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ANCIEN RÉGIME

L'expression « Ancien Régime », dont le caractère dénigrant ne peut faire de doute, a été popularisée par le célèbre livre d'Alexis de Tocqueville, paru en 1856, L'Ancien Régime et la Révolution. Elle a cependant été utilisée telle quelle dès la fin de 1789. Elle est issue du vocabulaire familier du xviiie siècle et, peut-être, de certaines locutions juridiques utilisées par les jurisconsultes des xviie et xviiie siècles. La locution « ci-devant » est couramment employée par la génération de 1730, ou par celle de 1750. Sans doute ces mots n'ont-ils pas encore le caractère agressif et méprisant que leur donneront les révolutionnaires et, plus encore, les idéologues, journalistes et historiens de l'époque romantique ; pour eux, le mot est une arme, qui permet à la fois de justifier les « grands ancêtres » et, aussi, de saper les fondements de la Restauration. Avec Tocqueville, et plus encore avec Taine, le tranchant des expressions s'émousse quelque peu, pour devenir davantage la constatation d'un état de fait. Entrée dans le langage courant, l'étiquette continue cependant à garder de nos jours l'âcre saveur des mots-mythes efficaces, de ces mots qui contribuent à « faire » l'histoire, parce qu'ils sont des symboles où tout un chacun met ce qu'il entend. La « philosophie des Lumières », qui en a présidé l'enfantement, a implicitement chargé le mot « Ancien Régime » de tout le poids de sa volonté de progrès, de l'espoir des lendemains moins durs, de la certitude aussi du triomphe de la jeune science, qui a célébré au xviiie siècle quelques-uns de ses plus beaux triomphes. Les cahiers de doléances sont comme le monument qui marque la fin de l'Ancien Régime et inaugure les temps nouveaux. Au point que l'événement de 1789 marque encore dans les habitudes universitaires françaises la coupure ou, plutôt, le fossé – infranchissable – entre cette histoire qui, par un singulier renversement, devient « contemporaine », à la surprise, et parfois à l'indignation, de nombreux historiens  […]

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Jean MEYER, « ANCIEN RÉGIME  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le  . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ancien-regime/

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ABSOLUTISME

Écrit par :  Jacques ELLUL

*Comme tous les concepts à plusieurs dimensions (ici politique, historique, juridique, doctrinal), le concept d'absolutisme est assez flou. Son étude présente trois sortes de difficultés portant sur l'objet lui-même. La première difficulté tient à ce que l'on désigne généralement par ce terme des doctrines, ou… Lire la suite
ARCHITECTURE (Thèmes généraux) - Architecture et société

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Dans le chapitre "Vitruvianisme et société d'ordres"  : …  puis le système descendant des conditions qui contribue à structurer les sociétés d'ordres d'*Ancien Régime. « Les ordres sont dignités permanentes et attachées à la vie des hommes », écrit au début du xviie siècle le juriste Loiseau. L'architecture est censée se régler sur leur gradation, du haut clergé et de la noblesse… Lire la suite
BAILLIAGES & SÉNÉCHAUSSÉES

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… *Ils apparaissent vers la fin du xiie siècle lorsque les baillis, d'abord itinérants, sont fixés par Philippe Auguste, roi de France, sur la portion du domaine royal où ils doivent le représenter. Cette circonscription, réunissant plusieurs prévôtés, ne prendra le nom de bailliage que quelques années après sa création de fait.… Lire la suite
BEAUMARCHAIS PIERRE-AUGUSTIN CARON DE (1732-1799)

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Dans le chapitre "La dernière fête : ambiguïtés et audaces"  : …  *L'audace politique de la trilogie de Figaro, et surtout celle du Mariage, n'a pas frappé que les contemporains (Danton disait qu'il avait « tué la noblesse »). C'est la valeur subversive de cette pièce qui l'a portée, contre toutes les hypocrisies de l'ordre politique et moral, à travers le xixe siècle. Elle tient à l'… Lire la suite
BODIN JEAN (1529-1596)

Écrit par :  Pierre MESNARD

Dans le chapitre "L'évolution historique"  : …  le sens de la géographie, concilier ces tendances et les intégrer sous l'autorité d'une forme pure. *En ce qui concerne la France, on peut dire qu'à la fin du xve siècle le principe chrétien, le principe féodal et le principe romain sont également présents dans la respiration même de l'État. L'État… Lire la suite
BOULAINVILLIERS HENRI comte de (1658-1722)

