5. Le franc fixe et ajustable (1959-1973)
Le retour du franc à la convertibilité externe autorise la mise en œuvre du régime de change fixe et ajustable prévu par les accords de Bretton Woods. Le choix de parités réalistes avec les autres monnaies convertibles et la définition d'une nouvelle unité monétaire préparent l'ouverture de l'économie française sur son environnement international. Le système bancaire doit s'y adapter et la politique monétaire devenir plus active.
Sur le plan interne, l'inflation reste plus forte qu'à l'étranger de 1959 à 1963 (12 p. 100 contre 8 p. 100 en Allemagne, 4 p. 100 aux États-Unis). Le plan de refroidissement du 12 septembre 1963 parvient à ralentir cette surchauffe de l'économie par le blocage des prix, l'abaissement des droits de douane, la limitation de la liquidité bancaire, l'instauration d'un encadrement du crédit et le relèvement du taux d'escompte. La réduction du découvert de trésorerie s'obtient par la débudgétisation de nombreux concours à l'économie (repris par la Caisse des dépôts et d'autres institutions financières non bancaires publiques). En 1967, l'inflation est sensiblement ralentie, mais pendant la décennie écoulée, la hausse moyenne des prix atteint tout de même 48 p. 100.
Sur le plan externe, la marge de 15 p. 100 autorisée par la dévaluation de décembre 1958 aurait pu être rapidement annulée par l'inflation. Pourtant, les excédents successifs de la balance des paiements se traduisent par des entrées de devises dont une fraction est systématiquement convertie en or auprès du Trésor des États-Unis. À la fin de 1967, les réserves officielles de change atteignent 36 milliards de francs, dont les trois quarts en or. La dette extérieure contractée pendant la guerre et la reconstruction peuvent donc être remboursée presque intégralement et le contrôle des changes supprimé au début de 1967.
Le franc est devenu une monnaie forte et stable, à une époque où la livre sterling est sans cesse l'objet d'attaques spéculatives. Le dollar< […]
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