2. Le chantier de la cathédrale : l'art roman
Dans le domaine de l'art, un grand coup est porté avec la reconstruction du sanctuaire de l'apôtre, qui sert également de cathédrale au nouvel évêché. On qualifie de « maître admirable » l'architecte Bernard qui en est chargé par l'évêque Diego Peláez en 1078. Il a le mérite de réunir une équipe capable de répondre à l'ampleur de la tâche : cinquante lapicides travaillant en permanence sous la direction d'un certain Robert. Le parti choisi, l'un des plus ambitieux parmi ceux qu'offre alors l'Occident – c'est celui de Saint-Sernin de Toulouse et des églises apparentées –, convient admirablement à la double fonction de l'édifice, avec son chœur cerné par un déambulatoire à chapelles rayonnantes, son transept largement saillant, doté de collatéraux, aussi vaste qu'une église à lui seul, et ouvrant sur l'extérieur par deux portes géminées, enfin un système continu de tribunes dans la nef, le transept et le chœur, qui augmente la place disponible, tout en assurant une parfaite stabilité à la totalité de l'espace voûté.
Dix ans plus tard, les travaux sont interrompus, en raison du violent conflit qui oppose l'évêque Diego Peláez au roi Alphonse VI de León-Castille. Lorsqu'ils reprirent en 1100, ils reçurent une vive impulsion du nouvel évêque Diego Gelmírez. Cet évêque fut l'un des plus marquants des prélats afrancesados chargés d'assurer la pénétration dans la Péninsule de l'esprit de l'Occident. L'éclat de sa personnalité rejaillit sur le siège de Compostelle, bientôt promu au rang d'archevêché. Il confia la direction de l'œuvre de sa cathédrale à un architecte, Étienne, qui était lui aussi engagé dans un vaste réseau de relations, puisqu'il recevra en même temps la responsabilité du chantier de la cathédrale de Pampelune. Non seulement il apporta des perfectionnements de détail au programme architectural en cours de réalisation à Compostelle, mais il compléta celui-ci par un riche ensemble de sculpture monumentale répondant au besoin d'e […]
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