Écrit par :  Pierre DUPARC

… *Après une courte carrière militaire, Henri de Boulainvilliers se retire dans sa propriété de Normandie. Peu fortuné, il y mène une vie campagnarde ; cela ne l'empêche pas d'être en relation avec les ducs de Saint-Simon et de Noailles, entre autres, et surtout de s'adonner à des travaux d'histoire. Il participe au mouvement d'idées qui marque la fin… Lire la suite
BOURBONS

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*La plus célèbre des maisons souveraines ne fut pendant longtemps que l'une des multiples branches du tronc capétien ; la mort sans héritier mâle des trois derniers Valois devait pourtant donner la couronne aux Bourbons à la fin du xvie siècle. Leurs règnes allaient coïncider, au xviiLire la suite
CENSURE

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… institution de ce type a existé dans chaque pays d'Europe à partir de la Renaissance. Dans la France* d'Ancien Régime, elle jouait un rôle central dans la vie politique, religieuse et culturelle. Elle a pratiquement disparu en Occident aux xviiie et xixe siècles, sous l'effet de deux grands processus : d'une… Lire la suite
CHANCELIER

Écrit par :  Solange MARIN

…  charge, tandis que l'office de la chapelle en est séparé et demeure aux mains des ecclésiastiques. *Sous l'Ancien Régime, le chancelier est un puissant personnage politique ; chef de la Justice, il préside le Conseil du roi en l'absence de celui-ci, parle en son nom dans les parlements et cours souveraines. D'abord nommé par le roi, il est élu par… Lire la suite
COMMISSAIRE ROYAL

Écrit par :  Solange MARIN

… *Sous l'Ancien Régime, le commissaire royal est un personnage commis ou mandaté par le roi pour faire exécuter ses décisions en un moment donné et en un point précis du territoire. Le but de la mission et les moyens à employer pour l'accomplir sont consignés dans des lettres de commission délivrées par le chancellerie royale. Ces lettres de… Lire la suite
COMMUNAUX

Écrit par :  Françoise MOYEN

… *Dans la communauté rurale telle qu'elle exista en Occident du ixe au xviiie siècle au moins, les communaux représentaient cette partie du territoire d'un village qui, n'étant pas l'objet d'actes (formels ou non) de propriété privée (même limitée), était de ce fait réputée commune à tous les habitants. Il s'… Lire la suite
CONSUL, Ancien Régime

Écrit par :  Frédéric BLUCHEJean FAVIER

… *Titre romain, repris au xiie siècle pour qualifier les membres du conseil des villes de la France méridionale bénéficiaires de l'autonomie municipale. On fait parfois l'opposition entre villes de commune et villes de consulat. Dans ces dernières, les diverses catégories sociales d'habitants étaient, en théorie du moins,… Lire la suite
CORPS INTERMÉDIAIRES

Écrit par :  Solange MARIN

… *L'ancienne France était, depuis le Moyen Âge, composée de groupes d'individus appelés corps : collèges, communautés, associations de gens ayant même métier ou même fonction dans la nation, et réunis à la fois pour la préservation de leurs intérêts particuliers et celle du bien commun. Ces corps existaient avec la permission du souverain et lui… Lire la suite
CROUPE, Ancien Régime

Écrit par :  Georges BLUMBERG

… *Rémunérations que devaient verser les fermiers généraux chargés du recouvrement des impôts soit à des personnes qui leur avançaient des fonds, soit à des personnalités qui facilitaient ou étaient censées faciliter leurs opérations. Les croupes avaient fini par prendre le caractère de libéralités, de plus en plus importantes, voire de pots-de-vin,… Lire la suite
DARNTON ROBERT (1939- )

Écrit par :  Roger CHARTIER

… Le *livre publié en 2010 par Robert Darnton, Le Diable dans un bénitier. L'art de la calomnie en France, 1650-1800, s'inscrit dans la grande recherche sur les Lumières et leur rôle dans la fin de l'Ancien Régime, commencée par cet historien du xviiie siècle dès les années 1960. Diplômé de Harvard et d'Oxford, Robert… Lire la suite
DÉROGEANCE

Écrit par :  Solange MARIN

… *Perte de la qualité qui fait le noble, et donc retour à l'état de roture. La perte de la noblesse et des privilèges qui y étaient attachés venait essentiellement de la non-observance du genre de vie noble convenant à la dignité de cet ordre. En France, il est interdit au noble d'Ancien Régime de se livrer au commerce — le maniement de l'argent est… Lire la suite
DIXIÈME & VINGTIÈME

