importants albums de l'histoire du jazz : Saxophone Colossus, de Sonny Rollins, et Giant Steps, de John Coltrane.
Thomas Lee Flanagan naît le 16 mars 1930 à Detroit, dans le Michigan. Il commence à étudier la clarinette à six ans et le piano à onze ans, mais il s'initie aussi à d'autres instruments : le saxophone, la contrebasse, le vibraphone. Il commence très tôt à travailler dans sa ville natale, où il se fait remarquer, à partir de 1945, comme pianiste auprès des frères Jones – le pianiste Hank Jones, le batteur Elvin Jones, le trompettiste, bugliste et tromboniste Thad Jones –, du vibraphoniste Milt Jackson et du saxophoniste Dexter Gordon.
Tommy Flanagan est d'abord influencé par Art Tatum, Teddy Wilson, Nat „King“ Cole et Erroll Garner. Mais, fasciné par le be-bop, il décide en 1956 de s'établir à New York, où il se bâtit rapidement une réputation auprès des plus grands souffleurs du moment : Charlie Parker – il remplace à l'occasion Bud Powell au célèbre Birdland –, Coleman Hawkins, Miles Davis – il participe à l'album Collectors' Items –, Sonny Rollins – avec qui il enregistre en 1956 Saxophone Colossus, aux côtés du batteur Max Roach et du bassiste Doug Watkins –, John Coltrane – avec qui il participera en 1959 à l'aventure de Giant Steps –, Donald Byrd... En 1956, on le retrouve également au […]
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