Dans les années1960, la bossa-nova a fait de Stan Getz une vedette commerciale de renommée mondiale. Et les amateurs de s'irriter. Peut-on obtenir cette popularité quasi universelle sans s'abandonner aux pires facilités, sans renier l'esprit même du jazz ? Oubliés l'instrumentiste d'exception, le maître des couleurs sonores, le styliste parfait. Une succession d'aventures musicales, dédiées tour à tour à des cénacles d'initiés ou aux foules innombrables, déroule un parcours quelque peu chaotique : Stan Getz offre une image brouillée à la postérité.
Stanley Gayetzby, de son véritable nom, naît à Philadelphie le 2 février 1927. À New York, où sa famille se fixe au début des années1930, il étudie d'abord le basson et la contrebasse avant de se consacrer au saxophone. Il a quinze ans quand il fait ses débuts professionnels dans l'orchestre de Dick « Stinky » Rogers. Suivent de premiers engagements dans les formations de Jack Teagarden, Dale Jones et Bob Chesterton. Il est ensuite appelé par Randy Brooks, Buddy Morrow, Herbie Fields et, surtout, après 1944, par Stan Kenton, Jimmy Dorsey et Benny Goodman. En 1947, il réalise son premier disque avec des boppers de la stature de Max Roach. Cette même année, il quitte la côte est pour la Californie. Il y travaille avec Butch Stone, s'associe avec le vibraphoniste Joe Garland et forme son propre trio au Swing Club de Hollywood. À cette époque, il joue aussi dans un orchestre de mambo dirigé par le trompettiste Tony de Carlo, qui se produit Chez Pontrelli, un dancing de Los Angeles. La formation présente l'originalité d'offrir quatre saxophones ténors solistes (Stan Getz, Herbie Stewart, Zoot Sims et Jimmy Giuffre, ce dernier étant responsable des arrangements) que l'on ne tardera pas à surnommer The Four Brothers. Après l'expressionnisme et l'éclatement des formules rythmiques qui viennent de triompher avec Charlie Parker, c'est le retour à un jazz feutré, « paresseux », qui se réclame avant tout du lyrisme pudique et de la nostalgie m […]
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