Écrit par :  Françoise MOYEN

… *Créé par édit en 1710, le dixième, impôt qui connut des éclipses de 1717 à 1741, fut permanent à partir de cette date. Devenu le vingtième en 1749, doublé en 1756, il fut la plus remarquable et la plus significative des tentatives que fit la monarchie pour établir un impôt cédulaire sans exemption pour quiconque. Le dixième frappait quatre sortes… Lire la suite
DRAPEAUX DANS L'ANCIEN RÉGIME

Écrit par :  Hervé PINOTEAU

… *La France utilisait de nombreux drapeaux avant 1789, mais il n'y en avait aucun sur les bâtiments publics et sur le château où résidait le souverain. La bannière de France n'était qu'une pièce d'étoffe, assez petite et incapable de flotter, de velours violet ou bleu, ornée de trois fleurs de lis d'or brodées de chaque côté. Cet emblème,… Lire la suite
DUPÂQUIER JACQUES (1922-2010)

Écrit par :  Paul-André ROSENTAL

…  par sa découverte de la recherche historique et des archives. Sous l'égide de Georges Lefebvre, *il publie, en 1956, La Propriété et l'exploitation foncières à la fin de l'Ancien Régime dans le Gâtinais septentrional (P.U.F.), ouvrage qui mesure l'ampleur des inégalités rurales à la veille de la Révolution. Ernest Labrousse l'introduit… Lire la suite
ÉCHEVIN

Écrit par :  Frédéric BLUCHE

… *À l'époque carolingienne, les échevins (scabini) étaient les notables désignés par le peuple pour assister le comte à son tribunal. On appela ainsi à partir du xiie siècle les notables élus par les habitants et en fait, le plus souvent, par l'oligarchie dirigeante pour former autour du maire le conseil des villes de… Lire la suite
ÉCROUELLES TOUCHER DES

Écrit par :  Solange MARIN

… *La tradition du toucher des malades scrofuleux remonte, selon Marc Bloch (Les Rois thaumaturges), à Robert le Pieux pour la France et à Henri Ier pour l'Angleterre. Son adoption plus tardive dans ce dernier pays semble prouver que le roi anglais, conscient du surcroît de prestige apporté par le rite guérisseur, aurait imité son… Lire la suite
ÉLECTION PAYS D'

Écrit par :  Frédéric BLUCHE

… *Dans la France de l'Ancien Régime, l'élection était une juridiction de l'impôt, symbole même des progrès de l'administration royale directe. Plusieurs élections formaient une généralité. Les pays d'élection, soumis à la taille personnelle et à tous les impôts royaux ordinaires, s'opposaient aux pays d'états, provinces où les états provinciaux… Lire la suite
ÉTATS GÉNÉRAUX, France

Écrit par :  Yves DURAND

*De 1302 à 1789, l'histoire des états généraux se confond presque toujours avec les crises les plus graves de la vie nationale française : guerre de Cent Ans, troubles religieux du xvie siècle, Fronde, Révolution. Mais ces consultations extraordinaires sont très différentes des institutions… Lire la suite
FAMILLE - Les enjeux de la parentalité

Écrit par :  Daniel BORRILLO

Dans le chapitre "Victoire de la conception laïque du mariage"  : …  1896). Cette approche civile du mariage s'était déjà affirmée peu avant la Révolution, dans l'*Ancien Régime finissant. Depuis la révocation de l'édit de Nantes en 1685, les mariages des protestants célébrés par un ministre de leur culte étaient considérés comme des unions clandestines dépourvues d'effets juridiques. La première version… Lire la suite
FERMIERS GÉNÉRAUX

Écrit par :  Jean MEYER

*Écrivains et historiens n'ont cessé, depuis le xviiie siècle, de dénoncer les tares de la Ferme générale. L'étude objective de l'institution n'est pas encore terminée. La tâche n'est, en effet, pas aisée. La dispersion des archives de la Ferme au début de la Révolution, la persécution, puis l… Lire la suite
FÊTE, arts et architecture

Écrit par :  Georges FRÉCHET

… moins de solennité, et que l'interdiction d'un travail profane est plus ou moins étendue. La fête de* l'Ancien Régime relevait d'un art total. L'unité du pouvoir, dans le système de l'absolutisme d'État, appelait le concours de tous les talents pour rendre les actions du souverain parfaites. Célébrées en public, les fêtes se manifestent par un… Lire la suite
FEUDISTE

Écrit par :  Jean FAVIER

… *Érudit qui, surtout au xviiie siècle, met en ordre et étudie les archives seigneuriales pour préciser les droits et l'extension des fiefs (en fait, des seigneuries). L'activité des feudistes n'est qu'une partie de celle des historiens formés aux méthodes d'érudition élaborées par quelques savants ; ainsi les bénédictins de la… Lire la suite
LA FIN DES CORPORATIONS (S. L. Kaplan)

