4. Le XVIe siècle
Enrique Egas construit à la demande des Rois Catholiques l'hôpital des pèlerins de saint Jacques (1501-1511), en prenant pour modèle le parti architectural proposé par l'Ospedale Maggiore de Filarete à Milan. Les bâtiments, dessinant une croix grecque inscrite dans un carré, sont répartis autour de quatre cours fermées, et un autel est placé à la croisée. La chapelle est encore toute gothique, mais le portail monumental, traité comme un retable, emprunte nombre de ses motifs à la Lombardie. Quant aux patios, ils ne furent achevés qu'à l'époque baroque. Un autre chantier s'ouvrit à proximité lorsque le chapitre de la cathédrale entreprit de renouveler son cloître. Il s'adressa à Juan de Alava, un architecte venu des chantiers gothiques, mais qui s'était ensuite initié au premier plateresque. L'œuvre, commencée en 1521, fut achevée dans un style plus évolué par Rodrigo Gil de Hontañón. À partir de 1540, celui-ci sut imprimer aux façades un accent très personnel. Un grand mécène ecclésiastique, Alonso de Fonseca, fonda le Collège majeur de Fonseca, toujours à Saint-Jacques-de-Compostelle, alors qu'il en était l'archevêque. Le monument, élevé entre 1532 et 1544, est attribué à Juan de Alava et à un architecte appartenant, comme Rodrigo Gil de Hontañón, au second plateresque, Alonso de Covarrubias.
C'est dans les mêmes conditions que l'art austère issu de l'Escorial et de la cathédrale de Valladolid pénétra en Galice. Des architectes formés comme les précédents en dehors de la province élevèrent à la demande du cardinal Rodrigo de Castro, archevêque de Séville, un collège de jésuites à Monforte de Lemos (province de Lugo), localité à laquelle le prélat était attaché pour des raisons sentimentales. Il s'agit d'un programme architectural complet, dessiné et réalisé dans le souci de la pureté du style, à partir de 1593.
Cependant, le chapitre de Saint-Jacques-de-Compostelle déplorait une désaffection à l'égard du pèlerinage qui avait été la source de son prestige et de sa fortune. Par ailleurs, l'antique patronage de saint Jacques sur la nation espagnole se trouvait menacé, de l'intérieur pourrait-on dire, par les progrès du culte de saints nouveaux, comme sainte Thérèse d'Avila. L'idée de mettre leur cathédrale au goût du jour, dans le souci de paraître et de plaire, vint naturellement à l'esprit des chanoines de Saint-Jacques-de-Compostelle, le plus souvent nobles et cultivés, ouverts aux nouveautés et en rapport avec la cour de Madrid et avec l'étranger.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 5 pages…



