On appelle « Écrits » (en hébreu : Ketûbim) l'ensemble des livres qui, n'appartenant ni à la Loi (Pentateuque) ni aux Prophètes, forment la troisième partie de la Bible juive. Le caractère vague du terme dit à la fois l'hétérogénéité du matériau et les difficultés qu'il y eut à classer les œuvres qui le composent et à les reconnaître comme canoniques. Le prologue à la traduction de l'Ecclésiastique les désigne comme « les autres livres » et l'évangéliste Luc les appelle simplement « les Psaumes » (« dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes », xxiv, 24).
Les Écrits comprennent d'abord les Psaumes — auxquels on doit faire une place à part —, les Proverbes et Job ; puis les « Cinq Rouleaux » (Megillot), recueil de prières liturgiques pour cinq grandes fêtes (avec le Cantique des cantiques, Ruth, les Lamentations, l'Ecclésiaste et Esther) ; enfin, Daniel — placé à part dans le canon juif —, Esdras, Néhémie et les Chroniques, par lesquels se termine le corpus sacré du judaïsme.
Depuis Épiphane et Jérôme, l'appellation « hagiographe » (en grec hagiographa, « écrits saints ») a connu une large fortune comme supplétif d'« Écrits ».
La pratique synagogale des Juifs n'avait d'abord retenu, pour la lecture et les commentaires, que la Loi et les Prophètes ; ce n'est que très tardivement, parfois à l'âge post-talmudique, qu'on introduisit dans la liturgie de certaines fêtes les textes désignés comme « Écrits ».
André PAUL
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