Écrit par :  Reynald ABAD

… Sous *l'Ancien Régime, des pans entiers de l'artisanat et du commerce urbains étaient organisés en communautés d'arts et métiers. Ces dernières, aussi dénommées corporations à partir du xviiie siècle, étaient vouées à l'exercice d'une activité –  la boucherie, la cordonnerie, l'orfèvrerie, etc. – et dotées de statuts reconnus par… Lire la suite
FRANCE (Histoire et institutions) - Formation territoriale

Écrit par :  Yves DURAND

…  ce qui fut jadis soutenu par nombre d'historiens, il semble établi aujourd'hui que la monarchie d'*Ancien Régime ne connut presque jamais de politique des frontières naturelles. Aux xvie et xviie siècles, les préoccupations et les méthodes des gouvernants en matière diplomatique et pour tout ce qui touche à… Lire la suite
FRANCE (Histoire et institutions) - Le temps des révolutions

Écrit par :  Sylvain VENAYRE

…  de l'année 1789, alors que se préparait la réunion des États généraux voulue par le roi Louis XVI, *on parlait, en France, d'« Ancien Régime ». Les événements ultérieurs donnèrent à l'expression une dimension radicale qu'elle n'avait pas nécessairement dans son principe. Il n'empêche que la période qui s'ouvre en 1789 fut bien d'abord marquée par… Lire la suite
FRONDE

Écrit par :  Victor-Lucien TAPIÉ

Dans le chapitre "Les circonstances"  : …  et d'un père de famille, mais les édits royaux devaient être enregistrés par les parlements. * L'administration (justice et finances) était assurée par des officiers, qui représentaient le roi, mais étaient titulaires de leurs charges et n'admettaient pas d'empiétement sur leurs attributions. Or, pour obtenir l'obéissance et la discipline, le… Lire la suite
GABELLE

Écrit par :  Françoise MOYEN

… *De tous les impôts de l'Ancien Régime, la gabelle (impôt sur le sel) a été le plus honni. Mise au point par Philippe VI (ordonnances de 1341 et de 1343), elle ne cessa d'être perfectionnée jusqu'à la Révolution, qui l'abolit. Le sel, denrée indispensable, était produit en un nombre limité d'endroits : le Cotentin, Brouage, les côtes charentaises,… Lire la suite
GÉNÉRALITÉ, Ancien Régime

Écrit par :  Frédéric BLUCHE

… *Au sens strict, le mot « généralité » désignait une des premières circonscriptions administratives de type moderne que le souci du contrôle fiscal avait imposées à la France. L'édit de 1542 peut, à cet égard, être considéré comme le véritable acte de naissance de cette institution : il établissait pour les impositions directes seize recettes… Lire la suite
GOUVERNEUR, Ancien Régime

Écrit par :  Solange MARIN

… *Commissaire ordinaire du roi, le gouverneur est chargé de le représenter dans une circonscription administrative appelée gouvernement. Créés au xve siècle, ces gouvernements étaient au xvie au nombre de douze ; ils recouvraient les grandes provinces frontières et en fait la plus grande partie du territoire… Lire la suite
HÉRALDIQUE

Écrit par :  Michel PASTOUREAU

Dans le chapitre "Histoire des armoiries"  : …  des armoiries. Toutefois, en France, en Italie et dans les pays germaniques, jusqu'à la fin de l'*Ancien Régime, toutes les familles nobles et bourgeoises continuent de porter des armoiries, de même que toutes les communautés laïques (villes, corps de métiers, juridictions...) et religieuses (chapitres, abbayes, ordres...). En France, en 1696,… Lire la suite
IMPÔT - Histoire de l'impôt

Écrit par :  Jean-Claude MAITROT Universalis

Dans le chapitre "Impôt de quotité et impôt de répartition"  : …  de souplesse et peut conduire à de graves inégalités dues à des erreurs ou à des approximations. *Pratiqué sous l'Ancien Régime, utilisé jusqu'au début du xxe siècle, le système de la répartition a pratiquement disparu de la fiscalité moderne pour faire place à l'impôt de quotité. Avec l'impôt de quotité, le taux de l'impôt… Lire la suite
INTENDANTS

Écrit par :  Jean MEYER

*Née des excès et des dangers suscités par la vénalité des offices, l'intendance possède une histoire longue et complexe. On peut y distinguer trois périodes principales : de la fin du xve siècle jusque vers 1634-1637, une série de tâtonnements dégage progressivement l'« intendant » du corps… Lire la suite
JURÉS & JURANDES

