8. Les « sagesses »
Les recueils d'« enseignements » constituent le domaine le plus typique de la littérature égyptienne et sans doute aussi le plus prisé. Ounamon, l'envoyé égyptien, recevait déjà cet aveu du prince phénicien de Byblos : « C'est d'Égypte qu'est sortie la sagesse pour atteindre le pays où je suis. » Maximes et conseils abondent dans les contes et les poèmes. Cependant les « sagesses », dont l'existence est attestée au début de la IIIe dynastie (vers 2700 av. J.-C.) jusqu'à l'époque gréco-romaine, forment une catégorie en soi, sortes de testaments spirituels et d'ouvrages éducatifs écrits pour un fils, un disciple ou simplement les générations à venir que des hommes avertis voudraient faire profiter de leur longue expérience. Ce sont d'ailleurs les seules œuvres égyptiennes pour lesquelles soient indiqués des noms d'« auteurs ». Leur contenu est varié : en maximes indépendantes, de plusieurs vers chacune, groupées en chapitres, sont fournis des préceptes moraux, politiques ou religieux, mais aussi des règles de savoir-vivre ou des conseils à suivre dans les situations délicates.
Il est regrettable que les Maximes d'Imhotep, vizir et génial architecte de Djoser, premier roi de la IIIe dynastie, n'aient pas été retrouvées. La plus ancienne sagesse connue demeure donc celle qui, à la fin de la IIIe dynastie, fut adressée à Kagemni, qui devint lui-même vizir sous Snéfrou, fondateur de la IVe dynastie ; son auteur a été identifié : il se nomme Kaïres ; on y trouve juxtaposées des recettes de bonne tenue à table et des recommandations de ne pas encourir la colère divine par un orgueil démesuré et l'opposition à Maât. Seul est conservé le début de l'Enseignement du prince Djedefhor (ou Hordjedef), fils de Chéops, le constructeur de la grande pyramide de Giza. Les Maximes de Ptahhotep, vizir du pharaon Isési de la Ve dynastie, furent peut-être le texte littéraire égyptien le plus difficile à traduire ; l'édition exemplaire de Z. Zába, accompagnée d'un commentaire précis et […]
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