Le domaine des constructions animales est resté, paradoxalement, assez peu exploré par les éthologistes. C'est pourtant là que les comportements les plus complexes apparaissent. Mais le point curieux est que les Mammifères et principalement les Primates, dont le psychisme est par ailleurs des plus développés, n'arrivent pas en tête ici. L'homme excepté, on ne connaît qu'un seul Mammifère qui réalise des constructions compliquées et c'est le castor, avec ses barrages et ses huttes. On pourrait, il est vrai, présenter comme des constructions « en creux » les terriers très nombreux chez les Mammifères et qui sont parfois, comme chez le blaireau, des plus complexes.
Par contre, chez les Oiseaux existe une floraison de comportements de construction dont le contraste est violent par rapport à la relative pauvreté des Mammifères dans ce domaine. Viennent enfin les insectes constructeurs dont les réalisations sont à peine croyables.
L'intérêt de l'étude des constructions est dans le fait qu'elles constituent un objet de choix pour l'expérimentateur. L'animal est aussi vivement intéressé par ce qu'il construit que par son conjoint lorsque le temps de la pariade est venu. Mais, lorsque s'est formée la science éthologique moderne, les spécialistes de cette science, au lieu de choisir arbitrairement leurs problèmes et leurs techniques (comme le font les psychologues expérimentaux), se sont orientés « instinctivement » vers les activités dans lesquelles les animaux étaient visiblement impliqués, au premier rang desquelles figure le comportement reproducteur. Comme le hasard a voulu que les premiers éthologistes soient essentiellement des spécialistes des Oiseaux, on a d'abord étudié le comportement reproducteur de ces animaux, qui est beaucoup plus spectaculaire que celui des Mammifères. Il s'accompagne de parades compliquées et souvent prolongées pendant des heures, dont les phases sont faciles à distinguer.
Mais les activités qui « intéressent » les animaux ne sont pas seulement le comportement repr […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 11 pages…