Écrit par :  Jean FAVIER

… *Sous l'Ancien Régime, on appelait jurande un corps de métier constitué par le serment mutuel que se prêtaient, chaque année dans la plupart des cas, les maîtres : serment d'observer les règlements, mais aussi serment de solidarité et de morale professionnelle. Ces métiers étaient gouvernés par des syndics, ou gardes, ou maîtres (qu'il ne faut pas… Lire la suite
JUSTICE ROYALE

Écrit par :  Solange MARIN

… *Le roi est la source de toute justice et c'est de sa fonction de justicier suprême qu'il tire ses pouvoirs. Cette notion est inséparable de la souveraineté dans les royautés occidentales. La main de justice, qui est une variante du sceptre, est remise au roi le jour de son sacre, et le souverain jure alors de faire respecter les lois. C'est aussi à… Lire la suite
JUSTICE SEIGNEURIALE

Écrit par :  Frédéric BLUCHE

… *La justice seigneuriale proprement dite apparaît avec la seigneurie banale à la fin du xe siècle. Elle dérive de la justice publique franque et de la délégation aux comtes, à l'époque carolingienne, de pouvoirs judiciaires étendus. Elle constitue au Moyen Âge la prérogative politique par excellence, fondement et instrument du… Lire la suite
LAÏCITÉ

Écrit par :  Jean BAUBÉROTÉmile POULAT

Dans le chapitre "La logique étatique"  : …  tout reposait sur une sacralisation de la vie sociale. Le christianisme a inversé ce rapport. *Désormais, on va distinguer le sacerdoce et l'Empire, le spirituel et le temporel, l'ecclésiastique et le civil, c'est-à-dire les deux pouvoirs, les deux règnes, voire les deux glaives. La domination de l'État s'est ainsi affirmée dans son opposition… Lire la suite
LA ROQUE GILLES ANDRÉ DE (1597-1686)

Écrit par :  Jean-Marie CONSTANT

… *Destiné à l'état ecclésiastique, Gilles André de La Roque obtint une dispense de Rome pour se marier, mais il revint au célibat en payant une pension considérable à sa femme afin qu'elle acceptât de vivre loin de lui. Il entreprit alors l'histoire généalogique de la Normandie. Il racontait partout avec délectation les anecdotes qu'il glanait dans… Lire la suite
LETTRE DE CACHET

Écrit par :  Frédéric BLUCHE

… *Les lettres de cachet sont victimes d'une déviation sémantique presque toujours péjorative. On en oublie jusqu'à la signification originelle, qui est pourtant bien simple et fort innocente : ce sont des manifestations discrètes et personnalisées de l'autorité royale, par opposition aux lettres « patentes », actes souverains publics et même… Lire la suite
LIVRE TOURNOIS

Écrit par :  Dominique LACOUE-LABARTHE

*La livre tournois, qui apparaît en France au xiiie siècle, est l'unité de compte qui prévaut tout au long du Moyen Âge et sous l'Ancien Régime, avant que le franc ne devienne, en 1795, l'unité monétaire française. Jusqu'à la fin du xviiie siècle, les… Lire la suite
LOYSEAU CHARLES (1566-1627)

Écrit par :  Solange MARIN

… *Petit-fils d'un laboureur assez fortuné pour pouvoir acheter à son fils une charge d'avocat, Charles Loyseau fait à Paris, sa ville natale, des études de droit qui lui ouvriront les offices de judicature. Lieutenant de bailliage, puis bailli, il fait une honorable carrière dans la magistrature de province, avant de revenir à Paris, où il termine… Lire la suite
MAÎTRE DES REQUÊTES

Écrit par :  Frédéric BLUCHE

… *Comme le marque jusqu'à la fin de l'Ancien Régime leur titre anachronique, les maîtres des requêtes de l'hôtel du roi ont une origine commensale. Membres de la maison du monarque et magistrats tout ensemble, ils avaient à la fin du Moyen Âge et au début des Temps modernes l'audition et l'expédition des requêtes adressées au roi et ils exerçaient… Lire la suite
MOUSNIER ROLAND (1907-1993)

Écrit par :  Jean-Louis BOURGEON

…  de la France sous la monarchie absolue (t. I, 1974 ; t. II, 1980). Son nom reste lié à *l'interprétation des révoltes antifiscales dites « populaires » : contre le point de vue marxiste, défendu par l'historien russe Boris Porchnev, Roland Mousnier a soutenu que toutes ces révoltes, urbaines ou rurales, n'ont rien de spontané et ne… Lire la suite
NATION - L'idée de nation

