9. Les derniers siècles
Devant les dernières vicissitudes politiques de leur histoire et les déceptions de l'occupation étrangère, les Égyptiens se tournent avec regret vers un passé glorieux, qu'ils essaient de faire revivre en des œuvres archaïsantes s'inspirant de la langue et de l'écriture du Moyen Empire. Les Oracles du Potier, le Songe de Nectanébo ou la Chronique démotique sont des pseudo-prophéties qui devaient redonner aux Égyptiens l'espoir de jours meilleurs. Le Mythe de l'œil solaire décrit les voyages hivernaux du Soleil vers le sud avant qu'il ne regagne l'Égypte au printemps. Les sagesses sont toujours un genre très apprécié. Les biographies gravées dans les tombes des notables continuent à idéaliser l'image et la vie du défunt, sans faire allusion aux difficultés traversées par l'Égypte ; aussi le cas de l'amiral Oudja-Horresnet est-il une exception, puisqu'on est mis au courant de ses relations avec l'envahisseur Cambyse et de son voyage en Perse. Les réflexions que Pétosiris, grand-prêtre d'Hermopolis (vers 350 av. J.-C.), fit graver dans sa tombe frappent par leur grande ferveur personnelle et l'immense confiance en Dieu dont elles témoignent.
À côté de cet aspect traditionnel, on décèle dans la littérature égyptienne des influences grecques dès l'époque saïte (663-525 av. J.-C.), c'est-à-dire bien avant l'épopée d'Alexandre et les Ptolémées. Elles sont sensibles dans les romans épiques alors en vogue, comme le Cycle de Pétoubastis, qui fait des emprunts à Homère, ou encore dans les Aventures de Khaemouaset, où le fils de Ramsès II est considéré désormais comme un maître en magie.
Si l'Égypte, en ses derniers temps, a reçu des apports de la Grèce, elle a inversement beaucoup donné à la civilisation hellénique. Les romans grecs, la littérature orphique ou pythagoricienne s'inspirent de la vallée du Nil ; le thème du carpe diem gréco-romain a des antécédents dans les chants des harpistes ; dans la poésie des élégiaques latins se reconnaissent les topoi du chant du […]
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