Dès ses premiers pas dans les rues de La Nouvelle-Orléans, le jazz confie au trombone un rôle fruste et rudimentaire, hérité de sa fonction dans les fanfares : ponctuer avec vigueur le rythme des marches et rugir en d'impressionnants glissandos. Le puissant Kid Ory (1886-1973) et le sinueux Honoré Dutrey (1894-1935), bien mieux que de simples comparses, commencent à attirer l'attention sur l’i nstrument. C'est à Miff Mole (1898-1961), musicien doté d'une technique de belle qualité, que l'on doit, dans les années 1920, l'apparition des premiers véritables solos de trombone. Suit un grand nombre de parfaits stylistes qui apportent chacun leur touche personnelle à l'émancipation et à l'enrichissement du langage de l'instrument : le prince du swing Jimmy Harrison (1900-1931), l'âpre Charlie Green (1900-1936), Joe « Tricky Sam » Nanton (1904-1948), roi du « jungle » chez Duke Ellington, Jack Teagarden (1905-1964), fidèle compagnon de Louis Armstrong. Remarquables eux aussi le jeu véloce et fougueux de Jack « J. C. » Higginbotham (1906-1973), la pureté et la finesse de l'aigu de « Benny » Morton (1907-1985), la souplesse et la fantaisie de Dicky Wells (1907-1985). N'oublions enfin ni l […]