Écrit par :  Georges BURDEAUPierre-Clément TIMBAL

Dans le chapitre "Unité nationale et particularisme provincial"  : …  L'*Ancien Régime n'avait pas le souci d'uniformité qui caractérise les États modernes : de même que l'unité de la nation s'accommodait parfaitement de la pluralité de statuts individuels dans l'organisation sociale (clergé, noblesse, tiers état), de même le loyalisme national ne prenait pas ombrage du particularisme provincial. Chaque province a son… Lire la suite
NOBLESSE

Écrit par :  Jean MEYER

Dans le chapitre "La première grande crise nobiliaire (XIIe-XIVe s.)"  : …  *La cohérence de la domination incontestée de cette noblesse est, dès le xiie siècle, partout ébranlée par la renaissance urbaine et la montée des premières bourgeoisies, qui marquent la réapparition d'une puissance fondée sur l'argent. Dans le centre de l'Europe, l'autorité royale ou ducale avait d'ailleurs toujours imposé une… Lire la suite
NOTAIRE, Ancien Régime

Écrit par :  Jean FAVIER

… *Titre recouvrant des fonctions très différentes selon qu'il s'agit du notaire de chancellerie ou du notaire public. Le premier se rencontre déjà dans toutes les administrations de l'Antiquité et n'est autre chose qu'un scribe. Dès le haut Moyen Âge, la chancellerie des différents souverains comprenait des notaires, placés dans la chancellerie… Lire la suite
ORDONNANCES ROYALES

Écrit par :  Olivier COLLOMB

… *Au sens courant, sous l'Ancien Régime, « édits généraux qui contiennent plusieurs dispositions en plusieurs matières différentes » quoique ce ne soient effectivement que des édits ; au sens technique, ordres royaux avec la signature du roi et le contreseing d'un secrétaire d'État, mais sans adresse ni sceau. Jusqu'à l'ordonnance de 1629, dite code… Lire la suite
ORDRES DANS L'ANCIEN RÉGIME

Écrit par :  Pierre LEGENDRE

… *Les trois ordres, ou états selon la formule médiévale (clergé, noblesse, tiers état), abolis par la Révolution dès 1789, représentaient une classification idéale des rapports socio-politiques, traditionnelle en Europe depuis la stabilisation du régime féodal (xiie-xiiie s.). Cette répartition juridique en… Lire la suite
ORDRES ET CLASSES

Écrit par :  Guy CHAUSSINAND-NOGARET

…  d'un dosage différentiel que d'une véritable opposition de nature. Dans les sociétés d'ordres,* l'Ancien Régime par exemple, l'appartenance à l'ordre nobiliaire relève de la fortune plus que de l'ancienneté du lignage. La noblesse s'achète et le mérite n'est pas absent des nombreux passages d'un ordre à un autre. Inversement, dans la société… Lire la suite
PARLEMENTS, histoire

Écrit par :  Brigitte MONTEAGLE

… *Issu de la Curia regis (Cour ou Conseil du roi), le parlement est l'un des principaux rouages de l'administration centrale de la France d'Ancien Régime. En 1239, le mot parlamentum est employé pour la première fois pour désigner une session judiciaire du Conseil. Il n'avait auparavant que le sens très général de conversation,… Lire la suite
PATRIMOINE, art et culture

Écrit par :  Jean-Michel LENIAUD

Dans le chapitre "Conscience patrimoniale dans la France d'Ancien Régime"  : …  que le goût pour le patrimoine s'est avivé pendant la Révolution. Qu'en est-il exactement ? L'*Ancien Régime, avec ses deux piliers, l'Église et la Monarchie héréditaire, repose sur les principes de filiation et de tradition : reliques et regalia (objets qui sont utilisés pour le sacre des rois) constituent l'expression concrète de… Lire la suite
POLICE FRANÇAISE HISTOIRE DE LA

Écrit par :  Jean-Marc BERLIÈRE

Dans le chapitre "La police sous l'Ancien Régime"  : …  Profusion et confusion ont longtemps caractérisé la police. *À partir du Moyen Âge, souverains, seigneurs laïcs et ecclésiastiques, mais aussi communes, paroisses, prévôtés, quartiers, métiers, corporations, Châtelet, universités exercent concurremment des prérogatives de police inextricablement mêlées à des pouvoirs que nous appellerions de justice… Lire la suite
POLICE SOUS L'ANCIEN RÉGIME

Écrit par :  Vincent MILLIOT

Du Moyen Âge à la fin de l'*Ancien Régime, la police dépend étroitement de la justice. Les frontières entre les deux domaines restent longtemps mal délimitées. Loin de constituer une administration unique et « nationale », les pouvoirs de police sont émiettés entre plusieurs acteurs. Outre les seigneurs… Lire la suite
PRESSE - Naissance et développement de la presse écrite

