À la jonction de l'Asie orientale et du Sud-Est asiatique, baigné sur 2 000 kilomètres par la mer de Chine méridionale, le Vietnam occupe une situation stratégique incomparable entre la Chine et le monde malais, sur une des voies maritimes et aériennes les plus fréquentées de l'univers. Pour l'Occident, son nom est relativement récent. S'il figure, une seule fois – et entre parenthèses –, dans le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle (Larousse) en 1873, on ne le trouve guère dans les encyclopédies occidentales avant 1948. Ce n'est qu'à cette date, en effet, qu'il s'est substitué à celui d'Annam (« Sud pacifié »), que les Chinois avaient donné au pays et que les Européens avaient adopté.
Le fait que le Vietnam, soudain surgi de l'obscurité à la fin de la Seconde Guerre mondiale, ait été l'enjeu d'un des plus violents – et des plus longs – conflits du xxe siècle, encore dans toutes les mémoires, ne doit pas faire oublier que, en tant qu'État, il est plus ancien que les royaumes de France, d'Angleterre ou d'Espagne et qu'il ne peut donc être connu et compris sans que soit pris en compte l'ensemble de sa dimension historique.
L'histoire du pays, qui est remplie de luttes intestines et de guerres étrangères, a montré la capacité de résistance collective, l'ingéniosité et la patience, l'aptitude au combat dans les conditions les plus dures, les plus difficiles, voire les plus inégales, du peuple vietnamien. Après avoir été dominé et occupé durant un millénaire par la Chine, le Vietnam reste tributaire de celle-ci pendant huit siècles encore, avant de devenir colonie (la Cochinchine) et protectorat français (l'Annam et le Tonkin) au xixe siècle. Scindé en deux États à l'issue de la guerre d'Indochine menée contre le colonisateur de 1946 à 1954, le pays est de nouveau plongé, de 1965 à 1975, dans une guerre. Celle-ci oppose le Nord communiste, aidé par l'U.R.S.S. et la Chine, au Sud, soutenu par les États-Unis. Réunifié en 1976 au sein d'une république socialiste à la suite de la victoire du Nord, le […]
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