Les plus anciennes légendes présentent une vision dualiste du monde animal. En Grèce, par exemple, la faune aquatique de l'empire des Eaux appartient à Poséidon, alors que la faune terrestre (comme l'homme) est soumise au dieu des Airs, Zeus.
Dans l'un des mythes les plus archaïques, celui du Déluge, la faune terrestre risque de disparaître. Mais un humain sauvera les espèces menacées, déjouant ainsi la malveillance des dieux… à moins qu'il n'ait, comme le relate la Genèse biblique, trouvé grâce auprès de la divinité. Le héros prend ainsi sous sa responsabilité, dans cette version relativement récente du mythe, les espèces animales terrestres. Noé a suivi à la lettre les recommandations de Yaveh en entreposant de la nourriture dans l'Arche salvatrice, afin que les animaux ne souffrent pas de la faim pendant le cataclysme. Ainsi, l'humanité est en charge de la Création, dont elle devient comptable auprès de l'Être suprême.
Cette responsabilité, l'homme s'efforce aujourd'hui de mieux l'assumer, comme en témoignent les inventaires faunistiques et les interventions protectrices concertées, qui sont menées au niveau national ou international, parce que les sciences de la […]