Écrit par :  Pierre ALBERT

Dans le chapitre "Le système de presse de l'Ancien Régime"  : …  *La presse périodique est donc née, un siècle et demi après l'invention de l'imprimerie, du besoin d'information des classes aisées et de la volonté des gouvernements d'utiliser ce moyen nouveau de propagande. Dans des régimes politiques qui entendaient imposer le respect de valeurs orthodoxes et qui n'admettaient le débat politique que dans le… Lire la suite
PRESSE - La presse et ses lecteurs

Écrit par :  Julien DUVAL

Dans le chapitre "Extension du lectorat et dualisation de la presse"  : …  est très réduit et pratiquement limité aux milieux aristocratiques et à la bourgeoisie. Ainsi, *sous l'Ancien Régime, La Gazette, qui, depuis 1631, est le seul journal autorisé à traiter des informations à caractère politique, ne recrute guère ses abonnés que dans les groupes directement intéressés aux affaires publiques : la noblesse… Lire la suite
PROCÉDURE CRIMINELLE, Ancien Régime

Écrit par :  Joël GREGOGNA

… *La principale caractéristique de la procédure criminelle française, des Temps modernes à la Révolution, était d'accorder un rôle prépondérant au lieutenant criminel. Les droits de l'inculpé à se défendre étaient, par là, fort fragiles, ce qui apparaît à l'étude des trois grandes phases du procès : l'information, l'instruction préparatoire et le… Lire la suite
QUATRE AOÛT 1789 NUIT DU

Écrit par :  Jean TULARD

… *Dans la nuit du 4 août 1789 disparaît l'ancienne France fondée sur le privilège et les vieilles structures de la féodalité. La séance du 4 août 1789 de l'Assemblée nationale est la conséquence de la Grande Peur, qui jette les paysans contre les châteaux. Le soulèvement des campagnes rappelle aux députés le problème paysan. Les révoltes agraires ne… Lire la suite
QUESTION PRÉPARATOIRE & QUESTION PRÉALABLE

Écrit par :  Frédéric BLUCHE

… *La torture ou question était sous l'Ancien Régime un moyen d'instruction couramment utilisé, même si l'ordonnance criminelle de 1670 en limitait l'usage aux cas les plus graves. La question préparatoire était appliquée à l'accusé afin d'obtenir de lui des aveux. Précédant l'exécution, la question préalable était appliquée au condamné afin qu'il… Lire la suite
RÉACTION ARISTOCRATIQUE

Écrit par :  Louis TRENARD

… *Nom qui désigne la réaction des privilégiés au cours du xviiie siècle contre l'ordre politique et social établi par Louis XIV. La réaction aristocratique comprend une réaction proprement nobiliaire, venue de ceux qu'on appelle des gentilshommes, une autre du clergé et, enfin, celle des parlementaires et de la noblesse de robe en… Lire la suite
RÉGALE DROIT DE

Écrit par :  Frédéric BLUCHE

… *Les droits du roi ou droits régaliens étaient, sous l'Ancien Régime, l'expression même de la souveraineté. L'un d'entre eux était le droit de régale. Abus consolidé en droit au viiie siècle, il apparaît à l'époque carolingienne. Le roi l'exerce en cas de vacance d'un siège épiscopal, prenant le diocèse sous sa protection,… Lire la suite
REMONTRANCES DROIT DE

Écrit par :  Armel MARIN

… *Dans la monarchie française, les remontrances ne sont pas tant définies comme un droit que comme un devoir, devoir qui incombe aux parlements et cours souveraines, mais aussi à tous les officiers royaux qui portent d'ailleurs un titre commun, celui de conseiller du roi. C'est au titre de conseillers qu'ils doivent présenter au roi des objections… Lire la suite
RÉVOLUTION FRANÇAISE

Écrit par :  Jean-Clément MARTINMarc THIVOLET

Dans le chapitre " Histoire de la Révolution"  : …  gros fermiers...), aggravant la diversification sociale et les rivalités entre les groupes. *La hiérarchie sociale est toujours fondée sur une division par ordres (clergé, noblesse et tiers état), répartissant inégalement le poids des impôts, l'accès à la justice et aux grades militaires... Et si la notion de privilège est générale dans le… Lire la suite
RURALE CIVILISATION

