Héritier direct de la livre tournois de l'Ancien Régime, le franc devient l'unité monétaire française aux termes de la loi du 10 avril 1795. Le 1er janvier 1999, « la monnaie de la France est l'euro » d'après l'article L 111-1 du Code monétaire et financier, et le franc n'est plus que la subdivision nationale de l'euro, avant de perdre son cours légal le 17 février 2002. Pendant ces deux siècles d'existence, le franc passe par plusieurs régimes monétaires et connaît une succession de phases de stabilité et d'instabilité ponctuées de nombreux épisodes de crise et de dévaluation.
Les lois de germinal an XI (1803) organisent l'émission du franc, abolissant le dualisme, c'est-à-dire la dissociation entre unité de compte et unité monétaire qui prévalait jusque-là, mais conservant le bimétallisme or et argent comme système d'étalon. Le papier-monnaie convertible de la Banque de France ne reçoit que progressivement un pouvoir libératoire généralisé. Ce système assure pour l'essentiel la stabilité monétaire jusqu'en 1914.
Dans l'entre-deux-guerres, au contraire, les phases d'inflation et de déflation se succèdent brutalement. Le franc fait l'expérience des changes flottants, de la dépréciation monétaire, avant un retour à l'étalon or et aux changes fixes en 1928, qui procurent une stabilité monétaire artificielle. À partir de 1936, la dévaluation du franc autorise des parités plus compatibles avec la reprise nécessaire de l'activité.
Figé par le contrôle des changes à partir de 1939, le franc ne retrouve sa convertibilité externe qu'en 1959, grâce à la coopération économique et monétaire européenne. Avec l'ouverture croissante de l'économie française sur l'extérieur et l'inflation, nombre de dévaluations se succèdent jusqu'à celle de 1958 qui créé un « nouveau franc » (le franc est affecté nominalement d'un facteur 100 en 1960).
À partir de 1969, cependant, l'instabilité des taux d'inflation nationaux crée des pressions persistantes sur le franc qui s'apprécie par rapport au dollar et […]
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