2. Rôle de l'organe vestibulaire et de la vision dans l'équilibration
• L'organe vestibulaire
Tous les animaux supérieurs – poissons, reptiles, oiseaux, mammifères – disposent d'une paire d'organes vestibulaires, ou labyrinthe. De cet organe dépendent la fonction d'équilibration telle que nous l'avons précédemment définie et la fonction d'orientation.
Situés dans l'oreille interne, les organes vestibulaires forment un entrelacs de canaux et de sacs remplis de liquide endolymphatique. Les trois canaux semi-circulaires sont situés dans des plans sensiblement orthogonaux. Chaque canal possède un renflement (ampoule) à l'intérieur duquel une membrane, la cupule, oblitère la lumière du canal. Lors d'une rotation de la tête, le mouvement relatif du liquide endolymphatique induit un déplacement de la cupule mesuré par les cellules sensorielles de l'endothélium ampullaire. Les dimensions des canaux et la viscosité du liquide sont telles que l'information neurosensorielle primaire ainsi produite est proportionnelle à la vitesse angulaire de la tête dans le plan du canal considéré.
Deux structures, l'utricule et le saccule, contiennent des cristaux de calcite insérés dans une membrane gélatineuse : les otolithes. Ces cristaux, soumis à une accélération linéaire due à la pesanteur ou à un mouvement de la tête, entraînent un déplacement relatif en cisaillement de la membrane, déplacement mesuré par les cellules ciliées de la maculae. Chaque cellule possède une réactivité directionnelle privilégiée, ou vecteur de polarisation. L'ensemble des cellules sensorielles de l'utricule et du saccule permet de connaître l'accélération et la variation d'accélération ou « jerk » selon toutes les directions de l'espace.
L'organe vestibulaire constitue un capteur gravito-inertiel complet qui est sensible d'une part aux mouvements angulaires autour de trois axes, d'autre part aux mouvements linéaires, et enfin à l'inclinaison de la tête relativement à la direction de la gravité. La sensibilité de ce capteur est tout à fait remarquable : le seuil perceptif chez l'homme est de 0,150/s2 en […]
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