Écrit par :  Emmanuel LE ROY LADURIE

Dans le chapitre "La communauté paysanne"  : …  où, à partir des xiiet xiiie siècles, elle s'est définie. *Face au seigneur d'abord, et souvent contre lui. Puis, un peu plus tard, face à l'État monarchique, et souvent en coopération avec lui. La communauté paysanne, qui du reste est maintes fois (mais non toujours !) identifiée avec la paroisse, a fourni… Lire la suite
SCEPTRE

Écrit par :  Hervé PINOTEAU

… *Depuis l'Antiquité, bergers, rois et dieux portent de longs sceptres qui sont le signe de leur autorité sur le troupeau, sur le peuple ou sur le cosmos. On y place souvent au sommet un emblème destiné à montrer quelle est la source de ce pouvoir, le symbole de la divinité tutélaire, parfois une fleur de lis ou encore un oiseau (aigle, colombidé… Lire la suite
SCIENCES SOCIALES PRÉHISTOIRE DES

Écrit par :  Bernard-Pierre LÉCUYER

Dans le chapitre "Des capitulaires carolingiens à l'« État des feux » de 1328"  : …  d'appliquer un coefficient 3,5 donnant pour 1086 une population estimée à 1 100 000 habitants. *À but fiscal encore, dressé pour les officiers de finances de Philippe VI de Valois, en 1328, en vue de payer l'ost pour l'expédition de Flandre, est l'État des paroisses et feux des bailliages et sénéchaussées de France, couvrant environ 80… Lire la suite
SEL

Écrit par :  Jean Claude HOCQUET

Dans le chapitre "L'État, le monopole et l'impôt du sel"  : …  permanente. Mais l'État pouvait utiliser le stockage à deux stades bien différents du cycle. *En France, pour des raisons historiques – parce que lors de l'institution de l'impôt l'Aquitaine productrice était anglaise –, la production de sel de l'Atlantique n'appartenait pas au roi, obligé de localiser son monopole à l'étape ultime de la… Lire la suite
LA SOCIÉTÉ DE COUR, livre de Norbert Elias

Écrit par :  Antonin COHEN

…  individu des possibilités de pouvoir comparativement extraordinaires ». À travers l'étude de la *société de cour (c'est-à-dire à la fois de la cour comme société et de la société dont la cour est l'institution centrale), Norbert Elias entend rompre avec une tradition dominante de la discipline historique qui tend à concevoir l'individu comme « … Lire la suite
TAILLE, impôt

Écrit par :  Françoise MOYEN

… *Prélèvement effectué par le seigneur sur la totalité des roturiers dont il assurait la protection, la taille était, au Moyen Âge, fixée par la coutume et totalement arbitraire. Au cours du xiie siècle, les communautés villageoises tentèrent d'imposer, à prix d'argent ou au besoin par la force, l'abonnement de la taille, c'est-à-… Lire la suite
TIERS ÉTAT

Écrit par :  Pierre LEGENDRE

… *Terme qui désigne, sous l'Ancien Régime, l'ensemble des roturiers, tous les hommes libres (à l'exclusion des serfs) n'appartenant pas aux deux ordres privilégiés (noblesse et clergé). Cette très vaste catégorie sociale, issue de la civilisation féodale, compte, en réalité, des statuts fort divers qui, depuis le Moyen Âge ont évolué différemment… Lire la suite
TOCQUEVILLE ALEXIS DE (1805-1859)

Écrit par :  Georges BURDEAU

Dans le chapitre "Une société conservatrice et turbulente"  : …  ne sut pas rompre avec la centralisation que lui léguait la monarchie. C'est le thème de L'*Ancien Régime et la Révolution, œuvre inachevée dont seul le premier volume parut du vivant de l'auteur (1856). On y trouve le même souci que dans La Démocratie en Amérique : comprendre les causes du déclin de la liberté. L'Ancien… Lire la suite
TRÔNE

Écrit par :  Hervé PINOTEAU

… *Fauteuil sur lequel le souverain s'assied lors des grandes cérémonies, le trône s'insère en général dans un décor destiné à mettre un homme au-dessus du commun des mortels : les trônes sassanides et byzantins plaçaient le souverain au milieu du cosmos, à mi-chemin entre ciel et terre, position souvent suggérée depuis l'Antiquité par des fauteuils… Lire la suite
VÉNALITÉ DES OFFICES

Écrit par :  Frédéric BLUCHE

… *L'office est primitivement une fonction confiée par le roi à l'un de ses serviteurs pour la gestion du domaine. Lorsque s'affirme le pouvoir monarchique, l'office se transforme en délégation partielle de l'autorité du souverain. Au xve siècle, une part importante de ces fonctions sont devenues viagères sans que le roi ait pu… Lire la suite

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