2. Les textes religieux
Les premières grandes œuvres littéraires égyptiennes furent composées dans une intention essentiellement magico-religieuse. Tel est le cas des Textes des pyramides, amalgame d'incantations liturgiques et de formules funéraires, gravées en longues colonnes d'hiéroglyphes très soignés dans les chambres sépulcrales et les couloirs des pyramides des pharaons de la fin de la Ve et de la VIe dynastie (2400-2200 av. J.-C.). Certains « passages » décrivent le rituel des funérailles et des offrandes, indispensable pour assurer la résurrection du roi et son entrée dans le monde des dieux ; d'autres sont des formules de protection contre les serpents et les animaux maléfiques ; nombre de sentences, d'une poésie fulgurante mais obscure pour nous, font des emprunts aux doctrines solaires élaborées par le clergé d'Héliopolis ou comportent des éléments de la légende osirienne. Ce recueil de textes, généralement courts, n'était pas fixé de façon stricte : d'une pyramide à l'autre, on note de nombreuses variantes, additions et suppressions. D'autres recueils, comme le Livre de l'Amdouat, le Livre des portes, le Livre des cavernes, servent aussi de guides funéraires et décrivent la course nocturne du soleil.
Les traités théologiques composés à diverses époques par les prêtres des centres religieux majeurs (Héliopolis, Hermopolis) avaient un caractère plus technique que littéraire. La transcription des mythes (cosmogonies, grandes légendes divines telles que la geste d'Osiris) répond, elle aussi, à des besoins doctrinaux et pratiques. En revanche, certains hymnes divins sont d'une haute qualité artistique : ils glorifient le roi-dieu, le Nil (Hapy), Osiris, Amon, Min ou Sobek. Les plus extraordinaires furent composés en l'honneur du disque solaire par Akhenaton, le roi hérétique qui, au cœur de la XVIIIe dynastie (1372-1354 av. J.-C.), voulut remplacer la religion traditionnelle par le culte d'un seul dieu, Aton ; cette tentative monothéiste fut un échec ; on possède néanmoins les admirables hymnes solaires dans lesquels le roi-poète exalte la gloire d'Aton, louant dans la création son créateur :
Tu te l […]
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