L'éthologie comparative, qui cherche à retracer, à l'aide de comparaisons interspécifiques, l'évolution des comportements à travers la série zoologique, propose une théorie renouvelée des instincts et définit ces derniers comme des actes propres à l'espèce. Tendant à une explication causale des comportements qui la rapproche de plus en plus des conceptions béhavioristes, elle se différencie toutefois de celles-ci par son insistance sur les phénomènes concrets du comportement, par une conception hiérarchique des actions qui refuse de recourir exclusivement au réflexe conditionné et par ses enseignements au sujet de la phylogénie des conduites spécifiques. Mis à part l'étude des phénomènes d'imprégnation (ou d'empreinte), l'éthologie, fondée par l'Autrichien K. Lorenz et le Hollandais N. Tinbergen, n'a guère manifesté, à l'origine, d'intérêt pour les phénomènes d'apprentissage. Actuellement, elle se tourne de plus en plus vers ce domaine fort exploré par les béhavioristes (B. F. Skinner et son école) ainsi que vers les modèles cybernétiques. Elle a également mis à profit, sur une plus large échelle, les méthodes quantitatives de la psychologie expérimentale.
L'éthologie comparative n'est pas issue du laboratoire, mais procède d'observations qui, pour la plupart, se sont déroulées dans la nature et n'ont jamais, pour cette raison, donné la prééminence à la technique et à la méthodologie. On lui a souvent reproché précisément cette négligence en matière d'expérimentation et son mépris pour les élaborations statistiques. Bien qu'une telle critique ait eu quelque légitimité à l'époque héroïque, encore fort récente, de l'éthologie, elle n'envisageait qu'un aspect très secondaire de la question, car l'étude des faits naturels du comportement importe davantage que la mise en œuvre de tout un arsenal de procédés techniques, étrangers par eux-mêmes à la vie concrète des espèces. Les débuts de l'éthologie coïncidèrent donc avec une réhabilitation du comportement des animaux comme objet d'étude psychologique, puisque, pour les physiolog […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 14 pages…



