4. Le retour à la convertibilité externe (1944-1958)
Après la Libération, la reconstruction s'opère, à l'abri d'un contrôle des changes rigoureux, par financement public de l'effort d'investissement productif et grâce à l'aide étrangère. Parvenue à un rythme de croissance soutenu, malgré une inflation modérée mais persistante, l'économie peut alors se préparer à une ouverture sur l'économie internationale.
Le franc reste inconvertible en monnaies étrangères jusqu'en 1958. Le contrôle des changes, hérité de 1939, renforcé en 1945, centralise les avoirs en or et en devises auprès des autorités monétaires. Le découvert de trésorerie faisant l'objet d'un financement principalement monétaire et la balance des transactions courantes est largement déficitaire ; les parités officiellement déclarées restent artificielles par rapport aux cotations du marché noir. Il s'ensuit, en 1948 et en 1949, une série d'ajustements, les uns transitoires (cours de change multiples, de janvier 1948 à avril 1949), les autres plus durables (dévaluation du 20 septembre 1949, qui accompagne celle de la livre sterling et d'autres monnaies européennes).
Au début des années 1950, le franc devient transférable à l'étranger, grâce aux accords de paiement intra-européens (18 novembre 1947, 16 octobre 1948, 7 septembre 1949) qui organisent, dans le cadre de l'aide américaine à la reconstruction (plan Marshall) gérée par l'Organisation européenne de coopération économique (16 avril 1948), la compensation multilatérale des soldes bilatéraux. L'adhésion de la France à l'Union européenne des paiements (19 septembre 1950) prépare ensuite le retour au multilatéralisme intégral. Après une dernière crise de trésorerie se traduisant par une pseudo-dévaluation de 20 p. 100 en août 1957 (légalisée le 23 juin 1958), l'assainissement des finances publiques, la réduction du déficit extérieur et la reconstitution des réserves officielles de change permettent de rétablir la convertibilité de la monnaie pour les non-résidents. Le […]
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